LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2200748

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2200748

mercredi 7 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2200748
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantBALTAZAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 février 2022, le 30 octobre 2023 et le 8 décembre 2023, Mme A B, représentée par Me Baltazar, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 12 809,36 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis, assortie des intérêts au taux légal à compter du 14 octobre 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Elle soutient que :

- elle est fondée à rechercher la responsabilité de l'Etat en raison des illégalités dont sont entachées : la décision du 18 juillet 2019, par laquelle elle s'est vue retirer, à titre conservatoire, ses fonctions de directrice d'école, la décision du 10 septembre 2019, par laquelle elle s'est vue retirer, à titre définitif, à ses fonctions de directrice d'école, la décision du même jour, par laquelle elle a été affectée, à titre provisoire, sur un poste d'enseignante au sein de l'école maternelle du Bois d'Eyrans, la décision du 13 décembre 2019, par laquelle il lui a été imposé de participer au mouvement de mutation organisé au titre de l'année 2020 et de demander son inscription sur une liste d'aptitude afin d'obtenir une affectation sur un emploi de direction, ainsi que la décision du 7 février 2020 portant rejet de son recours gracieux ; ces décisions sont infondées, outre les illégalités externes retenues par le tribunal administratif pour les annuler ;

- elle est également fondée à rechercher la responsabilité de l'Etat du fait de la maladie dont elle souffre, et dont l'imputabilité au service a été reconnue par une décision du 27 avril 2022 ;

- elle a subi un préjudice économique, qui doit être évalué à la somme de 5 809,36 euros, un préjudice correspondant à l'atteinte à sa réputation professionnelle, qui doit être évalué à la somme de 2 000 euros, ainsi qu'un préjudice moral, qui doit être évalué à la somme de 5 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2023, la rectrice de l'académie de Bordeaux conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- le tribunal administratif, qui a annulé les décisions du 18 juillet 2019 et du 10 septembre 2019 en raison de vices de procédure et celles du 13 décembre 2019 et du 7 février 2020 par voie de conséquence de l'annulation des deux décisions précédentes, n'a pas considéré que ces décisions étaient dépourvues de fondement ; ces décisions sont justifiées sur le fond par les difficultés relationnelles et le climat délétère constatés au sein de l'école, qui ont entravé son bon fonctionnement, de sorte que les mêmes décisions auraient été prises au terme d'une procédure régulière et que la requérante n'est pas fondée à solliciter une indemnisation en raison des illégalités fautives entachant ces décisions ;

- le retrait de l'emploi de directrice de Mme B a seulement impliqué la perte de la nouvelle bonification indiciaire à hauteur de huit points et d'une indemnité de sujétions spéciales sur les mois de novembre 2019, janvier 2020 et septembre 2020 ; Mme B a en outre été réaffectée sur un poste de direction lui donnant droit à un régime indemnitaire équivalent à compter du 6 avril 2021 ;

- l'atteinte à sa réputation professionnelle et le préjudice moral ne sont pas établis.

Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement du tribunal administratif est susceptible d'être fondé sur le moyen, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires présentées par Mme B au titre de sa maladie dont l'imputabilité au service a été reconnue par décision du 27 avril 2022, dès lors que le contentieux n'est pas lié en ce qui concerne ce fait générateur de la responsabilité de la personne publique, qui ne figure pas dans sa demande préalable du 11 octobre 2021, reçue le 14 octobre 2021 par la rectrice de l'académie de Bordeaux.

Par un mémoire du 11 janvier 2024, Mme B a répondu à ce moyen relevé d'office.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n°89-122 du 24 février 1989 relatif aux directeurs d'école ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jaouën, rapporteure ;

- les conclusions de Mme Denys, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Lagarde, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, professeure des écoles, a exercé les fonctions de directrice de l'école maternelle du Bois d'Eyrans, située à Saint Médard d'Eyrans à compter du 1er septembre 2001. Par une décision du 18 juillet 2019, elle s'est vue retirer, à titre conservatoire, ses fonctions de directrice d'école. Par une ordonnance n°1904045 rendue le 22 août 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux, saisi en ce sens par l'intéressée, a suspendu l'exécution de cette décision. Par une décision du 10 septembre 2019, d'une part, Mme B s'est vue retirer, à titre définitif, ses fonctions de directrice d'école et, d'autre part, elle a été affectée, à titre provisoire, sur un poste d'enseignante au sein de l'école maternelle du Bois d'Eyrans. Enfin, par une décision du 13 décembre 2019, il lui a été imposé de participer au mouvement de mutation organisé au titre de l'année 2020 et de demander son inscription sur une liste d'aptitude afin d'obtenir une affectation sur un emploi de direction. Mme B a formé un recours gracieux contre cette dernière décision, qui a été rejeté par une décision du 7 février 2020. Par un jugement nos 1904046, 1904738, 2001665 rendu le 15 mars 2021, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé les décisions précitées des 18 juillet, 10 septembre et 13 décembre 2019, ainsi que la décision du 7 février 2020. Parallèlement, Mme B a fait l'objet d'arrêts de travail à compter du 11 septembre 2019, et plus particulièrement sur les périodes allant du 11 septembre au 18 novembre 2019, du 30 décembre 2019 au 16 mai 2020 et du 26 avril au 6 juillet 2021, en raison d'un syndrome anxio-dépressif. Par une décision du 27 avril 2022, la rectrice de l'académie de Bordeaux a reconnu l'imputabilité au service de la maladie dont souffre Mme B. Par un courrier du 11 octobre 2021, reçu le 14 octobre suivant, l'intéressée a, en vain, adressé à la rectrice de l'académie de Bordeaux une demande indemnitaire préalable afin d'obtenir la réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis, qui résulteraient des conséquences dommageables des décisions, entachées d'illégalité, qui ont été annulées par le jugement nos 1904046, 1904738, 2001665, rendu le 15 mars 2021 par le tribunal administratif de Bordeaux. Mme B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 16 363,36 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.

Sur la recevabilité des conclusions indemnitaires présentées au titre des conséquences dommageables de la maladie professionnelle dont souffre Mme B :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".

3. La décision par laquelle l'administration rejette une réclamation tendant à la réparation des conséquences dommageables d'un fait qui lui est imputé lie le contentieux indemnitaire à l'égard du demandeur pour l'ensemble des dommages causés par ce fait générateur. Il en va ainsi quels que soient les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages invoqués par la victime et que sa réclamation ait ou non spécifié les chefs de préjudice en question. La victime est recevable à demander au juge administratif, dans les deux mois suivant la notification de la décision ayant rejeté sa réclamation, la condamnation de l'administration à l'indemniser de tout dommage ayant résulté de ce fait générateur, y compris en invoquant des chefs de préjudice qui n'étaient pas mentionnés dans sa réclamation. Il n'est fait exception à ces règles que dans le cas où la victime demande réparation de dommages qui, tout en étant causés par le même fait générateur, sont nés, ou se sont aggravés, ou ont été révélés dans toute leur ampleur postérieurement à la décision administrative ayant rejeté sa réclamation. La victime peut également, si le juge administratif est déjà saisi par elle du litige indemnitaire né du refus opposé à sa réclamation, ne pas saisir l'administration d'une nouvelle réclamation et invoquer directement l'existence de ces nouveaux éléments devant le juge administratif saisi du litige en premier ressort afin que, sous réserve le cas échéant des règles qui gouvernent la recevabilité des demandes fondées sur une cause juridique nouvelle, il y statue par la même décision.

4. Il résulte de l'instruction que, par la demande indemnitaire préalable qu'elle a adressée à la rectrice de l'académie de Bordeaux le 14 octobre 2021, Mme B a exclusivement demandé la réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de l'illégalité des décisions datées des 18 juillet, 10 septembre et 13 décembre 2019 et du 7 février 2020. Dans ces circonstances, dès lors que l'intéressée n'a présenté aucune demande tendant à obtenir la réparation des conséquences dommageables de la maladie professionnelle dont elle souffre et dont l'imputabilité au service a été reconnue par une décision du 27 avril 2022, les conclusions de la requête présentées sur le fondement de ce fait générateur doivent, à défaut de liaison du contentieux, être rejetées comme irrecevables.

Sur le surplus des conclusions indemnitaires :

5. Lorsqu'une personne sollicite le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité d'une décision administrative entachée d'un vice de procédure, il appartient au juge administratif de rechercher, en forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, si, compte tenu de la nature et de la gravité de cette irrégularité procédurale, la même décision aurait pu être légalement prise, dans les circonstances de l'espèce, dans le cadre d'une procédure régulière. Dans le cas où il juge que la même décision aurait été prise à l'issue d'une procédure régulière, le préjudice allégué ne peut alors être regardé comme la conséquence directe du vice de procédure qui entachait la décision administrative illégale.

6. Il résulte de l'instruction que, par un jugement nos 1904046, 1904738, 2001665 rendu le 15 mars 2021, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé la décision, citée au point 1, du 18 juillet 2019 au motif que la procédure à l'issue de laquelle elle avait été édictée n'avait pas été précédée de l'avis de la commission administration paritaire départementale unique compétente, et que cette irrégularité avait privé Mme B d'une garantie. Par le même jugement, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé la décision du 10 septembre 2019, citée au point 1, au motif que, au cours de la procédure à l'issue de laquelle cette décision a été prise, certains documents sur lesquels l'inspecteur d'académie, directeur des services départementaux de l'éducation nationale s'était fondé pour justifier la décision en cause n'étaient pas présents dans le dossier individuel que la requérante avait été invitée à consulter, ce qui l'avait privée d'une garantie. Enfin, par le même jugement, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé les décisions, citées au point 1, du 13 décembre 2019 et 7 février 2020 par voie de conséquence de l'annulation des décisions du 18 juillet et 10 septembre 2019.

En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat :

7. Aux termes de l'article 11 du décret susvisé du 24 février 1989, en vigueur à la date des décisions en cause : " Les instituteurs nommés dans l'emploi de directeur d'école peuvent se voir retirer cet emploi par le directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie, dans l'intérêt du service ".

8. Mme B soutient que les décisions ayant retiré ses fonctions de directrice d'école sont entachées d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation. Pour caractériser l'intérêt général qui, selon le recteur de l'académie de Bordeaux, s'attache à ce que les fonctions de Mme B lui soient retirées, cette autorité administrative a fait état, aux termes des décisions en cause, de tensions au sein de l'équipe éducative. Il résulte en effet de l'instruction, et en particulier d'un rapport circonstancié adressé par l'inspectrice de l'éducation nationale au directeur académique des services de l'éducation nationale le 20 mai 2019, ainsi que du compte rendu de l'entretien mené avec Mme B par l'inspectrice de l'éducation nationale le 5 juillet 2019, qu'en septembre 2018, un agent territorial spécialisé des écoles maternelles s'est plaint auprès du maire de Saint-Médard d'Eyrans du comportement de Mme B et a évoqué des faits de harcèlement qui auraient eu lieu à son encontre. Il ressort de ces mêmes pièces qu'une enseignante de l'école a également fait part, en janvier 2019, à l'inspectrice de l'éducation nationale adjointe, de difficultés majeures dans les relations qu'elle entretenait avec la directrice de l'école et lui a indiqué qu'elle envisageait de participer à un mouvement de mutation. Le même mois, une autre enseignante, arrêtée pour raison médicale, a fait état, auprès de l'inspectrice de l'éducation nationale adjointe, du même mal-être au travail, et des mêmes intentions. Enfin, en février 2019, trois agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles, dont l'une d'entre elles s'était déjà manifestée quelques mois avant, ont écrit au maire de la commune pour signaler l'attitude de Mme B et indiquer qu'elles envisageaient une mutation. Ensuite, le 4 juillet 2019, le médecin de prévention du centre de gestion de la Gironde s'est adressé au maire de la commune de Saint-Médard d'Eyrans pour l'informer que quatre agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles, qu'il avait récemment reçus en consultation, présentaient des problèmes de santé en lien avec des risques psychosociaux qui se sont développées au sein de l'école maternelle de la commune. Il résulte en outre des pièces du dossier que lors de l'entretien qui a été mené par l'inspectrice de l'éducation nationale adjointe le 5 juillet 2019, Mme B n'a pas perçu les difficultés relationnelles au sein de l'équipe éducative, ni n'a identifié de levier qui permettrait de reprendre un travail collectif. Mme B ne conteste aucun de ces éléments. Ainsi, alors même que la requérante a pris des décisions justifiées par les nécessités d'organisation de l'école et approuvées par l'inspection académique, et à supposer même qu'elle ne soit pas à l'origine de la dégradation des relations de travail qu'elle entretenait avec les agents de l'école, cette dégradation et le climat très conflictuel qui prévalait au sein de l'équipe pédagogique justifiaient, dans l'intérêt du service et notamment pour garantir le bon fonctionnement de l'école, que le recteur de l'académie de Bordeaux retire à Mme B les fonctions de directrice qu'elle occupait au sein de l'école de Saint-Médard d'Eyrans. Il s'ensuit que Mme B n'est pas fondée à soutenir que les décisions en cause étaient entachées d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation.

9. Il résulte de ce qui précède que Mme B est seulement fondée à solliciter l'engagement de la responsabilité de l'Etat du fait des illégalités fautives retenues par le tribunal administratif dans son jugement précité du 15 mars 2021.

En ce qui concerne la réparation :

10. En premier lieu, l'illégalité de la décision du 18 juillet 2019 citée au point 1, dont les effets ont pris fin le 10 septembre 2019, n'est pas en lien avec le préjudice financier dont Mme B se prévaut, qui est lié à l'absence de versement de l'indemnité de sujétion spéciale, de la bonification indiciaire et de la nouvelle bonification indiciaire à compter de cette date.

11. En deuxième lieu, si l'inspecteur d'académie, directeur des services départementaux de l'éducation nationale, a entaché sa décision du 10 septembre 2019 d'un vice de procédure en omettant de classer les documents sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision dans le dossier individuel de Mme B, de sorte qu'elle n'a pas été en mesure de les consulter, il résulte de ce qui a été dit au point 8 que le recteur aurait pris la même décision à l'issue d'une procédure régulière, cette mesure étant justifiée au fond dans l'intérêt du service. Dès lors, le lien de causalité entre le vice de procédure entachant cette décision et le préjudice financier résultant de la perte des bonifications et indemnités attachées à l'emploi de directeur d'école dont bénéficiait auparavant Mme B n'est pas établi. Il s'ensuit que l'illégalité entachant cette décision n'est pas de nature à ouvrir à la requérante un droit à indemnité.

12. En troisième lieu, l'illégalité dont est entachée la décision du 13 décembre 2019 par laquelle il a été imposé à Mme B de participer au mouvement de mutation organisé au titre de l'année 2020 et de demander son inscription sur une liste d'aptitude afin d'obtenir une affectation sur un emploi de direction, et dont est entachée la décision du 7 février 2020 portant rejet de son recours gracieux, qui ont été annulées par voie de conséquence de l'annulation des décisions des 18 juillet et 10 septembre 2019, ne sont pas en lien avec le préjudice financier que l'intéressée estime avoir subi.

13. En quatrième lieu, dès lors qu'ainsi qu'il a été dit au point 8, les décisions des 18 juillet et 10 septembre 2019, annulées aux motifs qu'elles avaient été prises à l'issue d'une procédure irrégulière, étaient fondées au regard de l'intérêt du service, le préjudice allégué par Mme B et lié à l'atteinte à sa réputation professionnelle ne peut, en tout état de cause, être regardé comme présentant un lien de causalité direct et certain avec l'illégalité qui entache ces décisions. Par ailleurs, les illégalités résultant des décisions des 13 décembre 2019 et 7 février 2020 qui ont pour objet d'imposer à Mme B de participer au mouvement de mutation organisé au titre de l'année 2020 et de demander son inscription sur une liste d'aptitude afin d'obtenir une affectation sur un emploi de direction, sont insusceptibles d'avoir porté atteinte à sa réputation professionnelle.

14. En revanche, compte tenu de l'illégalité, rappelée au point 6, dont est entachée la décision du 18 juillet 2019, Mme B, qui s'est brutalement vue retirer son emploi de directrice de l'école maternelle du Bois d'Eyrans, est fondée à demander l'indemnisation du préjudice moral qui a résulté, pour elle, de cette soudaineté. Toutefois, dès lors que cette décision ainsi que celle du 10 septembre 2019, étaient, ainsi qu'il a été dit au point 8, justifiées par l'intérêt du service, elle n'est pas fondée à soutenir que les illégalités en cause sont à l'origine des conséquences dommageables, sur le plan moral, du retrait de cet emploi. Enfin, les illégalités des décisions des 13 décembre 2019 et 7 février 2020, dont l'objet est rappelé au point 1, sont insusceptibles de lui avoir causé un préjudice moral. Compte tenu de ce qui a été dit, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par Mme B en fixant à 2 000 euros la somme destinée à le réparer.

15. Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à Mme B la somme de 2 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 14 octobre 2021, date à laquelle la demande indemnitaire de Mme B est parvenue à la rectrice de l'académie de Bordeaux.

Sur les frais liés au litige :

16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Mme B au titre des dispositions de L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E:

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme B la somme de 2 000 euros. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 14 octobre 2021.

Article 2 : L'Etat versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Bordeaux.

Délibéré après l'audience du 24 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Zuccarello, présidente,

- Mme Jaouën, première conseillère,

- Mme Caste, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2024.

La rapporteure,

S. JAOUËN

La présidente,

F. ZUCCARELLO

La greffière,

I. MONTANGON

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

N°2200748

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions