jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2200751 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | PORNON-WEIDKNNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 février 2022, M. A B, représenté par Me Pornon-Weidknnet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 août 2021 par lequel la préfète de la Gironde lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, ensemble la décision implicite de rejet de la demande de réexamen en date du 30 novembre 2021 ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un certificat de résidence salarié comprenant l'autorisation de travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- sa situation personnelle n'a pas été examinée ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit en ce que l'article R. 613-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne lui était pas applicable,
- elle méconnaît l'article 7B de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968,
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été transmise à la préfète de la Gironde, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 14 février 2022.
Par ordonnance du 24 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 24 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Jehanne Pornon-Weidknnet, représentant M. A B,
- la préfète de la Gironde n'était ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 2 août 1983, est entré en France le 1er mars 2012 avec un visa tourisme Schengen espagnol. Le 14 mars 2013, la préfète de la Gironde lui a accordé un titre de séjour temporaire en qualité d'étranger malade pour trois ans. Le 14 septembre 2018, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans. Ces décisions n'ont pas été exécutées et M. B a sollicité un nouveau titre de séjour par une lettre réceptionnée en préfecture le 29 juillet 2021. L'administration a opposé un refus le 25 août 2021 en raison de l'existence d'une précédente obligation de quitter le territoire français. M. B a alors formé un recours gracieux demandant un réexamen de sa situation et une décision implicite de rejet est née en l'absence de réponse au 30 novembre 2021. Il demande donc l'annulation de l'arrêté du 25 août 2021 par lequel la préfète de la Gironde lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, ainsi que de la décision implicite de rejet de la demande de réexamen en date du 30 novembre 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Pour rejeter les demandes de titre de séjour présentées par M. B sur le fondement de l'article 7bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de la Gironde a relevé que M. B a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 14 septembre 2018, assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans, et qu'il s'est volontairement maintenu sur le sol français en toute irrégularité en dépit de ces décisions.
3. Toutefois, et d'une part, l'autorité préfectorale a toujours la faculté, dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, de délivrer à un étranger, compte tenu de l'ensemble de sa situation personnelle, un titre de séjour alors même que ce dernier qui s'est maintenu sur le territoire français, n'a pas sollicité l'abrogation de l'interdiction de retour sur le territoire français dont il a fait l'objet.
4. D'autre part, dès lors qu'à la date de la décision attaquée, M. B justifiait d'une durée de séjour en France de trois ans supplémentaires depuis la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet le 14 septembre 2018, sa situation personnelle avait, contrairement à ce qu'indique la préfète de la Gironde, nécessairement évolué. En outre, alors qu'en application de l'article R. 5221-17 du code du travail, l'autorité préfectorale était tenue d'instruire la demande d'autorisation de travail jointe par M. B à sa demande de délivrance de titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne ressort pas de la motivation précitée de l'arrêté attaqué que la préfète ait pris en compte cette demande. Il suit de là que l'arrêté attaqué, qui est insuffisamment motivé, est entaché, ainsi que le soutient le requérant, d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.
5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 25 août 2021 par lequel la préfète de la Gironde lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, ensemble la décision implicite de rejet de la demande de réexamen en date du 30 novembre 2021, doivent être annulés.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu ci-dessus, le présent jugement implique seulement que la préfète de la Gironde procède au réexamen de la situation de M. B. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à la préfète de la Gironde de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
7. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Pornon-Weidknnet, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de celui-ci le versement à Me Pornon-Weidknnet, de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 25 août 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A B et la décision implicite de rejet de la demande de réexamen en date du 30 novembre 2021 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de la Gironde de procéder au réexamen de la demande de M. A B dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Pornon-Weidknnet, avocate de M. A B, la somme de 1 200 euros en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Jehanne Pornon-Weidknnet et à la préfète de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022 où siégeaient :
Mme Frédérique Munoz-Pauziès, présidente,
Mme Aurélie Lahitte, conseillère,
M. Arthur Bongrain, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.
La présidente-rapporteure
F. C
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau
A. LAHITTE La greffière,
C. SCHIANO
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026