mercredi 19 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2200759 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | JOUTEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 février et 30 juin 2022, M. A B, représenté par Me Jouteau, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2022 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- sa requête est recevable.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie alors qu'il réside sur le territoire français depuis plus de dix ans ;
- elle est entachée d'erreur de fait ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur la décision portant refus de séjour, qui est elle-même illégale.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Denys, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant géorgien né le 16 septembre 1979, est entré en France le 25 septembre 2018. Il a fait l'objet d'un arrêté du 15 février 2022 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans à son encontre. M. B demande l'annulation de cette décision en tant qu'elle porte refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire et interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles la préfète de la Gironde s'est fondée pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. B. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, à supposer que M. B justifie résider habituellement en France sur la période allant de 2008 à 2018, il ne produit aucune pièce relative à sa présence sur le territoire national pour les années 2019, 2020, 2021 et pour le début de l'année 2022. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir qu'il résidait habituellement depuis plus de dix ans en France à la date à laquelle la décision contestée a été prise à son encontre. Dès lors, la préfète de la Gironde, en s'abstenant de soumettre à la commission du titre de séjour, pour avis, la situation de l'intéressé, n'a pas entaché la décision de refus de séjour d'un vice de procédure.
5. En troisième lieu, le moyen tiré de l'erreur de fait dont serait entachée la décision attaquée n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. M. B, qui se prévaut la durée significative de sa présence en France sur la période allant des années 2008 à 2018, fait valoir que les membres de sa famille, qui ont vécu des évènements tragiques, sont enfin réunis sur le territoire national. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé, qui a fait l'objet, le 26 octobre 2017, d'une obligation de quitter le territoire français dont la légalité a été confirmée par le jugement n°1705098 rendu le 19 février 2018 par le tribunal administratif de Bordeaux et par l'arrêt n°18BX01149 rendu le 28 juin 2018 par de la cour administrative de Bordeaux, à laquelle il s'est sciemment soustrait, s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français à compter de cette date. En outre, il ressort des pièces du dossier que l'épouse de l'intéressé fait également l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, dont la légalité a été confirmé par le jugement n°1903672 rendu par le tribunal administratif de Bordeaux le 3 octobre 2018. De plus, ainsi qu'il a été dit au point 6, le requérant ne produit aucune pièce relative à sa présence sur le territoire national pour les années 2019, 2020, 2021 et pour le début de l'année 2022. Par ailleurs, alors que sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides rendue le 7 avril 2008 confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 6 avril suivant, M. B ne produit aucun élément relatif aux évènements tragiques auxquels lui et ses proches auraient assisté. En outre, l'intéressé n'établit pas qu'ainsi qu'il l'allègue, son état de santé, ainsi que de celui des membres de sa famille, seraient particulièrement fragiles. Enfin, la promesse d'embauche pour un contrat à durée indéterminée en qualité d'ouvrier dont se prévaut M. B, qui est au demeurant datée du 24 mai 2019, ne suffit pas à démontrer son intégration sur le territoire national. Dans ces conditions, en dépit de la longue durée du séjour de l'intéressé et de la scolarisation des enfants du couple, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
8. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7, qui ne font apparaître aucun motif exceptionnel ou considération humanitaire au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le moyen tiré de ce que la décision en litige méconnaitrait ces dispositions doit être écarté. Il en est de même du moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité du refus de titre de séjour doit être écarté.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
10. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu des craintes qu'exprime l'intéressé au sujet de son retour dans son pays d'origine et de sa durée significative sur le territoire français doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de ses conclusions, que M. B n'est pas fondé, à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Zuccarello, présidente,
Mme De Paz, première conseillère,
Mme Denys, conseillère.,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2022.
La rapporteure,
A. DENYS
La présidente,
F. ZUCCARELLO La greffière,
I. MONTAGNON
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026