lundi 15 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2200788 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP KAPPELHOFF-LANCON - THIBAUD - VALDES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 février et 30 août 2022, Mme A B, représentée par Me Hiriart, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 décembre 2021 par laquelle la directrice déléguée du centre hospitalier de Sarlat a prononcé son licenciement à compter du 10 février 2022 ;
2°) d'annuler la décision du 25 janvier 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Sarlat lui a délivré une attestation de suspension de contrat de travail du fait de l'administration à compter du 11 février 2022 pour une durée de trois mois, soit jusqu'au 11 mai 2022 inclus ;
3°) d'enjoindre au centre hospitalier de Sarlat de la rétablir dans ses droits ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Sarlat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions en litige sont entachées d'un vice de procédure qui a été de nature à la priver d'une garantie dès lors qu'aucune offre de reclassement ne lui a été adressée, en méconnaissance de l'article 41-5 du décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;
- elles sont entachées d'un détournement de procédure ;
- elles constituent une sanction déguisée ;
- elle a été victime de faits constitutifs de harcèlement moral au sens des dispositions de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 avril 2022 et 2 octobre 2023, le centre hospitalier de Sarlat, représenté par la SCP KPL Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 17 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique,
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983,
- le décret n° 91-155 du 6 février 1991,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Passerieux, rapporteure,
- les conclusions de Mme Patard, rapporteure publique,
- et les observations de Me Pielberg, représentant le centre hospitalier de Sarlat.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée sous contrat à durée indéterminée à compter du 2 mai 2016 par le centre hospitalier de Sarlat, en qualité d'attachée d'administration hospitalière, pour exercer ses fonctions à temps plein au service des finances. Comme le permettait l'article 12 du contrat, une convention du 17 novembre 2017 l'a mise à disposition du centre hospitalier de Domme à raison d'une journée par semaine pour exercer les mêmes fonctions dans cet établissement, lequel partage depuis le 1er janvier 2016 une direction commune avec les centres hospitaliers de Périgueux, Lanmary et Sarlat, confiée au directeur du centre hospitalier de Périgueux, chaque établissement conservant sa personnalité juridique et son autonomie financière. Mme B a dénoncé cette convention par lettre du 20 février 2019, et par lettre du 7 mars 2019, le directeur délégué du centre hospitalier de Sarlat lui a proposé le poste d'attaché au pôle " affaires financières " des hôpitaux de Sarlat et Domme dans le cadre d'une réorganisation des services financiers, économiques, généraux et logistiques des deux établissements, avec une répartition de son activité à proportion de 60 % pour Sarlat et 40 % pour Domme. Mme B ayant implicitement refusé cette modification substantielle de son contrat, elle a été licenciée par une décision du 28 juin 2019. A la suite de l'annulation de cette décision de licenciement par un jugement n° 1905712 du 17 décembre 2020 du tribunal administratif de Bordeaux, confirmé par un arrêt n° 21BX00111 du 2 février 2023 de la cour administrative d'appel de Bordeaux, le centre hospitalier de Sarlat a procédé à la réintégration de l'intéressée le 28 février 2021. L'intéressée ayant toutefois refusé deux nouvelles propositions de modification de son contrat de travail, les 30 avril et 9 juillet 2021, le directeur du centre hospitalier Sarlat a, sur avis favorable de la commission consultative paritaire départementale compétente à l'égard des agents contractuels de la fonction publique hospitalière, prononcé son licenciement par courrier du 7 décembre 2021, avec expiration du délai de préavis au 10 février 2022. Enfin, par décision du 25 janvier 2022, le directeur du centre hospitalier de Sarlat a délivré à l'intéressée une attestation de suspension de contrat de travail du fait de l'administration à compter du 11 février 2022 pour une durée de trois mois, soit jusqu'au 11 mai 2022. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation des décisions des 7 décembre 2021 et 25 janvier 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 41-3 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable : " Sans préjudice des dispositions relatives au licenciement pour faute disciplinaire, pour insuffisance professionnelle ou pour inaptitude physique, le licenciement d'un agent contractuel recruté pour répondre à un besoin permanent doit être justifié par l'un des motifs suivants : () / 4° Le refus par l'agent d'une modification d'un élément substantiel du contrat proposée dans les conditions prévues à l'article 41-4 ; () ". Aux termes de l'article 41-5 du même décret, dans sa rédaction applicable : " Le licenciement pour un des motifs prévus aux 1° à 4° de l'article 41-3 ne peut être prononcé que lorsque le reclassement de l'agent, dans un autre emploi que la loi du 9 janvier 1986 autorise à pourvoir par un agent contractuel et dans le respect des dispositions légales régissant le recrutement des agents non titulaires, n'est pas possible (). Il est proposé un emploi relevant de la même catégorie hiérarchique ou à défaut, et sous réserve de l'accord exprès de l'agent, d'un emploi relevant d'une catégorie inférieure. / L'offre de reclassement concerne les emplois relevant de l'autorité ayant recruté l'agent. L'offre de reclassement proposée à l'agent est écrite et précise. L'emploi proposé est compatible avec ses compétences professionnelles ". Aux termes de l'article 41-6 de ce décret, dans sa rédaction applicable : " Lorsque l'administration envisage de licencier un agent pour l'un des motifs mentionnés aux 1° à 4° de l'article 41-3, elle convoque l'intéressé à un entretien préalable selon les modalités définies à l'article 43. A l'issue de la consultation de la commission consultative paritaire prévue à l'article 2-1, elle lui notifie sa décision par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. / Cette lettre précise le ou les motifs du licenciement et la date à laquelle celui-ci doit intervenir, compte tenu des droits à congés annuels restant à courir et de la durée du préavis prévu à l'article 42. / Cette lettre invite également l'intéressé à présenter une demande écrite de reclassement, dans un délai correspondant à la moitié de la durée du préavis prévu à l'article 42 et indique les conditions dans lesquelles les offres de reclassement sont susceptibles de lui être adressées ". Enfin, aux termes de l'article 41-7 du décret, dans sa rédaction applicable : " () Dans l'hypothèse où l'agent a formulé une demande de reclassement et lorsque celui-ci ne peut être proposé avant l'issue du préavis prévu à l'article 42, l'agent est placé en congé sans traitement, à l'issue de ce délai, pour une durée maximale de trois mois, dans l'attente d'un reclassement dans les conditions prévues à l'article 41-5. / Le placement de l'agent en congé sans traitement suspend la date d'effet du licenciement. Une attestation de suspension du contrat de travail du fait de l'administration est délivrée à l'agent. / L'agent peut à tout moment, au cours de la période de trois mois mentionnée au troisième alinéa, revenir sur sa demande de reclassement. Il est alors licencié. / En cas de refus de l'emploi proposé par l'administration ou en cas d'impossibilité de reclassement au terme du congé sans traitement de trois mois, l'agent est licencié ".
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le centre hospitalier de Sarlat a proposé à Mme B, par courrier du 22 février 2021, une modification de son contrat de travail à durée indéterminée en lui indiquant que le poste d'attaché d'administration hospitalière en charge des budgets annexes, des suivis des financements complémentaires dédiés et chargé de missions de la direction qu'elle occupait serait, en raison des évolutions d'organisation de la direction commune, organisé en une répartition de ses activités à part égale entre le centre hospitalier de Sarlat et le centre hospitalier de Domme. Après échange de courriers en date des 22 et 25 mars 2021 entre Mme B et le centre hospitalier de Sarlat, celle-ci a, par courrier du 30 avril 2021, refusé la modification de son contrat de travail. Ensuite, le centre hospitalier de Sarlat a, par courrier du 4 juin 2021, adressé à l'intéressée une nouvelle proposition de modification de son contrat de travail, en réduisant sa quotité de travail à 50% pour ses missions d'attachée d'administration hospitalière affectée au service des finances, lesquelles seraient uniquement exercées pour le centre hospitalier de Sarlat. Par courrier du 9 juillet 2021, Mme B a expressément refusé cette modification.
4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de plusieurs reports, le centre hospitalier de Sarlat a convoqué Mme B à un entretien préalable à son licenciement qui s'est tenu le 1er octobre 2021. Le centre hospitalier de Sarlat a, par le biais de la décision en litige du 7 décembre 2021, informé la requérante qu'à la suite de son entretien préalable et de l'avis favorable majoritaire de la commission consultative paritaire du 10 novembre 2021, elle serait licenciée à l'issue d'une période de préavis de deux mois et qu'elle disposait d'un délai d'un mois pour formuler une demande écrite de reclassement. Mme B a présenté sa demande de reclassement " sur un poste d'équivalence relevant de la même catégorie hiérarchique que celle de [son] emploi historique " le 4 janvier 2022. Le centre hospitalier de Sarlat justifie avoir, dès le 23 septembre 2021 sollicité la transmission des postes d'attaché d'administration hospitalière (AAH) de l'établissement, ainsi que l'ensemble des postes d'adjoint des cadres de catégorie B, lesquels étaient tous pourvus à la date du 28 septembre 2021. Le centre hospitalier a ensuite tenu à jour un tableau de suivi des postes vacants les 5 octobre, 9 novembre et 7 décembre 2021 et 12 janvier 2022, dont il ressort que tant les postes d'AAH que ceux d'adjoint des cadres de catégorie B de l'établissement étaient pourvus. De plus, le centre hospitalier justifie notamment avoir, par courrier du 30 décembre 2021 adressé à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) du canton de Saint-Cyprien, demandé qu'il lui soit fait part de tout poste disponible susceptible d'être proposé à un AAH. Enfin, Mme B n'est pas fondée à se prévaloir de ce que le centre hospitalier de Sarlat ne lui a pas proposé le poste d'attaché d'administration aux ressources humaines qui était vacant jusqu'au 1er juillet 2021, lequel au demeurant impliquait un exercice des fonctions partagé entre les centres hospitaliers de Domme et de Sarlat, alors même qu'elle n'avait pas encore formulé sa demande de reclassement à la date à laquelle ce poste a été pourvu. Dans ces conditions, le centre hospitalier de Sarlat justifie avoir cherché à reclasser l'intéressée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 41-5 du décret du 6 février 1991 doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41-4 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable : " En cas de transformation du besoin ou de l'emploi qui a justifié le recrutement de l'agent contractuel recruté pour un besoin permanent, l'administration peut proposer la modification d'un élément substantiel du contrat de travail tel que la quotité de temps de travail de l'agent, ou un changement de son lieu de travail. Elle peut proposer dans les mêmes conditions une modification des fonctions de l'agent, sous réserve que celle-ci soit compatible avec la qualification professionnelle de l'agent. / Lorsqu'une telle modification est envisagée, la proposition est adressée à l'agent par lettre recommandée avec avis de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. / Cette lettre informe l'agent qu'il dispose d'un mois à compter de sa réception pour faire connaître, le cas échéant, son acceptation. / A défaut de réponse dans le délai d'un mois, l'agent est réputé avoir refusé la modification proposée ".
6. En l'espèce, Mme B soutient que les décisions en litige sont entachées d'un détournement de procédure et constituent une sanction déguisée dès lors que le centre hospitalier de Sarlat a utilisé la procédure de licenciement pour modification substantielle de son contrat de travail, non dans l'intérêt du service mais afin de lui nuire et de l'évincer de l'établissement.
7. D'une part, s'agissant de la première modification de contrat de travail proposée à la requérante le 22 février 2021, mentionnée au point 3 du présent jugement, la seule circonstance que la convention de direction commune établie entre les centres hospitaliers de Périgueux, Lanmary, Sarlat et Domme le 2 novembre 2015 concerne le personnel de direction de ces centres hospitaliers, auquel n'appartient pas Mme B, n'est pas de nature à faire obstacle à ce que le centre hospitalier de Sarlat souhaite comme il s'en prévaut sans être sérieusement contesté, afin de rationaliser ses dépenses, mutualiser ses fonctions support avec le centre hospitalier de Domme. A cet égard et en tout état de cause, la convention de direction commune précise qu'il convient de mettre en œuvre une stratégie commune et à terme de gérer en commun certaines fonctions et activités et indique notamment que certaines directions fonctionnelles peuvent être communes aux quatre établissements. Par ailleurs, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le centre hospitalier aurait manifesté une intention de nuire à l'intéressée. Dans ces conditions, la proposition de modification de contrat de travail du 22 février 2021, prévoyant le partage à part égale des activités exercées par l'intéressée entre les centres hospitaliers de Sarlat et de Domme, est justifiée par l'intérêt du service.
8. D'autre part, s'agissant de la seconde modification de contrat de travail proposée à la requérante le 4 juin 2021, mentionnée au point 3 du présent jugement, le centre hospitalier fait valoir sans être sérieusement contesté que la réduction du temps de travail de l'intéressée est justifiée par le refus constant de la requérante d'exercer ses fonctions au sein d'un service mutualisé avec le centre hospitalier de Domme et s'inscrit également dans une logique de rationalisation de ses dépenses. A cet égard, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le centre hospitalier aurait manifesté une intention de nuire à l'intéressée. Dans ces conditions, la proposition de modification du contrat de travail du 4 juin 2021, prévoyant la réduction à 50 % du temps de travail de l'intéressée, est justifiée par l'intérêt du service.
9. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que les décisions en litige seraient entachées d'un détournement de procédure et constitueraient une sanction déguisée.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires applicable au litige, dont les dispositions sont désormais reprises à l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ()
11. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral.
12. En l'espèce, si Mme B fait valoir que le centre hospitalier de Sarlat lui a proposé une première modification de son contrat de travail le 22 février 2021, soit six jours avant sa réintégration effective, il ressort des pièces du dossier que le précédent poste occupé par la requérante n'existait plus à la date de sa réintégration, ayant été scindé entre les centres hospitaliers de Domme et Sarlat, de sorte qu'il a été nécessaire d'adapter son poste d'origine. Par ailleurs, s'il est constant que le poste d'AAH en charge des budgets annexes, des suivis de financements complémentaires dédiés et chargé de missions de la direction sur lequel Mme B a été réintégrée ne comporte pas de missions d'encadrement, ni la possibilité pour l'intéressée de participer au tour de garde et de percevoir l'indemnité correspondante, il ressort des pièces du dossier que, d'une part, par jugement n° 2106050 du 15 septembre 2023, le tribunal a rejeté la requête formée par la requérante à l'encontre de la décision implicite de rejet de son recours gracieux sollicitant sa réintégration au tour de gardes administratives et de la décision implicite portant abrogation de la décision du 15 juin 2016 lui attribuant une délégation de signature en tant qu'administrateur d'astreinte ainsi que la décision implicite ayant abrogé sa désignation comme administrateur de garde et, d'autre part, le poste de chargée de mission correspond au grade de l'intéressée et à ses compétences. Enfin, si la requérante soutient qu'elle aurait été " placardisée " dans un bureau situé au troisième étage de l'établissement sans disposer des accès informatiques nécessaires à l'exercice de ses missions, et que la direction aurait " sommé certains agents de s'abstenir de toutes interactions utiles avec elle ", d'une part, elle ne l'établit pas, tandis que le centre hospitalier fait valoir sans être sérieusement contesté que Mme B s'est vue soumise aux règles informatiques en vigueur, lesquelles ont toujours limité les droits d'accès des agents en fonction des missions qui leur sont dévolues, qu'une zone particulière d'échange a été créée et dédiée aux échanges de l'intéressée, qu'aucun bureau n'étant disponible au rez-de-chaussée du bâtiment, un bureau neuf au troisième étage a été mis à sa disposition, dans un couloir avec de nombreux autres professionnels ayant un niveau de responsabilité élevé. Dans ces conditions, les faits relatés par l'intéressée, pris isolément ou dans leur ensemble, ne sont pas de nature à faire présumer, en l'espèce, l'existence d'un harcèlement moral. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que les décisions en litige méconnaîtraient les dispositions précitées de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983.
13. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions des 7 décembre 2021 et 25 janvier 2022.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
14. Les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme B étant rejetées, le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Sarlat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme B une somme à verser au centre hospitalier de Sarlat sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Sarlat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier de Sarlat.
Délibéré après l'audience du 20 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Delvolvé, président,
Mme Mounic, première conseillère,
Mme Passerieux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 janvier 2024.
La rapporteure,
C. PASSERIEUX
Le président,
Ph. DELVOLVÉ
Le greffier,
A. PONTACQ
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et de la prévention en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
N°2200788
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026