mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2200845 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LE GUEDARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 février 2022, Mme H B, représentée par Me Le Guédard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 août 2021 par laquelle la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour en tant que parent d'un enfant français, ensemble la décision par laquelle elle a implicitement rejeté son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour valable dix ans ou, à défaut, un titre de séjour en tant qu'étudiante ou, subsidiairement, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente ;
- les décisions attaquées méconnaissent les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la préfète de la Gironde a commis plusieurs erreurs manifestes dans l'appréciation de sa situation ;
- les décisions attaquées méconnaissent les dispositions des articles L. 423-8 et L.423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles portent une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Par une ordonnance du 16 février 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au 16 juin 2022.
Les parties ont été informées par un courrier du 15 juin 2022 que le tribunal était susceptible, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de relever d'office un moyen d'ordre public.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 février 2022.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme de Paz a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante malienne née le 22 février 1976, est entrée sur le territoire français au mois de novembre 2014 et a été autorisée à séjourner en France depuis 2016 en qualité de parent d'enfant français, en application de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 5 mars 2020, elle a demandé la délivrance de la carte de résident de dix ans prévue à l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en faveur des parents d'enfant de nationalité française ou, à tout le moins, le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du même code. Par une décision du 24 août 2021, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français mais lui a cependant accordé un titre de séjour pluriannuel portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-23 du même code. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cette décision en tant qu'elle lui refuse le droit au renouvellement de son titre de séjour mention " parent d'enfant français " ou le bénéfice d'une carte de résident, ensemble la décision par laquelle la préfète de la Gironde a implicitement rejeté son recours gracieux.
2. En premier lieu, M. F G, qui a signé la décision litigieuse pour la préfète de la Gironde, détenait compétence pour ce faire en vertu d'un arrêté du 5 mai 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratif n° 33-2021-086 du même jour, en cas d'absence ou d'empêchement de M. E, de M. A et de Mme C de Lastelle du Pré. Il n'est pas établi ni même allégué que ces agents n'auraient pas été indisponibles. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Aux termes de l'article L. 423-10 du même code : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France et titulaire depuis au moins trois années de la carte de séjour temporaire prévue à l'article L. 423-7 ou d'une carte de séjour pluriannuelle délivrée aux étrangers mentionnés aux articles L. 423-1, L. 423-7 et L. 423-23, sous réserve qu'il continue de remplir les conditions prévues pour l'obtention de cette carte de séjour, se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans. / La délivrance de cette carte de résident est subordonnée au respect des conditions d'intégration républicaine prévues à l'article L. 413-7. / L'enfant visé au premier alinéa s'entend de l'enfant ayant une filiation légalement établie, y compris l'enfant adopté, en vertu d'une décision d'adoption, sous réserve de la vérification par le ministère public de la régularité de cette décision lorsqu'elle a été prononcée à l'étranger. ".
4. Mme B est mère d'une enfant française née le 28 août 2016 à Libourne, qui réside avec elle, le couple étant séparé. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que la préfète de la Gironde a refusé de délivrer à Mme B un titre de séjour en qualité d'enfant français au motif qu'elle n'établissait pas que le père français de la fillette participerait effectivement à son entretien et à son éducation. Mme B fait valoir que celui-ci verse une pension alimentaire au bénéfice de sa fille, qui était de 160 euros mensuels jusqu'en 2020 puis de 200 euros, selon les éléments justificatifs produits, et qu'il assume régulièrement certains frais vestimentaires et scolaires. Cependant, la seule attestation du père de l'enfant en date du 10 mars 2021 faisant état de ce qu'il aurait engagé une démarche auprès du juge aux affaires familiales afin d'obtenir un droit de visite et d'hébergement ne saurait établir la réalité d'une contribution effective à l'éducation de sa fille à la date de la décision litigieuse, qui n'est reflétée par aucun élément du dossier. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation que la préfète de la Gironde a refusé de délivrer à Mme B un titre de séjour en sa qualité de parent d'un enfant français, l'une des conditions requises pour une telle délivrance n'étant pas remplie.
5. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. / Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Et aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
6. Il est constant que la préfète de la Gironde, en réponse à la demande de titre de séjour présentée par Mme B, lui a délivré une carte de séjour pluriannuelle sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, laquelle préserve tant le droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale que l'intérêt supérieur de sa fille. Dans ces conditions, le seul refus simultanément opposé à la demande de la requérante en tant qu'elle portait sur la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français ne méconnaît nullement les dispositions et stipulations précitées.
7. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de la requérante.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est en tout état de cause pas fondée à demander l'annulation de la décision du 24 août 2021 en tant qu'elle lui refuse le droit au renouvellement de son titre de séjour en qualité de parent d'enfant français ou le bénéfice d'une carte de résident en cette même qualité, ni de la décision par laquelle la préfète de la Gironde a implicitement rejeté son recours gracieux.
9. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance doivent être également rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme H B et à la préfète de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Pouget, président,
- Mme de Paz, première conseillère,
- Mme Patard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
D. DE PAZ
Le président,
L. POUGET
La greffière,
I. MONTANGON
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde, en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026