lundi 5 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2200858 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | VIGREUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 février 2022, Mme A B, représentée par Me Vigreux, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision n° 2021/1530 du 13 décembre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier Charles Perrens l'a détachée dans le corps des aides-soignants et agents des services hospitaliers qualifiés, au grade d'aide-soignant principal, 10ème échelon, en la maintenant à l'indice brut 597 ;
2°) d'annuler la décision n° 2021/1531 du 13 décembre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier Charles Perrens l'a reclassée en qualité d'aide-soignant de classe supérieure de catégorie B à compter du 1er octobre 2021, 8ème échelon, en la maintenant à l'indice brut 597 ;
3°) d'enjoindre au centre hospitalier Charles Perrens de réexaminer sa situation, à titre principal, quant à son aptitude à exercer des fonctions correspondant à son grade d'infirmière diplômée d'Etat, sur un poste aménagé en fonction de ses contraintes physiques et à la réintégrer sur un poste aménagé ou, à titre subsidiaire, quant à la détermination de son indice ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier Charles Perrens une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision n° 2021/1530 est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a été informée ni de la date à laquelle le comité médical a examiné sa situation, ni de la possibilité de faire entendre le médecin de son choix, ni de l'ensemble de ses droits avant la tenue de la séance de ce comité ;
- il n'est pas établi que le comité médical se serait prononcé sur son reclassement ;
- le centre hospitalier a méconnu l'étendue de sa compétence dès lors qu'il s'est estimé lié par l'avis du comité médical départemental ;
- en la déclarant inapte totalement et définitivement aux fonctions d'infirmière, le directeur du centre hospitalier a commis une erreur d'appréciation ;
- en la maintenant à son indice brut de 597, au lieu de la détacher à l'échelon 12 indice brut 610, le centre hospitalier a entaché la décision n° 2021/1530 d'une erreur de droit ;
- en la maintenant à son indice brut de 597, alors qu'il existe un indice immédiatement supérieur, à savoir l'échelon 9 indice brut 612, le centre hospitalier a entaché la décision n° 2021/1531 d'une erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2023, le centre hospitalier Charles Perrens, représenté par Me Hounieu, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 15 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 2 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983,
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988,
- le décret n° 89-376 du 8 juin 1989,
- le décret n° 2007-1188 du 3 août 2007,
- le décret n° 2016-636 du 19 mai 2016,
- le décret n° 2021-1257 du 29 septembre 2021,
- le décret n° 2021-1267 du 29 septembre 2021,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Passerieux, rapporteure,
- les conclusions de Mme Patard, rapporteure publique,
- les observations de Me Vigreux, représentant Mme B,
- et les observations de Me Hounieu, représentant le centre hospitalier Charles Perrens.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, infirmière au service réhabilitation du centre hospitalier Charles Perrens depuis 2014, souffre de douleurs occipitales depuis l'année 2017. Après une chute à son domicile sur le genou gauche, elle a été placée en arrêt de travail à compter du 20 janvier jusqu'au 26 novembre 2017 puis du 29 décembre 2017 au 15 avril 2018, avant de reprendre le travail à mi-temps thérapeutique sans travail de nuit et avec exemption de l'accompagnement des patients pour les rendez-vous médicaux, pour une durée de six mois, renouvelée une fois. A la suite d'une nouvelle chute le 3 mars 2019 lui ayant occasionné une entorse du genou gauche, elle a été placée en arrêt de travail jusqu'au mois de septembre 2019. Par un avis en date du 2 juillet 2020, le comité médical départemental l'a reconnue inapte totalement et définitivement aux fonctions d'infirmière et a prononcé son placement en disponibilité d'office pour raison de santé dans l'attente de son reclassement professionnel sans déplacement professionnel. Par courrier du 26 octobre 2020, un poste d'agent polyvalent au sein de l'espace Oxygène a été proposé à l'intéressée, reclassement que cette dernière a accepté expressément par courrier du 5 décembre 2020. Par décision du 8 mars 2021, le directeur du centre hospitalier Charles Perrens a, d'une part, réintégré Mme B, placée en disponibilité d'office pour raison de santé depuis le 29 juin 2020, en qualité d'agent polyvalent au sein de l'espace Oxygène à compter du 25 janvier 2021, d'autre part, déclaré qu'elle resterait positionnée sur le grade d'infirmière à compter du 25 janvier 2021 et pendant une période de 6 mois, et, enfin, décidé qu'à l'issue de cette période, sous réserve d'évaluations positives et sans nouvelles contraintes médicales, elle serait détachée dans le grade d'aide-soignant de classe normale pendant une durée d'un an et qu'à l'issue, sous réserve d'évaluations favorables et sans nouvelles contraintes médicales, elle serait intégrée dans ce grade. Par un avis en date du 13 octobre 2021, le comité médical supérieur, saisi par Mme B, a confirmé l'avis du comité médical départemental du 2 juillet 2020. Par décision n° 2021/1530 du 13 décembre 2021, le directeur du centre hospitalier Charles Perrens a détaché l'intéressée dans le corps des aides-soignants et agents des services hospitaliers qualifiés, au grade d'aide-soignant principal, 10ème échelon, en la maintenant à l'indice brut 597. Enfin, par décision n° 2021/1531 du 13 décembre 2021, le directeur du centre hospitalier Charles Perrens l'a reclassée en qualité d'aide-soignant de classe supérieure de catégorie B à compter du 1er octobre 2021, 8ème échelon, en la maintenant à l'indice brut 597. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de ces deux décisions du 13 décembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 7 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable : " Les comités médicaux sont chargés de donner un avis à l'autorité compétente sur les contestations d'ordre médical qui peuvent s'élever à propos de l'admission des candidats aux emplois de la fonction publique hospitalière, de l'octroi et du renouvellement des congés de maladie, de longue maladie et de longue durée et de la réintégration à l'issue de ces congés. / Ils sont consultés obligatoirement en ce qui concerne : () 7. Le reclassement dans un autre emploi à la suite d'une modification de l'état physique du fonctionnaire, ainsi que dans tous les autres cas prévus par des textes réglementaires. () ".
3. En l'espèce, d'une part, il ressort de l'avis rendu par le comité médical départemental le 2 juillet 2020 que ce dernier s'est notamment prononcé sur le reclassement professionnel de Mme B à prévoir sans déplacement professionnel, avec mise en disponibilité d'office pour raison de santé dans l'attente de ce reclassement. D'autre part, il ressort de l'avis rendu par le comité médical supérieur le 13 octobre 2021, saisi sur demande de l'intéressée, que ce dernier a émis un avis conforme à celui rendu par le comité médical départemental le 2 juillet 2020 et précisé que le poste de reclassement proposé à la requérante est compatible avec son état. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 7 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable : " Le secrétariat du comité médical informe le fonctionnaire : / - de la date à laquelle le comité médical examinera son dossier ; / - de ses droits relatifs à la communication de son dossier et à la possibilité de faire entendre le médecin de son choix ; / - des voies de recours possibles devant le comité médical supérieur. "
5. Il ressort des pièces du dossier que, par courrier du 19 juin 2020, que Mme B ne conteste pas avoir reçu, le secrétariat du comité médical départemental a informé cette dernière de ce que sa demande d'attribution de congé longue maladie serait examinée par le comité lors de la séance du 2 juillet 2020 ainsi que de la possibilité qui lui était offerte d'adresser des observations écrites au comité, de se faire représenter par un médecin de son choix le jour de la séance, ou de prendre connaissance des pièces transmises par son administration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
6. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision n° 2021/1530 en litige, laquelle mentionne la proposition de reclassement qui a été adressée à Mme B le 26 octobre 2020 ainsi que son courrier d'acceptation de reclassement en date du 5 décembre 2020, que le directeur du centre hospitalier Charles Perrens se serait estimé lié par les avis émis par le comité médical départemental et le comité médical supérieur les 2 juillet 2020 et 13 octobre 2021 pour prendre cette décision. Par suite et en tout état de cause, le moyen tiré de ce que cette autorité aurait méconnu l'étendue de sa compétence doit être écarté.
7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B est atteinte depuis 2017 d'une atrophie optique bilatérale de type compressive, liée à la présence de druses dans la gaine du nerf optique, qui occasionne une très forte altération de son champ visuel au niveau de l'œil gauche avec une amputation quasi tubulaire, et une altération de son champ visuel au niveau de l'œil droit. Selon un certificat médical rédigé le 12 décembre 2019 par un praticien hospitalier du service ophtalmologie du centre hospitalier universitaire de Bordeaux, ce rétrécissement de son champ visuel peut être à l'origine pour l'intéressée de la non-perception d'obstacles et la survenue de chutes, et contre-indique la conduite automobile. Si la requérante se prévaut d'un certificat médical établi le 10 octobre 2019 par un médecin du travail selon lequel une reprise peut être envisagée sur un poste adapté à son handicap, de type administratif, en excluant la surveillance de patients et les urgences, il ressort des pièces du dossier que la requérante a obtenu en 2018 la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, permettant le passage du service d'aide au maintien dans l'emploi des travailleurs handicapés, lequel a préconisé à ce moment-là une lampe frontale pour les prélèvements biologiques, une lampe afin d'éclairer son clavier et des sur-lunettes. Par ailleurs, il ressort d'un compte-rendu de consultation rédigé le 15 juillet 2019 par trois médecins, lesquels ne se sont pas prononcés sur son aptitude à la fonction d'infirmière, que le trouble visuel dont souffre l'intéressée " devient invalidant ", une canne pour l'aider dans ses déplacements et un accès à des transports adaptés étant indispensables. De plus, il ressort d'un courrier adressé au centre hospitalier Charles Perrens par un médecin généraliste le 3 septembre 2019 que la synthèse de l'ensemble des données concernant la requérante aboutit à la remise en cause de son aptitude sur un poste d'infirmier, notamment par rapport à la gestion des urgences et la distribution des médicaments. Enfin, il ressort d'un certificat médical établi le 15 janvier 2020 par une ophtalmologue que Mme B " ne peut pas reprendre une activité d'infirmière ", mais peut reprendre une activité statique en répondant au téléphone et travaillant sur un ordinateur, mais ne doit pas trop marcher. Dans son avis du 2 juillet 2020, le comité médical en a conclu que la requérante présentait une inaptitude totale et définitive aux fonctions d'infirmière. Enfin, dans son avis du 13 octobre 2021, le comité médical supérieur a rejeté le recours formé par l'intéressée contre l'avis du comité médical départemental. Par suite, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que les postes d'infirmier gestionnaire de lits et d'infirmier faisant fonction de cadre de santé dont se prévaut la requérante auraient été compatibles avec son état de santé, le centre hospitalier faisant à cet égard valoir sans être contesté que ces postes impliquent notamment de nombreux déplacements, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation commise par le centre hospitalier sur son état de santé et son aptitude à reprendre ses fonctions doit être écarté.
8. En cinquième lieu, d'une part, aux termes de l'article 3 du décret du 8 juin 1989 relatif au reclassement des fonctionnaires hospitaliers reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, dans sa rédaction applicable : " Le fonctionnaire qui a présenté une demande de reclassement dans un emploi d'un corps différent de celui auquel il appartient peut être détaché dans ce nouveau corps. / Les dispositions statutaires qui fixent des conditions limitatives de détachement ne peuvent pas être opposées à l'intéressé. / Le fonctionnaire détaché dans un corps hiérarchiquement inférieur, qui ne peut être classé à un échelon d'un grade de ce corps doté d'un indice brut égal ou immédiatement supérieur à celui qu'il détient dans son corps d'origine, est classé à l'échelon terminal du grade le plus élevé du corps d'accueil et conserve à titre personnel l'indice brut détenu dans son corps d'origine. / La procédure de reclassement telle qu'elle résulte du présent article doit être conduite au cours d'une période d'une durée maximum de trois mois à compter de la demande de l'agent.
9. D'autre part, aux termes de l'article 13 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les corps et cadres d'emplois de fonctionnaires sont répartis en trois catégories désignées, dans l'ordre hiérarchique décroissant, par les lettres A, B et C. Ils sont régis par des statuts particuliers à caractère national, qui fixent le classement de chaque corps ou cadre d'emplois dans l'une de ces catégories. Leur recrutement et leur gestion peuvent être, selon le cas, déconcentrés ou décentralisés. () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 3 août 2007 portant statut particulier du corps des aides-soignants et des agents des services hospitaliers qualifiés de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable : " Le corps des aides-soignants et des agents des services hospitaliers qualifiés relevant de la fonction publique hospitalière est classé dans la catégorie C prévue à l'article 13 de la loi du 13 janvier 1983 susvisée. / Ce corps est régi par le décret n° 2016-636 du 19 mai 2016 relatif à l'organisation des carrières des fonctionnaires de catégorie C de la fonction publique hospitalière et par le présent décret. ". Aux termes de l'article 3 du même décret, dans sa rédaction applicable : " I.- Jusqu'à l'entrée en vigueur du décret n° 2021-1257 du 29 septembre 2021 portant statut particulier du corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture de la fonction publique hospitalière, le corps des aides-soignants et des agents des services hospitaliers qualifiés comprend : / 1° Les aides-soignants, les auxiliaires de puériculture, les aides médico-psychologiques et les accompagnants éducatifs et sociaux, spécialité accompagnement de la vie en structure collective ; / 2° Les agents des services hospitaliers qualifiés. () ". Aux termes de l'article 5 de ce décret, dans sa rédaction applicable : " Les personnels mentionnés au 1° de l'article 3 sont classés en deux grades : le grade d'aide-soignant relevant de l'échelle de rémunération C2 et le grade d'aide-soignant principal relevant de l'échelle de rémunération C3. () ". Aux termes de l'article 2 du décret du 19 mai 2016 relatif à l'organisation des carrières des fonctionnaires de catégorie C de la fonction publique hospitalière : " Les corps des fonctionnaires de catégorie C de la fonction publique hospitalière comportent au plus trois grades. / Ces grades sont classés dans les échelles de rémunération C1, C2 et C3 prévues à l'article 1er du décret n° 2016-644 du 19 mai 2016 instituant différentes échelles de rémunération applicables aux fonctionnaires de catégorie C de la fonction publique hospitalière. / Les grades des corps comportant trois grades sont classés, en allant vers le grade le plus élevé : / 1° Pour le premier grade, dans l'échelle de rémunération C1 ; / 2° Pour le deuxième grade, dans l'échelle de rémunération C2 ; / 3° Pour le troisième grade, dans l'échelle de rémunération C3. () ". Aux termes de l'article 3 du même décret, dans sa rédaction applicable : " () Les grades classés en échelle de rémunération C3 comportent dix échelons ". Aux termes de l'article 4 de ce décret : " () III. - La durée du temps passé dans chacun des échelons des grades classés dans l'échelle de rémunération C3 est fixée ainsi qu'il suit : / Echelons : 10ème échelon / Durée : ( 3 ans () ".
10. Enfin, aux termes de l'article 1er du décret du 29 septembre 2021 portant statut particulier du corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture de la fonction publique hospitalière : " Le corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture est classé dans la catégorie B prévue à l'article 13 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée. / Les personnels relevant de ce corps exercent leurs fonctions dans les établissements mentionnés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée. ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " Le corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture comprend deux grades : / 1° La classe normale qui comporte douze échelons ; / 2° La classe supérieure qui comporte onze échelons. ". Aux termes de l'article 20 de ce décret : " I. - Au 1er octobre 2021, les fonctionnaires relevant du corps régi par le décret n° 2007-1188 du 3 août 2007 susvisé et exerçant des fonctions d'aide-soignant ou d'auxiliaire de puériculture sont intégrés et reclassés dans le corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture de la fonction publique hospitalière régi par le présent décret conformément au tableau de correspondance suivant : / Ancienne situation : Aide-soignant principal ; Echelons : 10ème échelon ; - Au-delà de 3 ans / Nouvelle situation : Aide-soignant ou auxiliaire de puériculture de classe supérieure ; Echelons : 8ème échelon ; Ancienneté conservée dans la limite de la durée de l'échelon : 1 an et six mois d'ancienneté () ". Aux termes de l'article 27 de ce décret : " Le présent décret entre en vigueur le 1er octobre 2021. ". Par ailleurs, aux termes de l'article 1er du décret du 29 septembre 2021 fixant l'échelonnement indiciaire applicable au corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture de la fonction publique hospitalière : " L'échelonnement indiciaire applicable aux membres du corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture de la fonction publique hospitalière, régis par le décret du 29 septembre 2021 susvisé, est fixé ainsi qu'il suit : / Classe supérieure du corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture / Echelons : 9 / Indices bruts : 612 / () / Classe normale du corps des aides-soignants et des auxiliaires de puéricultrice / Echelons : 12 / Indices bruts : 610 () ". Enfin, aux termes de l'article 2 du même décret : " Les dispositions du présent décret entrent en vigueur le 1er octobre 2021. "
11. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, ainsi qu'il a été dit au point 1 du présent jugement, par décision du 8 mars 2021, le directeur du centre hospitalier Charles Perrens a, d'une part, réintégré Mme B, placée en disponibilité d'office pour raison de santé depuis le 29 juin 2020, en qualité d'agent polyvalent au sein de l'espace Oxygène à compter du 25 janvier 2021, d'autre part, déclaré qu'elle resterait positionnée sur le grade d'infirmière à compter du 25 janvier 2021 et pendant une période de 6 mois, soit jusqu'au 25 juillet 2021 et, enfin, décidé qu'à l'issue de cette période, sous réserve d'évaluations positives et sans nouvelles contraintes médicales, elle serait détachée dans le grade d'aide-soignant de classe normale pendant une durée d'un an et qu'à l'issue, sous réserve d'évaluations favorables et sans nouvelles contraintes médicales, elle serait intégrée dans ce grade.
12. D'une part, la décision en litige n° 2021/1530 doit être regardée comme ayant pour objet de détacher l'intéressée dans le corps d'aide-soignant principal, corps hiérarchiquement inférieur à celui d'infirmier, à compter du 25 juillet 2021 en exécution de la décision du 8 mars 2021 précitée. Dans ces conditions, en application des dispositions citées aux points 8 et 9, Mme B avait vocation à être classée à l'échelon terminal du grade le plus élevé du corps d'accueil, à savoir le grade d'aide-soignant principal relevant de l'échelle de rémunération C3, et à conserver à titre personnel l'indice brut détenu dans son corps d'origine, à savoir l'indice 597. A cet égard, il ressort des dispositions citées au point 9 que l'échelon le plus élevé du grade d'aide-soignant principal relevant de l'échelle de rémunération C3 est le 10ème échelon. Enfin, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir des dispositions des décrets n° 2021-1257 et n° 2021-1267 des 29 septembre 2021 à l'encontre de la décision contestée n° 2021/1530, qui doit être regardée, au regard notamment du contenu de la seconde décision contestée n° 2021/1531, comme portant sur la situation applicable à la requérante à compter du 25 juillet 2021 et jusqu'au 1er octobre 2021, dès lors que ces dispositions ne sont entrées en vigueur que le 1er octobre 2021. Par suite, en détachant Mme B dans le grade d'aide-soignant principal au 10ème échelon et en précisant qu'elle conserverait à titre personnel l'indice brut détenu dans le corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés auquel elle appartenait, à savoir l'indice 597, le directeur du centre hospitalier n'a pas entaché sa décision n° 2021/1530 d'erreur de droit.
13. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la décision en litige n° 2021/1531, qui reclasse Mme B en qualité d'aide-soignant de classe supérieure de catégorie B à compter du 1er octobre 2021, a été prise pour l'application des dispositions des décrets n° 2021-1257 et n° 2021-1267 des 29 septembre 2021. En application des dispositions précitées de l'article 3 du décret du 8 juin 1989, le centre hospitalier était tenu d'apprécier à nouveau si Mme B, fonctionnaire détachée pour inaptitude, pouvait être classée à un échelon d'un grade du corps d'accueil doté d'un indice brut égal ou immédiatement supérieur à celui détenu dans son corps d'origine. Dans ces conditions, et dès lors qu'à la date de la décision en litige, la requérante était toujours détachée dans le corps des aides-soignants, Mme B avait vocation à être reclassée dans le grade d'aide-soignant de classe supérieure relevant de la catégorie B, à l'échelon immédiatement supérieur à celui détenu dans son corps d'origine, à savoir l'échelon 9, lequel correspond à l'indice brut 612. Par suite, en reclassant Mme B au 8ème échelon du grade d'aide-soignant de classe supérieure relevant de la catégorie B à compter du 1er octobre 2021 et en précisant qu'elle conserverait à titre personnel l'indice brut détenu dans le corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés auquel elle appartenait, à savoir l'indice 597, le directeur du centre hospitalier a entaché sa décision n° 2021/1531 d'une erreur de droit.
14. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est uniquement fondée à demander l'annulation de la décision n° 2021/1531 du 13 décembre 2021 en tant qu'elle porte reclassement de l'intéressée, à compter du 1er octobre 2021, au 8ème échelon, à l'indice brut 597.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
15. L'exécution du présent jugement implique que le directeur du centre hospitalier Charles Perrens procède au réexamen du reclassement de l'intéressée à compter du 1er octobre 2021 dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le centre hospitalier Charles Perrens au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier Charles Perrens une somme de 1 500 euros à verser à Mme B sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision n° 2021/1531 du 13 décembre 2021 du directeur du centre hospitalier Charles Perrens est annulée en tant qu'elle porte reclassement de Mme B au 8ème échelon, à l'indice brut 597.
Article 2 : Il est enjoint au directeur du centre hospitalier Charles Perrens de procéder au réexamen du reclassement de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier Charles Perrens versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier Charles Perrens.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Delvolvé, président,
Mme Mounic, première conseillère,
Mme Passerieux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2024.
La rapporteure,
C. PASSERIEUX
Le président,
Ph. DELVOLVÉ
Le greffier,
A. PONTACQ
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
N°2200858
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026