mercredi 21 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2201035 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | THIAM AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 février 2022, M. F A, représenté par Me Thiam, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2022 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de deux mois ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la préfète de la Gironde n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle porte une atteinte injuste à son droit au travail protégé par l'article 23 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, par la charte sociale européenne, par la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et le préambule de la constitution du 27 octobre 1946 qui fait partie intégrante de la constitution du 4 octobre 1958.
Par un mémoire enregistré le 15 juin 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948 ;
- le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 ;
- la charte sociale européenne ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Paz, rapporteure ;
- les observations de Me Thiam, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité Bangladaise, né le 22 novembre 1992, est entré sur le territoire français le 3 mars 2017 et a sollicité l'asile. Après que sa demande a été rejetée par l'Office française de protection des réfugiés et du droit d'asile et par la Cour Nationale du droit d'asile, il a obtenu un titre de séjour en qualité d'étranger malade, valable en dernier lieu jusqu'au 10 juillet 2021. Après le rejet de sa demande de renouvellement de son titre de séjour présentée sur ce fondement, il a présenté une nouvelle demande au titre de l'admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 28 janvier 2022, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité.
Sur les conclusions en annulation :
2. En premier lieu, M. E B, chef de bureau de l'admission au séjour des étrangers, signataire de l'arrêté attaqué, disposait par arrêté du 16 septembre 2021 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs n° 33-2021-177 de la préfecture, d'une délégation de signature de la préfète de la Gironde en l'absence de M. D pour signer les décisions prises en matière d'admission au séjour. Il n'est pas établi ni même allégué que M. D n'aurait pas été absent ou empêché le jour de la signature de l'acte contesté. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée mentionne les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée. Il ressort notamment des termes de cette décision que la préfète de la Gironde a examiné le droit au séjour de M. A au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment des article L. 435-1 et L. 421-1. L'autorité administrative a également examiné la situation personnelle et familiale du requérant, ainsi que sa situation professionnelle. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est insuffisamment motivée.
4. En troisième lieu, et ainsi qu'il a été dit ci-dessus, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de la Gironde se serait abstenue de procéder à un examen particulier de la situation personnelle du requérant avant de refuser de lui accorder un titre de séjour.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () ". En outre, aux termes de l'article L.435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que le requérant, célibataire et sans enfant à charge, est entré sur le territoire français en 2017 et s'y est maintenu pendant l'examen de sa demande d'asile, puis, sous couvert d'un titre " étranger malade ". M. A se prévaut de son arrivée en France en 2017, à l'âge de 25 ans et de son intégration par le travail. Toutefois, s'il est entré en France en 2017 et justifie travailler depuis le mois de mars 2019, il ressort des pièces du dossier qu'il a conservé des attaches au Bengladesh où résident son épouse, un enfant, ses parents et ses frères et sœurs. M. A se prévaut également, à l'appui de sa demande, de son insertion professionnelle, indiquant qu'il travaille depuis le 13 mars 2019 comme employé polyvalent sous couvert d'un contrat de travail à durée indéterminée à temps plein, depuis le 12 août 2019. Cependant, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que son employeur aurait obtenu une autorisation de travail dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail, cette circonstance ne permet pas de regarder la préfète comme ayant commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant que sa situation ne relevait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. En cinquième lieu, M. A ne peut utilement invoquer la violation des stipulations de l'article 23 de la déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948, qui ne figure pas au nombre des traités ou accords ratifiés par la France dans les conditions fixées par l'article 55 de la Constitution du 4 octobre 1958, ni davantage le moyen tiré de la méconnaissance du préambule de la constitution du 27 octobre 1946, qui est inopérant à l'encontre de la décision attaquée.
8. En dernier lieu, si le requérant se prévaut de l'article 1er de la Charte sociale européenne, ces stipulations ne produisent pas d'effet direct dans l'ordre juridique interne et ne peuvent donc être utilement invoquées. Enfin, le moyen tiré de la méconnaissance de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne n'est pas assorti de précisions suffisantes.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2022. Ses conclusions en injonction et celles présentées au titre de ses frais d'instance doivent être rejetées par voie de conséquence.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présent jugement sera notifié à M. F A et à la préfète de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Zucarrello, présidente,
Mme de Paz, première conseillère,
Mme Denys, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2022.
La rapporteure,
D. DE PAZ
La présidente,
F. ZUCARRELLO
La greffière,
I. MONTANGON
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026