jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2201104 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | ALJOUBAHI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 22 février 2022, le 1er août 2022 et le 28 septembre 2022, ainsi que des pièces complémentaires produites le 12 janvier 2024 dans le cadre des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, M. A D, représenté par Me Aljoubahi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Montpon-Ménestérol a déclaré non rattachables à l'accident de service du 23 février 2011 les consultations médicales des 22 juin et 15 septembre 2021, ainsi que les soins médicaux préconisés consécutifs à celles-ci ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Montpon-Ménestérol de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Montpon-Ménestérol la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la requête est recevable et que :
- l'avis de la commission de réforme sur lequel la commune fonde la décision attaquée est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le maire de Montpon-Ménestérol s'est cru lié par l'avis de la commission de réforme et a ainsi entaché sa décision d'erreur de droit ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés le 9 juin 2022 et le 21 septembre 2022, la commune de Montpon-Ménestérol, représentée par Me Baulimon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 23 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 23 novembre 2022.
Un mémoire présenté par la commune de Montpon-Ménestérol a été enregistré 22 janvier 2024, postérieurement à la clôture d'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n°85-603 du 10 juin 1985 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la médecine professionnelle et préventive dans la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bilate,
- les conclusions de M. Bongrain, rapporteur public,
- et les observations de Me Taormina, représentant la commune de Montpon-Ménestérol, M. D n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D, lorsqu'il était agent des services techniques de la commune de Montpon-Ménestérol, a subi le 23 février 2011 un accident reconnu comme imputable au service par arrêté du 7 mars 2011. M. D a par suite été radié des cadres le 1er juillet 2016. En février 2021, il a commencé à souffrir de douleurs à l'épaule droite qui l'ont mené à subir de nouveaux examens et soins médicaux, dont il a demandé la prise en charge par la commune. L'administration a réuni une commission de réforme qui a donné le 14 décembre 2021 un avis défavorable à l'imputation au service de ces consultations et soins. La commune de Montpon-Ménestérol a par suite rejeté la demande de M. D par un arrêté du 20 décembre 2021 dont le requérant demande l'annulation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version à la date de l'arrêté attaqué : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ". Aux termes de l'article 2-1 du décret n°85-603 du 10 juin 1985 : " Les autorités territoriales sont chargées de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité ".
3. La commune de Montpon-Ménestérol a refusé le rattachement demandé par M. D de ses soins à l'accident de service du 23 février 2011. Il ressort des pièces du dossier que les consultations des 22 juin 2021 et 15 septembre 2021 ainsi que les soins prescrits trouvent leur origine dans une arthropathie acromio-claviculaire. Le docteur C précise le 22 juin 2021 que l'arthropathie acromio-claviculaire s'est déclarée 5 mois avant sa consultation. Le Dr E, rhumatologue, relève le 14 juin 2021 dans les conclusions de son rapport sollicité dans le cadre de la commission de réforme, que cette arthropathie acromio-claviculaire n'est pas à prendre en charge au titre de l'accident de service. Il ne ressort ainsi pas des pièces du dossier que l'arthropathie acromio- claviculaire à la source des consultations et soins dont le requérant demande la prise en charge par la commune serait liée à son accident de service du 23 février 2011. En conséquence, M. D n'est pas fondé à soutenir que la commission de réforme et le maire de la commune de Montpon-Ménestérol auraient commis une erreur d'appréciation.
4. En second lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire de la commune de Montpon-Ménestérol se serait cru lié par l'avis de la commission de réforme et aurait ainsi méconnu l'étendue de ses pouvoirs.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais d'instance
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
7. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Montpon-Ménestérol, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. D demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de M. D la somme que demande la commune de Montpon-Ménestérol sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Montpon-Ménestérol présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à la commune de Montpon-Ménestérol et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Dordogne.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Munoz-Pauziès, présidente,
M. Bilate, premier conseiller,
Mme Champenois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 janvier 2024.
Le rapporteur,
X. BILATE
La présidente,
F. MUNOZ-PAUZIÈSLe greffier,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026