jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2201267 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | LANNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 mars et 29 septembre 2022, Mme B C épouse A, représentée par Me Pierre Lanne, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 janvier 2022 par laquelle la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer une carte de résident longue durée-UE ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer une carte de résident sur le fondement des articles L. 426-17 et L. 426-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou à défaut, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente dès lors qu'il n'est pas établi que le signataire de l'acte disposait d'une délégation de signature régulièrement publiée ; que dans le cas où il existerait une telle délégation de signature, celle-ci est incomplète ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle dès lors que la préfète a estimé qu'elle ne justifiait pas de ressources propres, stables et suffisantes au moins équivalentes au SMIC sur les cinq dernières années sans prendre en compte les autres éléments de sa situation, tels que son congé parental et son placement en activité partielle durant la période de la crise sanitaire ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 426-17 et L. 426-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle justifie de ressources propres, stables et suffisantes au moins équivalentes au SMIC sur les cinq dernières années ; qu'en outre, sa situation financière évolue favorablement depuis le dépôt de sa demande de carte de résident.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 5 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 12 octobre 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les observations de Me Lanne, représentant Mme C,
- la préfète de la Gironde n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C épouse A, ressortissante arménienne née le 27 septembre 1992, déclare être entrée en France en 2008. Elle s'est vue délivrer plusieurs titres de séjour portant la " mention vie privée et familiale ", dont le dernier était valable du 6 février 2020 au 5 février 2022. Elle a sollicité, le 5 novembre 2021, la délivrance d'une carte de résident longue durée UE sur le fondement des articles L. 426-17 et L. 426-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 28 janvier 2022, dont elle demande l'annulation, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer ce titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans. / Les années de résidence sous couvert d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " retirée par l'autorité administrative sur le fondement d'un mariage ayant eu pour seules fins d'obtenir un titre de séjour ou d'acquérir la nationalité française ne peuvent être prises en compte pour obtenir la carte de résident prévue au premier alinéa. / Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail. ". Aux termes de l'article L. 426-19 de ce code : " La décision d'accorder la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " prévue à l'article L. 426-17 est subordonnée au respect des conditions d'intégration républicaine prévues à l'article L. 413-7. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a conclu le 5 novembre 2016 un contrat à durée indéterminée avec l'Alliance française Bordeaux Aquitaine en qualité de secrétaire trilingue polyvalente, pour un revenu mensuel brut de 1 634 euros supérieur au salaire minimum de croissance. Si, à compter du mois de juin 2019 et jusqu'en mars 2020, elle a été privée de revenus, c'est parce qu'elle a bénéficié d'un congé parental d'éducation, avant d'être placée en temps partiel de longue durée en raison de la crise sanitaire. Il ressort également des pièces du dossier qu'elle a perçu à compter de septembre 2021 un salaire mensuel supérieur au salaire minimum de croissance. Par suite, c'est à tort que, pour lui refuser la délivrance d'une carte de résident longue durée UE, la préfète de la Gironde s'est fondée sur la circonstance qu'elle ne justifiait pas au cours des cinq années précédant sa demande, de ressources propres stables et suffisantes.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que la préfète de la Gironde délivre à Mme C une carte " résident de longue durée-UE ". Il y a lieu de lui enjoindre de procéder à cette délivrance dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, au profit de Mme C, la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justce administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La décision de la préfète de la Gironde du 28 janvier 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de la Gironde de délivrer à Mme C une carte de résident de longue durée-UE dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme C la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la préfète de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Munoz-Pauziès, présidente,
Mme Molina-Andréo, première conseillère,
M. Bongrain, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.
La présidente-rapporteure
F. D
L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau
B. MOLINA-ANDRÉO
La greffière,
C. SCHIANO
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2201267
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026