mercredi 5 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2201558 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LANNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mars 2022, Mme D E représentée par Me Lanne, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 juin 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer un récépissé dans cette attente ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- en tout état de cause, la délégation de signature ne donne pas expressément compétence à l'auteur de l'arrêté pour opposer des refus de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant au maintien du lien conjugal et de la communauté de vie ;
- la préfète fait une mauvaise application des articles L. 423-1 et L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour de étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 22 juin 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Par une décision du 20 septembre 2021, Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme de Paz, rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C épouse E, de nationalité marocaine, est entrée en France le 9 décembre 2014, sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour. Elle a ensuite obtenu un titre de séjour en qualité de conjoint d'un ressortissant français valable jusqu'au 7 août 2018. Elle a sollicité le 8 juin 2018 le renouvellement de son titre de séjour, mais estimant qu'elle ne remplissait plus les conditions requises pour l'obtenir, la préfète de la Gironde a refusé le renouvellement de son titre de séjour par un arrêté du 18 juin 2021. Mme E demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions en annulation :
2. En premier lieu, il ressort de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 33-2021-086 du même jour, que Mme F B, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, de l'ordre public et du contentieux, disposait d'une délégation, dont l'objet est suffisamment précis, lui permettant de signer les décisions portant refus de titre de séjour au nom de la préfète de la Gironde en cas d'absence ou d'empêchement de M. A H, directeur des migrations et de l'intégration. Il n'est pas établi, ni même allégué que ce dernier n'était pas effectivement absent ou empêché à la date de la signature de la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. ". Aux termes de l'article L. 423-3 du même code : " Lorsque la rupture du lien conjugal ou la rupture de la vie commune est constatée au cours de la durée de validité de la carte de séjour prévue aux articles L. 423-1 ou L. 423-2, cette dernière peut être retirée. Le renouvellement de la carte est subordonné au maintien du lien conjugal et de la communauté de vie avec le conjoint qui doit avoir conservé la nationalité française ".
4. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de son mariage le 5 septembre 2014 avec un ressortissant français, Mme E a obtenu des cartes de séjour d'une durée d'un an, renouvelées jusqu'au 7 août 2018. Pour lui refuser le renouvellement de son titre de séjour, la préfète de la Gironde soutient que la communauté de vie a cessé entre les époux.
5. Il ressort des pièces du dossier qu'à l'occasion de la dernière demande de renouvellement de son titre de séjour, une enquête de gendarmerie a été diligentée sur la communauté de vie des époux, le 27 février 2019, de laquelle il a résulté l'impossibilité pour les enquêteurs d'affirmer la réalité de la vie commune et la sincérité de l'union du couple. En se bornant à produire des attestations de M. E, dont une trop ancienne, datée du 25 février 2015, informant du changement d'adresse du couple et une autre postérieure à l'arrêté attaqué indiquant qu'il vit avec la requérante, Mme E, qui est domiciliée chez Mme C I, sa sœur, n'apporte pas d'éléments suffisants permettant de conclure au maintien d'une vie commune effective à la date de la décision en litige. Au demeurant, si son époux est en cours de surveillance en raison d'une prise en charge médicale pour des néoplasies rénale et pulmonaire et que son état de santé nécessite une aide à domicile de façon quotidienne, il ne ressort pas des pièces du dossier que nulle autre personne que la requérante ne pourrait assister ce dernier. Par suite, la préfète de la Gironde n'a pas commis une erreur d'appréciation en estimant que la communauté de vie entre les époux était rompue.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. Mme E, qui se prévaut d'une ancienneté de sept ans sur le territoire français à la date de la décision attaquée, n'a été admise à séjourner en France qu'en raison de sa qualité de conjoint d'un ressortissant français. Ainsi qu'il l'a été exposé au point 5 ci-dessus, la préfète de la Gironde n'a pas commis d'erreur d'appréciation en se fondant sur l'absence de communauté de vie effective avec son époux, et la circonstance à la supposer établie qu'elle soit enceinte depuis le mois de décembre 2021, soit postérieurement à la décision attaquée, est sans influence sur sa légalité, qui s'apprécie au jour où elle est prise. Or, à cette date, la requérante qui était sans charge de famille, ne justifiait pas d'une intégration particulière en France. Si elle se prévaut de la présence sur le territoire français de deux frères et une sœur, elle n'établit pas qu'elle serait isolée dans son pays d'origine, où elle a vécu la majeure partie de sa vie. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prenant la décision contestée la préfète aurait porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus de renouvellement de son titre de séjour. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E, n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 18 juin 2021. Ses conclusions en injonction et celles présentées au titre de ses frais d'instance doivent être rejetées par voie de conséquence.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : La présent jugement sera notifié à Mme D E et à la préfète de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
- Mme Zuccarello, présidente,
- Mme de Paz, première conseillère,
- Mme Denys, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2022.
La rapporteure,
D. DE PAZ
La présidente,
F. ZUCCARELLO
Le greffier,
Y. JAMEAU
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026