mercredi 21 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2201699 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DUCOURAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 23 mars et le 29 septembre 2022, l'association syndicale libre des propriétaires du lotissement Epsom dénommée association " Domaine de la Vie ", M. et Mme V et AA L, M. et Mme G et P D, M. et Mme Q, M. et Mme J et N A, Mme K B, Mme W AB, Mme T AD, M. et Mme AC et Y I, M. et Mme E et U F, Mme M O, M. et Mme C et X R, M. et Mme S et M. Z H, représentés par Me Ducourau, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2021 par lequel le maire de Bouliac a délivré à la société par actions simplifiées Andarc un permis d'aménager portant sur l'aménagement de 54 terrains à bâtir individuels et un lot réservé à la création de logements sociaux et sur la démolition d'une partie des constructions existantes, sur les parcelles cadastrées section AD nos 37, 38, 104, 108, 111, 231, 560, 561, 562, 565 à 576 et 802 situées Chemin de Mélac, ainsi que sa décision du 20 janvier 2022 portant rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bouliac la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- l'arrêté contesté méconnaît les dispositions des articles 1.4.1 et 1.4.2 du règlement de la zone AU6 faute d'un nombre suffisant de places de stationnement des véhicules et d'une surface suffisante dédiée au stationnement des vélos, qui doivent être appréciés au stade du permis d'aménager en vertu de l'article 2.2 de ce règlement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 2.1.4 du même règlement à défaut de prévoir un espace de pleine terre représentant 45 % de la superficie du terrain, compte-tenu notamment de la surface nécessaire aux stationnements, qui ne saurait être regardée comme en pleine terre ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 2.3.5 de ce règlement, la suppression de la chartreuse et de la noyeraie ne tenant pas compte de l'implantation des constructions et masses végétales existantes qui participent à la qualité du paysage ;
- il méconnaît les dispositions du c) de l'article R. 451-1 et du c) de l'article R. 451-2 du code de l'urbanisme dès lors que les photographies relatives aux démolitions ne permettent pas d'apprécier l'entièreté des constructions présentes sur le terrain d'assiette ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 2.4.4.4 du règlement de la zone AU6 et la prescription C1016 du plan local d'urbanisme dès lors, d'une part, que les éléments naturels identifiés comme espaces boisés classés devraient être intégrés aux parties communes, et d'autre part, que le remplacement des arbres abattus par une espèce identique devrait être prescrit par le cahier des charges du lotissement et non pas par son règlement, qui devient caduc après dix ans en vertu de l'article L. 442-9 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions des articles 3.1 et 3.2 du même règlement dès lors que le projet prévoit l'aménagement d'une nouvelle bande d'accès ou de desserte, ce qu'interdit le plan de zonage ;
- il méconnaît les dispositions combinées de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme et des articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement en ce qu'il porte atteinte à la noyeraie existante ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 et porte atteinte à son environnement.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 19 mai et le 30 septembre 2022, la société Andarc, représentée par Me Fouchet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'association ne justifie pas de sa capacité pour agir ;
- elle n'a pas intérêt à agir, eu égard à son objet ;
- les autres requérants n'ont pas non plus intérêt à agir, certains ne justifiant pas de la qualité de propriétaire, les autres ne justifiant pas être des voisins immédiats ni ne se prévalant de troubles dans leurs conditions de jouissance de leur bien ;
- le recours gracieux n'a pas été notifié sur le fondement de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens qu'elle contient n'est fondé.
Par deux mémoires en défense enregistré le 29 septembre et le 22 novembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la commune de Bouliac, représentée par le cabinet HMS Atlantique Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le recours gracieux n'a pas été notifié sur le fondement de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- l'association requérant n'a pas intérêt à agir ;
- les autres requérants n'ont pas intérêt à agir ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 6 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 22 avril 2023.
Par un courrier du 31 mai 2023, les parties ont été informées, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, de ce que le tribunal était susceptible de surseoir à statuer en vue de la régularisation du vice tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 2.3.5 du règlement de la zone AU6.
Une réponse de la société Andarc à cette information a été enregistrée le 5 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Josserand,
- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public,
- les observations de Me Ducourau, représentant les requérants,
- les observations de Me Cazcarra, représentant la commune de Bouliac,
- et les observations de Me Gournay, représentant la société Andarc.
Des notes en délibéré produites pour la société Andarc ont été enregistrées le 9 juin 2023 et le 12 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Domaine de la Vie, M. et Mme L, M. et Mme D, M. et Mme Q, M. et Mme A, Mme B, Mme AB, Mme AD, M. et Mme I, M. et Mme F, Mme O, M. et Mme R, M. et Mme S et M. H demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2021 par lequel le maire de Bouliac a délivré à la société par actions simplifiées Andarc un permis portant sur l'aménagement de 54 terrains à bâtir individuels et un lot réservé à la création de logements sociaux et sur la démolition d'une partie des constructions existantes, sur les parcelles cadastrées section AD nos 37, 38, 104, 108, 111, 231, 560, 561, 562, 565 à 576 et 802 situées Chemin de Mélac, ainsi que sa décision du 20 janvier 2022 portant rejet de leur recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
En ce qui concerne l'association Domaine de la Vie :
2. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des statuts de l'association syndicale libre des propriétaires de la résidence " Le Hameau d'Epsom ", dite Association du Domaine de la Vie, que son objet, défini en son article 3, porte sur " () la gestion communautaire des parties communes de l'ensemble des habitations du " Domaine de la Vie ", ces parties commune étant placées sous le régime de l'indivision, notamment : / - l'engagement des dépenses de gestion courantes ou votées par l'Association des propriétaires / - la répartition de ces dépenses entre les membres de l'Association Syndicales / - le recouvrement des participations des membres et le paiement des dépenses / et d'une façon générale l'administration, la gestion, la police des voies et ouvrages servant à la desserte des terrains lotis, ainsi que l'application du Cahier des Charges qui réglemente l'usage des parcelles dans l'intérêt commun ". Il en résulte que l'association requérante n'a pas qualité, aux termes de ces stipulations, pour contester la légalité d'un permis d'aménager portant sur des terrains qui ne dépendent pas de ce lotissement. Par suite, elle ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre du permis d'aménager le lotissement du " Domaine du Palinois ". Elle n'est par suite pas recevable, en tout état de cause, pour contester l'arrêté en litige
En ce qui concerne les consorts B, A, F, R, S et I :
3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Il appartient ensuite au juge de l'excès de pouvoir de former sa conviction sur la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
5. D'une part, il n'est pas justifié de ce que Mme B, M. et Mme A, M. et Mme F, M. et Mme R et M. et Mme S seraient propriétaires, ainsi qu'ils s'en prévalent, des parcelles cadastrées respectivement section AD nos 132, 134, 157, 160 et 161. D'autre part, si M. I justifie être propriétaire de la parcelle cadastrée section AD n° 115, il ressort des pièces du dossier que cette parcelle est située à plus de 200 mètres du terrain d'assiette, dont elle est séparée par une dizaine de maisons du lotissement du hameau d'Epsom, et est desservie par la voie interne au hameau d'Epsom et non pas le chemin de Mélac qui desservira le projet. Par suite, ces requérants ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir.
En ce qui concerne les consorts L, D, Q, AB, AD, O et H :
6. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme L, M. et Mme D, M. et Mme Q, Mme AB, Mme AD, Mme O et M. H sont respectivement propriétaires des parcelles cadastrée section AD n° 133, 163-164, 156, 142, 145, 158 et 162, qui sont toutes voisines immédiates du terrain d'assiette du permis d'aménager, lequel porte sur l'aménagement de 55 lots dont un lot destiné à la création de logements sociaux, pour une surface maximale de plancher de 17 000 m². Si le projet préserve des haies qui permettent de diminuer les vues depuis les propriétés des requérants précités, il ressort cependant des pièces du dossier que, eu égard à son importance, ils justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour agir à l'encontre de l'arrêté du 5 octobre 2021. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en ce sens doit être écartée.
En ce qui concerne la notification du recours gracieux :
7. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que le recours gracieux formé par les requérants le 1er décembre 2021 a été notifié à la mairie de Bouliac et à la société pétitionnaire le 7 décembre 2021. En tout état de cause, la notification du recours gracieux sur le fondement de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme a pour seul effet de permettre la prorogation du délai de recours contentieux contre la décision initiale, lequel n'a pas commencé à courir dès lors que la société Andarc ne conteste pas le caractère irrégulier de l'affichage du permis d'aménager. Par suite, la requête n'est pas tardive et la fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la complétude du dossier :
9. Aux termes de l'article R. 451-1 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de démolir précise : () c) La date approximative à laquelle le ou les bâtiments dont la démolition est envisagée ont été construits ; ". Aux termes de l'article R. 451-2 de ce code : " Le dossier joint à la demande comprend : () c) Un document photographique faisant apparaître le ou les bâtiments dont la démolition est envisagée et leur insertion dans les lieux environnants ".
10. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
11. Il ressort des pièces du dossier qu'était joint à la demande un plan des constructions à démolir ainsi que plusieurs séries de photographies de ces constructions, reportées sur un plan de situation, permettant d'apprécier le projet dans sa globalité. Le dossier comprenait également une notice qui indiquant que le château implanté sur le terrain d'assiette date du XVIIIème siècle et a été remanié depuis lors. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du point c) des articles R. 451-1 et R. 451-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne les espaces en pleine terre :
12. Aux termes du point 2.2 du règlement de la zone AU6 du plan local d'urbanisme : " Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction sur un même terrain de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, l'intégralité des règles fixées ci-après est applicable à chaque terrain issu des divisions projetées, sauf pour les opérations de plus de 5 000 m² de surface de plancher. Dans ce dernier cas, l'intégralité des règles fixées ci-après s'applique à l'ensemble du projet ".
13. Le point 2.2.1 de ce règlement dispose que l'espace de pleine terre doit couvrir un minimum de 45 % de la superficie du terrain. En outre, le point 2.1.4 relatif aux espaces en pleine terre dispose : " Les espaces en pleine terre minimum (EPT) sont définis par une valeur en m² ou un pourcentage appliqué à la surface du terrain dans le présent règlement ou fixé au plan de zonage. () Les espaces en pleine terre correspondent à la surface du terrain non artificialisée en pleine terre, plantée ou à planter. Ils ne peuvent pas faire l'objet de constructions, y compris enterrées, d'installations et d'aménagements conduisant à limiter la capacité naturelle d'infiltration du sol. / Sont notamment interdits dans les espaces en pleine terre : / - les voiries, à l'exception des sentes piétonnes à revêtement poreux ; / - l'emprise des bandes d'accès ou des servitudes de passage ; / - l'aménagement de tout stationnement ; - la construction de tous types de bassins à fond étance (piscines) ; / - les fosses d'assainissement individuel. () ".
14. Il ressort des pièces du dossier que la superficie du terrain d'assiette est de 73 500 m², ce qui implique, par application du taux de 45 %, la réalisation d'espaces en pleine terre d'une superficie minimale de 33 075 m². Il ressort également des pièces du dossier que les espaces en pleine terre collectifs s'étendent sur 15 365 m² en décomptant les bassins de gestion des eaux pluviales et que les lots privatifs recouvrent une surface en pleine terre de 17 710 m² fixée pour chaque lot dans le cahier des charges du lotissement, soit un total de 33 075 m². Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 2.2.1 du règlement de la zone AU6 doit être écarté.
En ce qui concerne le stationnement des véhicules et des vélos :
15. Il résulte des dispositions du code de l'urbanisme que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
16. Les dispositions de l'article 2.2. citées au point 12 ne s'appliquent pas aux dispositions prévues par les points 1.4.1 et 1.4.2 du règlement de la zone relatives au stationnement des véhicules et des vélos, lesquelles ne sont pas fixées après les dispositions du point 2.2, de sorte que l'autorité administrative doit seulement apprécier s'il ressort du projet de lotissement qui lui est soumis que la compatibilité des futures constructions pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme à venir. En tout état de cause les requérants, qui se bornent à se prévaloir des dispositions de l'article 2.2, ne démontrent pas que la réalisation des places de stationnement des véhicules et des vélos ne pourra être ultérieurement assurée, ni que le projet prévoirait un nombre insuffisant de places dédiées aux visiteurs. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles 1.4.1 et 1.4.2 du règlement de la zone AU6 doivent être écartés.
En ce qui concerne l'insertion du projet dans son environnement et l'aménagement paysager :
17. En premier lieu, aux termes de l'article 2.4.4.4 du règlement de la zone AU6 relatif à l'aménagement paysager et aux plantations : " - Espaces boisés classés existants ou à créer et arbres isolés / Les espaces boisés classés existants ou à créer et les arbres isolés sont repérés au plan de zonage. Avant, pendant et après la réalisation du projet, l'état sanitaire du ou des arbres ne doit pas être compromis de quelque façon que ce soit. La surface minimale de protection à prendre en compte correspond à la projection au sol du houppier. L'enherbement de cette surface doit être maintenu ".
18. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette est entouré à l'Est, au Sud et sur la moitié de sa face Ouest d'une mince bande identifiée comme un espace boisé classé. Il ressort également des pièces du dossier que les arbres ainsi protégés sont identifiés par le plan de composition et situés dans une zone non aedificandi figurant sur le plan annexe au règlement du lotissement. Le cahier des charges du lotissement, dont la valeur contractuelle à l'égard des colotis demeurera après que les règles seront devenues caduques le cas échéant en application de l'article L. 442-9 du code de l'urbanisme, stipule que la haie existante sur les lots nos 1 et 8 à 26, espace boisé classé, devra obligatoirement être conservée. Dans ces conditions, les espaces boisés classés présents sur la parcelle apparaissent suffisamment protégés au stade du permis d'aménager. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 2.4.4.4 du règlement de la zone doit être écarté.
19. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2.4.1 du même règlement : " Les constructions nouvelles et les travaux sur constructions existantes concernés par une "protection patrimoniale" repérée au plan de zonage, doivent respecter les dispositions particulières fixées au document traitant des "dispositions relatives à l'environnement et aux continuités écologiques, aux paysages et au patrimoine" du présent règlement ". La protection patrimoniale C1016 intitulée " Vallée de la Jacotte et parc de la Burthe " porte sur l'intérêt culturel et écologique que présente, en continuité avec les coteaux de la rive droite de la Garonne, la vallée de la Jacotte et ses versant, qui abritent des formations végétales à forte valeur patrimoniale, en raison des variations des sols, de l'exposition au soleil et des températures en fond de vallée, qui impliquent une imbrication d'écosystèmes offrant une diversité écologique et une haute valeur paysagère dans un contexte urbain. Elle prescrit sur l'ensemble de son périmètre, de notamment : " Protéger la végétation calcicole et héliophile méditerranéenne et subméditerranéenne endémique. / - Protéger les masses boisées. En cas de présence d'arbres remarquables : respect d'un périmètre correspondant à la taille du houppier, suffisant pour leur pérennité et leur développement, où imperméabilisation, dépôt et travaux sont proscrits. / - Protéger les milieux humides des fonds de vallée () ".
20. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette est couvert au Nord par la protection patrimoniale C1016, sur les lots nos 560, 561 et 562, qui sont intégralement couverts de noyers. Si le requérant soutient que le projet, qui impliquera l'abattage de tous les noyers, méconnaît les dispositions citées au point précédent qui imposent la protection des masses boisées, il ressort cependant des pièces du dossier, d'une part, que les noyers, de faible hauteur et implantés en rangées espacées en vue d'une production nucicole, ne forment pas une masse boisée au sens des dispositions de la protection patrimoniale C1016 et, d'autre part, que les arbres en bordure de la masse boisée implantée au Nord sont protégés par une zone non aedificandi sur une profondeur de vingt mètres. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des prescriptions de la protection patrimoniale C1016 doit être écarté.
21. En troisième lieux, aux termes du point 2.3.5 du règlement de la zone AU6 relatif aux règles particulières relatives aux continuités écologiques, aux zones humides, à la mise en valeur du patrimoine naturel, bâti et paysager : " Le projet doit être conçu de manière à s'intégrer dans les perspectives urbaines et paysagères, à mettre en valeur les éléments protégés, à conserver ou à renforcer les continuités écologiques repérées et/ou la zone humide / L'implantation des constructions et installations devra ainsi s'appuyer sur les composantes du site préexistant en tenant compte notamment de l'implantation des constructions avoisinantes, de la topographie, des masses végétales et en particulier des bosquets arborés et des arbres qui participent à la qualité de ce paysage remarquable, et à la morphologie urbaine plus précisément. Par ailleurs, l'organisation du bâti devra permettre de préserver les vues sur les espaces naturels perceptibles depuis la voie ".
22. Il ressort des pièces du dossier que le projet paysager préserve les haies et boisements remarquables, notamment les arbres implantés le long de l'allée depuis le chemin de Mélac et le long des anciens chemins d'exploitation, autour d'une mare et dans le parc paysager du XVIIIème siècle situé au centre du tènement, dont des cèdres, magnolias, pins sylvestres et marronniers. Il prévoit également la replantation d'arbres sur les espaces publics du lotissement et dans l'emprise de la haie couverte par l'espace boisé classé. Dans ces conditions, le projet apparaît préserver les bosquets arborés qui participent à la qualité du paysage remarquable des lieux, et ce bien que l'édification de maisons individuelles sur les différents lots implique l'abattage de nombreux noyers présents sur le terrain d'assiette, dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils auraient une quelconque valeur paysagère et qui feront d'ailleurs l'objet de plantations compensatoires sur le fondement de l'article 2.4.4.4 du règlement de la zone AU6. En outre, contrairement à ce que soutiennent les requérants, les dispositions précitées n'imposent pas de concevoir un projet qui protégerait ou s'appuierait sur les éléments bâtis présents sur le terrain d'assiette autres que ceux bénéficiant d'une protection. Ainsi, la circonstance que le projet comporte la démolition de l'intégralité des bâtiments présents sur le tènement, consistant notamment en un château du XVIIIème siècle présentant une qualité architecturale manifeste, est sans incidence sur l'application des dispositions de l'article 2.3.5 du règlement dès lors qu'il est constant que ce bâtiment ne bénéficie pas d'une quelconque protection au titre du code du patrimoine ou une protection patrimoniale relative aux édifices et éléments bâtis prévue par le règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 2.3.5 du règlement de la zone AU6 doit être écarté.
23. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Il résulte de ces dispositions que si la construction projetée porte atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente doit refuser de délivrer l'autorisation d'urbanisme sollicitée ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder le refus d'une autorisation d'urbanisme ou les prescriptions spéciales accompagnant sa délivrance, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité du permis de construire délivré, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux visés par les dispositions mentionnées ci-dessus. Il n'en va pas différemment lorsqu'il a été fait usage de l'article L. 451-1 du code de l'urbanisme permettant que la demande de permis de construire porte à la fois sur la construction et sur la démolition d'une construction existante, lorsque cette démolition est nécessaire à cette opération. Dans un tel cas, il appartient à l'administration d'apprécier l'impact, sur le site, non de la seule démolition de la construction existante mais de son remplacement par la construction autorisée.
24. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette est entouré à l'Ouest, au Sud et à l'Est par des lotissements de maisons individuelles, les parcelles situées au Nord étant boisées. Il ressort des pièces du dossier que le projet porte sur l'aménagement d'un lotissement d'un total de 58 lots desservis par une voie interne circulaire plantée d'une haie végétale autour d'un arboretum central constitué d'arbres remarquables qui seront préservés, après démolition des constructions existantes constituées d'un édifice du XVIIIème siècle et de ses dépendances. Le projet prévoit la préservation des haies boisées et la présence d'une bande non aedificandi en bordure du terrain d'assiette, notamment en limite du hameau d'Epsom. Compte-tenu de l'ensemble de ces éléments, au stade du permis d'aménager valant permis de démolir, il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire de Bouliac aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de l'insertion du projet dans son environnement et de l'atteinte qu'il porte aux lieux avoisinants. Par suite, les requérant ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté en litige méconnaîtrait les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne la desserte :
25. Aux termes de l'article 3.1.1 du règlement de la zone AU6 : " Définition de la desserte / La voie constitue la desserte du terrain d'assiette du projet ". Aux termes de l'article 3.2.3 de ce règlement : " Bande d'accès ou servitude de passages / La bande d'accès et la servitude de passage correspondent à la portion de terrain permettant l'accès à un ou des terrains en second rang, qui ne sont pas desservies directement par une voie ou une emprise publique. Pour rendre constructibles les terrains concernés, elles doivent être dimensionnées pour permettre d'assurer la sécurité de leurs utilisateurs compte tenu notamment de la position de l'accès sur la voie, de sa configuration, ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. Elles doivent permettre l'approche du matériel de lutte contre l'incendie. Elles doivent recevoir un traitement adapté au caractère des lieux et de leur environnement, notamment paysagé, et peuvent être mutualisées. / Si ces bandes d'accès ou servitudes de passage existantes avant l'approbation du PLU 3.1 ne répondent pas à ces conditions, seules les extensions et/ou surélévations mesurées sont autorisées. / La constructibilité ou non d'un terrain desservi par une nouvelle bande d'accès ou servitude de passage est portée au plan de zonage ". Le plan de zonage prévoit que la constructibilité de la zone AU6-5 par une nouvelle bande d'accès est interdite.
26. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette est desservi par le chemin de Mélac, voie communale. Le terrain d'assiette est donc desservi directement par une voie publique existante, et non par l'intermédiaire d'une servitude de passage ou d'une portion de terrain permettant l'accès à des terrains de second rang. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet serait desservi par une nouvelle bande d'accès.
27. D'autre part, après division, chaque lot sera desservi par la voie interne au lotissement résultant du permis d'aménager, qui constitue une voirie à vocation relationnelle et de proximité et non une bande d'accès, dont il n'est pas contesté que sa configuration et sa largeur sont adaptés au conteste urbain et que ses caractéristiques techniques et paysagères sont adaptées à l'importance et à la nature du projet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 3 du règlement de la zone AU6 doit être écarté.
En ce qui concerne les conséquences dommageables pour l'environnement :
28. Aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Le projet peut n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si, par son importance, sa situation ou sa destination, il est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. Ces prescriptions spéciales tiennent compte, le cas échéant, des mesures mentionnées à l'article R. 181-43 du code de l'environnement ". Il résulte de ces dispositions qu'elles ne permettent pas à l'autorité administrative de refuser un permis de construire, mais seulement de l'accorder sous réserve du respect de prescriptions spéciales relevant de la police de l'urbanisme, telles que celles relatives à l'implantation ou aux caractéristiques des bâtiments et de leurs abords, si le projet de construction est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement.
29. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la noyeraie présente sur la parcelle présenterait un intérêt écologique et que son abattage partiel, qui d'ailleurs ne résulterait pas directement du permis d'aménager en litige mais des autorisations d'urbanisme individuelles délivrées ultérieurement, serait de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. Il en résulte que le moyen tiré de ce que le maire aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en n'assortissant pas son arrêté de prescriptions à cet égard doit être écarté.
30. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
31. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
32. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bouliac et de la société Andarc, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, les sommes que les requérants demandent au titre des frais qu'ils ont exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge des requérants une somme globale de 800 euros à verser à la commune de Bouliac et une somme globale de 800 euros à verser à la société Andarc sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : Les requérants verseront à la commune de Bouliac une somme globale de 800 euros et à la société Andarc une somme globale de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Domaine de la Vie, désignée représentant unique en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la société Andarc et à la commune de Bouliac.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pouget, président,
M. Josserand, conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2023.
Le rapporteur,
L. JOSSERANDLe président,
L. POUGET
La greffière,
M-A PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026