jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2201788 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | HASAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 mars 2022, M. A B, représenté par Me Hasan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 novembre 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre à titre principal à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours à compter du jugement à intervenir et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de convoquer la Commission du titre de séjour dans les mêmes conditions de délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le requête est recevable ;
- la décision attaquée est prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la préfète de la Gironde a commis une erreur de droit en ce que l'article R. 613-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne lui était pas applicable ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale car la préfète n'a pas envisagé sa réadmission en Italie ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 313-14 désormais codifié à l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un vice de procédure.
La préfète de la Gironde n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 31 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 1er juillet 2022.
La demande de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle a été rejeté par une décision du 31 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ferrari, président-rapporteur ;
- et les observations de Me Hasan, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain né le 9 juillet 1984, déclare être entré sur le territoire français en juin 2011 muni d'une carte résident longue durée-CE délivré par les autorités italiennes. Il a sollicité un titre de séjour le 23 novembre 2017 sur le fondement des articles L. 313-11°7 et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 6 août 2019, la préfète de la Gironde a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par un jugement du 27 décembre 2019, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé la décision fixant le pays de renvoi prise par la préfète. Le 28 octobre 2021 M. B a de nouveau sollicité un titre de séjour. Par un arrêté du 8 novembre 2021, la préfète de la Gironde a refusé sa demande. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 613-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé du caractère exécutoire de cette décision et de ce que la durée pendant laquelle il lui est interdit de revenir sur le territoire commence à courir à la date à laquelle il satisfait à son obligation de quitter le territoire français. / Il est également informé des conditions d'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français mentionnées à l'article R. 711-1, ainsi que des conditions dans lesquelles il peut justifier de sa sortie du territoire français conformément aux dispositions de l'article R. 711-2. ". Aux termes de l'article L. 613-7 du même code : " L'autorité administrative peut à tout moment abroger l'interdiction de retour. / Lorsque l'étranger sollicite l'abrogation de l'interdiction de retour, sa demande n'est recevable que s'il justifie résider hors de France. () ".
3. Si M. B s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire en dépit d'une décision portant obligation de quitter celui-ci, il ressort toutefois des pièces du dossier que la préfète de la Gironde a fondé la décision litigieuse sur la non-exécution d'une interdiction de retour sur le territoire français inexistante et notamment sur les dispositions de l'article R. 613-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par conséquent, M. B n'ayant pas fait l'objet d'une telle interdiction, la préfète de la Gironde, en fondant son refus sur les dispositions précitées, a commis une erreur de droit.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 432-13 : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / 2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L. 423-12, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / 3° Lorsqu'elle envisage de retirer le titre de séjour dans le cas prévu à l'article L. 423-19 ; / 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1. ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 435-1, qui reprend l'ancien article L. 313-14 de ce même code : " Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. "
5. M. B, qui soutient résider sur le territoire français depuis juin 2011, produit pour chaque année des pièces justifiant de sa présence en France. Eu égard à l'ensemble des documents fournis sur la période, et notamment des bulletins de salaires produit pour chaque année, M. B est fondé à soutenir que sa résidence habituelle est établie en France depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée. Par suite, la préfète de la Gironde ne pouvait rejeter sa demande d'admission exceptionnelle au séjour sans avoir préalablement consulté la commission du titre de séjour. Dès lors, en l'absence de saisine de cette commission, laquelle a privé le requérant d'une garantie, le moyen tiré du vice de procédure doit également être retenu.
6. Il résulte de ce qui précède que la décision du 8 novembre 2021 de la préfète de la Gironde doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard aux motifs d'annulation retenus, l'exécution du présent jugement implique seulement que la préfète de la Gironde examine à nouveau la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par M. B. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de la Gironde de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de saisir préalablement la commission du titre de séjour.
Sur les frais liés au litige :
8. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la préfète de la Gironde du 8 novembre 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de la Gironde de procéder au réexamen de la situation de M. B dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B, la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 19 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
-M. Ferrari, président,
-Mme Wohlschlegel première conseillère,
-Mme Fazi-Leblanc première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
Le président-rapporteur,
D. FERRARI
L'assesseure la plus ancienne,
E. WOHLSCHLEGEL
La greffière,
C. POTTIER
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui la concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2201788
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026