LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2202018

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2202018

mardi 19 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2202018
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5ème Chambre
Avocat requérantAUTEF

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 avril 2022, M. E représenté par Me Autef, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 décembre 2021 de la préfète de la Gironde lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, fixant le pays de destination et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français durant deux années ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut de procéder au réexamen de sa demande et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

3°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision de refus de séjour ;

- la décision est signée par une autorité incompétente ;

- la décision a été prise sur la base d'un avis irrégulier du collège de médecin de l'office français de l'intégration et de l'immigration (OFII).

- la décision méconnaît l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des

étrangers et du droit d'asile en ce que la préfète s'est sentie liée par l'avis du collège des médecins de l'OFII ;

- la décision révèle un défaut d'examen sérieux de sa demande ;

En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français ;

- l'illégalité de la décision de refus de séjour entraine l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français ;

- la préfète a méconnu l'article L.611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en son 9° en ce que son état de santé commande qu'il demeure en France ;

- la préfète a commis une erreur de droit en ce qu'il était encore sous obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination ;

- l'illégalité de la décision de refus de séjour et de la décision d'obligation de quitter le territoire français entrainent l'illégalité de la décision fixant le pays de destination ;

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour en France durant deux années ;

- l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français entraine l'illégalité de la décision d'interdiction de retour en France durant deux années ;

- la décision procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 mai 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 14 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 16 mai 2022 à 12 heures.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 février 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Béroujon, premier conseiller,

- et les observations de Me Autef représentant M. E.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant congolais né le 19 mars 1982, est entré irrégulièrement en France le 19 novembre 2019. Il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 19 février 2021, et le recours qu'il a formé contre cette décision a été rejeté par le tribunal administratif de Bordeaux le 28 avril 2021. Par la présente requête, il demande l'annulation de la décision du 8 décembre 2021 de la préfète de la Gironde lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, fixant le pays de destination et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français durant deux années.

Sur la décision de refus de séjour :

2. M. C B, signataire de la décision attaquée, chef du bureau de l'admission au séjour des étrangers, disposait par arrêté 5 mai 2021 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs n° 33-2021-086 de la préfecture, d'une délégation de signature de la préfète de la Gironde pour signer les décisions prises sur le fondement des articles prévues aux livres II, IV, VI, VII et VIII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, parmi lesquelles figure la décision en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée ne peut qu'être écarté.

3. Aux termes de l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée () ". Aux termes de l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport () ". Enfin, l'article 6 de ce même arrêté dispose que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis () Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ". La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi allant dans le sens de ses conclusions. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

4. La préfète de la Gironde a produit l'avis du collège des médecins de l'OFII du 23 septembre 2021. Si le requérant soutient que cet avis est irrégulier, il n'indique pas en quoi. Le moyen doit être écarté.

5. Il ressort des pièces du dossier que la préfète ne s'est pas sentie liée par l'avis du collège des médecins de l'OFII.

6. La décision mentionne l'avis du collège de médecins de l'OFII selon lequel le défaut de traitement de la pathologie du requérant ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité, rappelle sa situation personnelle, notamment la présence de ses trois enfants mineurs au A où il a vécu jusqu'à l'âge de 37 ans. Elle révèle ainsi un examen sérieux de sa demande.

7. Il ressort des pièces du dossier que le défaut de défaut de traitement de la pathologie du requérant ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il s'ensuit que les considérations relatives à l'impossibilité de suivre des soins adéquats au A sont inopérantes.

Sur la décision d'obligation de quitter le territoire français :

8. Les conclusions d'annulation de la décision de refus de séjour sont rejetées. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision doit être écarté.

9. Si le requérant soutient que la préfète a méconnu l'article L.611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en son 9° en ce que son état de santé commande qu'il demeure en France, il ne l'établit pas par sa seule allégation.

10. Aucune règle ni aucun principe ne font obstacle à ce que la préfète assortisse le refus de séjour du requérant d'une obligation de quitter le territoire français, alors même qu'il a déjà fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 19 février 2021.

Sur la décision fixant le pays de destination ;

11. Les conclusions d'annulation de la décision de refus de séjour et de la décision d'obligation de quitter le territoire français sont rejetées. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de ces décisions doit être écarté.

12. Le requérant n'ayant pas établi le risque d'un défaut de traitement dans son pays d'origine, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination mettrait sa vie en danger en ce qu'il ne pourrait y suivre de traitement médical doit être écarté.

Sur la décision d'interdiction de retour en France durant deux années ;

13. Les conclusions d'annulation de la décision d'obligation de quitter le territoire français sont rejetées. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision doit être écarté.

14. Il ressort des pièces du dossier que le requérant est entré irrégulièrement en France le 19 novembre 2019. Il s'y maintient en situation irrégulière et a refusé d'exécuter une obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 19 février 2021, son recours contre cette décision ayant été rejeté par une décision du tribunal administratif de Bordeaux le 28 avril 2021. Il est démuni de ressources et d'attaches familiales en France alors que ses trois enfants mineurs vivent au A où il a vécu jusqu'à l'âge de 37 ans. Dans ces conditions, la préfète n'a commis aucune erreur d'appréciation en prononçant à son encontre une interdiction de retour en France durant deux années.

15. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions d'annulation doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que les conclusions d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais de justice.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D E et à la préfète de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Pauziès, président,

M. Béroujon, premier conseiller,

Mme Molina-Andréo, première conseillère,

Rendu public après mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.

Le rapporteur,

F. BÉROUJON Le président,

J-C. PAUZIÈS

La greffière,

L. SIXDENIERS

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions