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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2202029

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2202029

mercredi 22 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2202029
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSCP DELAVALLADE - RAIMBAULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 avril 2022 et le 24 juin 2022, Mme C B, représentée par Me Delavallade, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2022 par lequel la maire de la commune de Lanton a accordé un permis de construire à la société Kena ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Lanton la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;

- le dossier de permis de construire est incomplet et méconnait les articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait l'article 3.1 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme de la commune de Lanton ;

- il méconnait l'article 3.2 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme de la commune de Lanton ;

- il méconnait les articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait l'article 10 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme de la commune de Lanton ;

- le permis de construire présente un caractère frauduleux car la société Kena a présenté une demande sur une parcelle unique alors que celle-ci a fait l'objet d'une division parcellaire, en vue d'échapper aux règles d'urbanisme régissant les lotissements.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 juin 2022, la commune de Lanton, représentée par le cabinet d'avocats Cazcarra et Jeanneau avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 avril 2022, la société Kena, représentée par Me Chambord, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Par une ordonnance du 27 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 27 juillet 2022.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance n° 2202030 du 3 mai 2022 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux a suspendu l'exécution du permis de construire.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public,

- les observations de Me Chapenoire, représentant Mme B,

- et les observations de Me Cordier-Amour, représentant la commune de Lanton.

Considérant ce qui suit :

1. Le 19 novembre 2021, la société Kena a déposé une demande de permis de construire pour l'édification de trois maisons d'habitation et d'une piscine sur un terrain situé 10 allée de Marsalat à Lanton, sur la parcelle cadastrée section BR n° 254. Par un arrêté du 25 janvier 2022, la maire de la commune de Lanton a fait droit à cette demande. Le 23 mars 2022, Mme B a exercé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, qui a donné naissance à une décision implicite de rejet.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté du 10 juillet 2020, régulièrement publié et transmis à l'autorité préfectorale, le maire de la commune de Lanton a consenti à M. Damien Belloc, conseiller municipal, une délégation de fonction en urbanisme, et notamment pour mettre en œuvre la politique communale liée au droit des sols. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 25 janvier 2022 doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; () / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ". Et aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".

4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la notice descriptive du projet présente avec suffisamment de précision l'état initial du terrain et le projet. Elle précise notamment que l'environnement proche de ce projet est essentiellement composé d'habitations, ajoute qu'on trouve une végétation moyenne sur le pourtour du terrain et qu'il comprend notamment de nombreux arbres et arbuste. Elle indique aussi que les constructions seront composées de matériaux traditionnels avant d'énumérer les caractéristiques des différents bâtiments. La notice est également accompagnée d'un plan de situation et d'une vue aérienne qui permettent de visualiser les abords du terrain et les constructions avoisinantes. En outre, les deux plans de masse font état de l'ensemble des dimensions des constructions projetées ainsi que des diverses voies et accès, et décrivent les espaces libres, qui seront traités en espace vert planté, figurant la végétation à planter, à conserver ou à supprimer. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme doit être écarté.

6. D'autre part, le dossier de permis de construire comporte sept documents graphiques qui, accompagnés des autres documents évoqués au point précédent, permettent situer le projet et d'apprécier l'intégration dans son environnement, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être également écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 3.1 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme de la commune de Lanton : " Les accès doivent être adaptés à la destination et à l'importance de l'opération qu'ils desservent. Ils doivent être aménagés de façon à apporter la moindre gêne à la circulation publique. / Lorsque le terrain est riverain de deux ou plusieurs voies, les accès doivent, sauf impossibilité technique, s'effectuer à partir de la voie présentant le moindre risque pour la circulation générale. / Les accès ou bandes de desserte desservant plus d'un logement doivent avoir une largeur minimale d'emprise de 6 mètres, incluant une chaussée de 3,50 mètres, sur toute leur longueur. / Les accès en impasse doivent desservir moins de 10 logements, ne pas excéder 50m de long et comporter un dispositif de retournement dans leur partie terminale (schémas techniques en Annexe). ". L'article 6.5 du règlement du même plan local d'urbanisme dispose : " Sont considérés comme accès, les passages non ouverts à la circulation publique qui permettent la liaison automobile entre un terrain et la voie ou le cas échéant l'emprise publique qui le dessert ". L'article 6.6 du même règlement définit quant à lui l'emprise de la façon suivante : " L'emprise, ou plateforme, d'une voie se compose de la chaussée, ainsi que des trottoirs ou accotements et le cas échéant des espaces dédiés à la circulation des cycles ou à la collecte des eaux pluviales qui la borde. ".

8. Pour l'application de ces dispositions, constitue une bande d'accès une portion de terrain, distincte du terrain d'assiette du projet, permettant l'accès à ce terrain d'assiette depuis une voie publique ou une voie privée ouverte à la circulation publique, ou encore depuis une emprise publique.

9. En l'espèce, il ressort d'abord des pièces du dossier, et en particulier du plan de masse joint à la demande de permis de construire, que l'emprise de l'accès au terrain d'assiette, laquelle se compose non seulement de la chaussée mais également des accotements, contrairement à ce que soutient la requérante, présente une largeur minimale d'emprise de 6 mètres, conformément aux dispositions précitées. Ensuite, Mme B n'établit pas, par la seule production de schémas annotés par ses propres soins, que la chaussée au niveau de cet accès serait inférieure à 3,50 mètres alors qu'au contraire, il ressort des pièces du dossier que l'enlèvement prévu des piliers du portail existant permettra à l'accès de disposer d'une chaussée supérieure à 5,54 mètres de largeur. Par ailleurs, si la requérante soutient que la voie reliant l'accès sur l'allée Marsalat aux maisons projetées excédera 50 mètres de long, sera d'une largeur d'emprise inférieure à 6 mètres et ne comportera pas de dispositif de retournement, cette voie située sur le terrain d'assiette du projet est une voie interne et non une bande d'accès relevant des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article 3.3.1, lesquelles ne peuvent dès lors être utilement invoquées en ce qui la concerne. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3.3.1 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme de la commune de Lanton doit être écarté.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3.2 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme de la commune de Lanton : " Les terrains doivent être desservis par des voies publiques ou privées qui répondent à l'importance et à la destination des constructions qu'ils accueillent. Les caractéristiques de ces voies doivent permettre la circulation des engins de lutte contre l'incendie (schémas techniques en Annexe) et de collecte des déchets ménagers. () ".

11. La requérante ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions ni à l'égard de la voie interne, qui ne constitue pas une voie de desserte au sens et pour l'application des dispositions précitées, ni à l'égard de l'allée Marsalat dès lors qu'elles sont uniquement applicables aux voies nouvelles. En tout état de cause, s'agissant de l'allée Marsalat qui dessert le terrain d'assiette du projet, les requérants n'établissent pas en quoi elle ne répondrait pas à l'importance et à la destination des constructions projetées, qui sont au nombre de trois, ou ne permettrait pas la circulation des engins de lutte contre l'incendie et de collecte des déchets ménagers, alors que cette allée est à sens unique et qu'il ressort des différentes vues disponibles sur le site internet Google Maps, qu'elle est en bon état et dispose d'accotements conséquents lui conférant une largeur de 4,5 mètres suffisante pour le passage de véhicules aux dimensions importantes. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3.2 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme de la commune de Lanton doit être écarté.

12. En cinquième lieu, aux termes de l'article 13 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme de la commune de Lanton : " Les espaces libres de toute construction, et non affectés aux circulations ou aux stationnements, doivent être aménagés, entretenus en espaces verts et plantés, sauf en cas de contraintes fonctionnelles propres au projet. Les aires de stationnement de plus de 100 m² seront plantées à raison d'1 arbre de haute tige pour 4 places de stationnement. () ".

13. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du plan de masse, que les espaces libres de toute construction seront traités en espaces verts plantés. Le projet prévoit la conservation de 12 arbres ainsi que le remplacement des 8 arbres à abattre, conformément aux dispositions précitées et, alors que ces dispositions n'imposent pas la présence d'un nombre déterminé d'arbres, la circonstance que des arbres aient été abattus dans le cadre de l'exécution du permis de construire est en tout état de cause sans incidence sur la légalité de l'autorisation délivrée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 13 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme de la commune de Lanton doit être écarté.

14. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Et aux termes de l'article R. 111-5 du même code : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. ".

15. Ainsi qu'il a été dit au point 11 et pour les mêmes motifs, alors qu'au demeurant l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme n'est pas applicable en l'espèce dès lors que la commune de Lanton est couverte par un plan local d'urbanisme, la requérante ne démontre pas en quoi le projet litigieux porterait atteinte à la sécurité publique, et notamment à la sécurité des usagers de l'allée Marsalat, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

16. En septième lieu, aux termes de l'article 10 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme de la commune de Lanton : " Dans toutes les zones, la hauteur maximale des autres constructions situées en limite séparative et dans la bande de 3 mètres depuis la limite séparative, ne peut excéder : / - 3 mètres au point haut de l'acrotère, /- 3,50 mètres au faitage. / En zone UC et UCp la hauteur maximale des constructions, mesurée selon les dispositions indiquées dans les Dispositions générales, ne peut excéder : / - 5 mètres au point haut de l'acrotère, / - 8 mètres au faitage. ". L'article 6.15 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Lanton définit l'acrotère ainsi : " Muret en parti sommitale de la façade, situé au-dessus d'une toiture terrasse et comportant le relevé d'étanchéité. ". L'article 6.16 du même règlement définit quant à lui le faitage comme un " Ouvrage en partie haute d'un toit en pente, où se rencontre les versants de la toiture. ".

17. D'une part, la requérante ne peut utilement faire valoir que les maisons M1 et M2 du projet ne respectent pas la hauteur maximale des constructions au point haut de l'acrotère alors qu'il ressort des pièces du dossier que les maisons en cause n'ont pas de toiture terrasse mais un toit en pente disposant d'un faitage. En tout état de cause, il ressort du plan de masse que la hauteur maximale des constructions n'excède pas 8 mètres au faitage.

18. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce que soutient la requérante, ni la maison M1 ni la maison M2 ne se situent dans la bande de 3 mètres depuis la limite séparative. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 10 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme doit être écarté en toutes ses branches.

19. En huitième et dernier lieu, la fraude est caractérisée lorsqu'il ressort des pièces du dossier que le demandeur a eu l'intention de tromper l'administration pour obtenir une décision indue. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.

20. Il ressort des pièces du dossier que, d'une part, la société pétitionnaire a vendu une partie du terrain d'assiette du projet, la parcelle cadastrée BR 254, par acte notarié du 20 janvier 2022. Elle n'en a pas fait la déclaration à la commune de Lanton alors que le document modificatif du parcellaire avait été dressé par géomètre expert après bornage le 15 novembre 2022 et déposé au service de la publicité foncière le 17 novembre 2022, avant-veille du dépôt du dossier de permis de construire. D'autre part, la parcelle a été divisée en un lot " a " cadastré BR 434, un lot " b " cadastré BR 433 et un lot " c " cadastré BR 435. Le lot " b ", déjà bâti, a été cédé par la société Kena, de même qu'à titre indivis un quart du lot " a " constituant, selon l'acte de vente du 20 janvier 2022, le chemin d'accès. Le lot " c ", devant supporter les constructions prévues par le permis de construire, est demeuré sa propriété à la date de la décision attaquée. Cette opération d'aménagement ayant pour effet la division d'une propriété foncière en lots dont l'un au moins est destiné à être bâti constitue un lotissement, au sens des articles L. 442-1 et R*. 442-1 du code de l'urbanisme, quand bien même aucun bâtiment supplémentaire ne serait implanté sur la partie cédée. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la société Kena a procédé à des manœuvres intentionnelles de manière à échapper à l'application de la procédure de permis d'aménager ou de déclaration préalable d'un lotissement et caractérisant ainsi une fraude est fondé.

21. Il résulte de ce qui a été dit au point 20 que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Lanton du 25 janvier 2022.

Sur les frais liés au litige :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes que demandent la commune de Lanton et la société Kena au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Lanton et de la société Kena la somme de 800 euros chacune au bénéfice de Mme B sur le fondement des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 25 janvier 2022 est annulé.

Article 2 : La commune de Lanton et la société Kena verseront chacune la somme de 800 euros à Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à la commune de Lanton et à la société Kena.

Délibéré après l'audience du 8 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pouget, président,

M. Josserand, conseiller,

M. Frézet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2023.

Le rapporteur,

C. FREZET

Le président,

L. POUGET La greffière,

M.-A. PRADAL

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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