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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2202171

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2202171

mercredi 21 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2202171
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSAMB TOSCO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 avril 2022, complétée par un mémoire enregistré le 20 mai 2022, Mme H B épouse F, représentée par Me Samb Toco, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant deux ans ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de procéder au réexamen de sa situation et de la mettre, dans l'attente, en possession d'une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

- l'autorité administrative signataire de l'acte était incompétente.

En ce qui concerne le refus de séjour :

- cette décision a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que l'avis du collège de médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) n'a pas été rendu au terme d'un débat collégial ; que l'existence d'un rapport médical et la date de sa transmission au collège de médecin ne sont pas établies ; il n'est pas démontré que le médecin rapporteur n'est pas au nombre de ceux ayant composé le collège ;

- cette décision méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que son état de santé nécessite une prise en charge médicale ;

- la préfète de la Gironde s'est estimée liée par l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII ;

- elle a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;

- cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'illégalité du refus de séjour prive cette décision de toute base légale.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prive cette décision de toute base légale.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la préfète de la Gironde a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;

- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prive cette décision de toute base légale.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 mai 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir, à titre principal que la requête est irrecevable, et, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 janvier 2022.

Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Zuccarello, présidente, a été entendu au cours de l'audience publique.:

Considérant ce qui suit :

1. Mme F, ressortissante albanaise née le 20 avril 1980, est entrée sur le territoire français le 14 janvier 2019. Par deux décisions des 17 juillet 2019 et 12 avril 2021, la préfète de Lot-et-Garonne puis la préfète de la Gironde, constatant le séjour irrégulier de l'intéressée sur le territoire français, l'ont obligée à quitter le territoire français, dans un délai de trente jours. Le 14 juin 2021, Mme F a demandé le bénéfice d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " en tant que ressortissante étrangère malade. Après avoir saisi pour avis le collège de médecins de l'OFII, la préfète de la Gironde a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant deux ans. Mme F demande l'annulation de cet arrêté du 8 décembre 2021.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

2. M. G D, chef de bureau de l'admission au séjour des étrangers, signataire de l'arrêté attaqué, disposait par arrêté 26 août 2021 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, d'une délégation de signature de la préfète de la Gironde en l'absence de M. A du Payrat, de M. I, de Mme C, de M. E et de Mme J pour signer les décisions prises sur le fondement des articles prévues aux livres II, IV, VI, VII et VIII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, parmi lesquelles figurent les décisions en litige. Il n'est pas établi ni même allégué que ces agents n'auraient pas été absents ou empêchés le jour de la signature de l'arrêté contesté. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le refus de séjour :

3. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État ".

4. Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé ". Selon l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / () ". Enfin, il résulte de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 que : " L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".

5. En premier lieu, pour refuser de délivrer un titre de séjour en tant d'étranger malade à Mme F, la préfète de la Gironde, faisant application de la procédure décrite par les dispositions précitées, a sollicité l'avis du collège des médecins de l'OFII sur son état de santé. Le bordereau de transmission, produit en défense, mentionne que ledit avis a été émis, après délibération, le 30 septembre 2021 sur la base du rapport médical établi le 22 septembre 2021 et transmis le même jour au collège des médecins de l'OFII, au sein duquel le médecin rapporteur n'a pas siégé. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit, en toutes ses branches, être écarté.

6. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la préfète de la Gironde a refusé d'admettre Mme F au séjour au motif, notamment, que le collège de médecins de l'OFII avait estimé que si l'état de santé de la requérante nécessitait une prise en charge médicale, le défaut de traitement ne devrait pas entrainer de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Si Mme F produit un certificat médical établit le 11 mars 2022 par un médecin psychiatre exerçant au sein du centre hospitalier Charles Perrens, ce dernier se borne à indiquer que l'intéressée est régulièrement suivie depuis le mois de mai 2020, et à désigner les médicaments qui lui sont administrés, sans se prononcer sur la réalité et la gravité des risques que Mme F encourrait en cas de cessation de son traitement. Dans ces conditions, la préfète de la Gironde, qui n'était pas tenue de se prononcer sur la disponibilité du traitement médical en Albanie, n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de la Gironde, qui s'est appropriée les termes de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 30 septembre 2021, se serait estimée en situation de compétence liée pour prendre la décision attaquée. Par suite, ce moyen doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. Mme F se prévaut de sa présence en France depuis 14 janvier 2019, et de la présence sur le territoire français de son époux et de leurs quatre enfants mineurs. Il ressort cependant des pièces du dossier, que la requérante se maintient en situation irrégulière sur le territoire dès lors qu'elle s'est abstenue d'exécuter deux mesures d'éloignements prononcées par la préfète de Lot-et-Garonne et par la préfète de la Gironde les 17 juillet 2019 et le 12 avril 2021. De même, elle ne peut se prévaloir de la présence de son époux, alors qu'il ressort des pièces du dossier que sa demande tendant au réexamen de son droit à l'asile a été déclarée irrecevable le 7 mars 2022 par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides et qu'il a lui-même fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 17 décembre 2019, dont la légalité a été confirmée par le tribunal et par la cour administrative d'appel de Bordeaux le 21 avril 2021 en dernier lieu. En outre, si la requérante se prévaut de la présence de ses enfants sur le territoire français, rien ne fait obstacle à ce qu'ils retournent avec leurs parents en Albanie, où la cellule familiale pourra se reconstruire. Enfin, il ressort des pièces du dossier que Mme F n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine, où réside notamment sa mère, et où elle a elle-même vécu la majeure partie de son existence. Dans ces conditions, la décision attaquée ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la préfète de la Gironde n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de l'intéressée.

10. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision portant refus de séjour, laquelle ne se prononce pas sur le pays de destination de l'intéressée.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

11. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme F n'est pas fondée à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision portant refus de séjour à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

12. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, la préfète de la Gironde n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale, tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en l'obligeant à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

13. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme F n'est pas fondée à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision portant refus de séjour à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi.

14. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

15. Si Mme F soutient qu'un retour en Albanie la soumettrait au risque de subir des traitements prohibés par les stipulations citées au point précédent dès lors qu'elle ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le défaut de traitement ne devrait pas entrainer de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa santé. En outre, si elle indique que les frères de son époux se sont opposés à son mariage, et qu'ils ont proféré des menaces à son encontre, elle n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité de ses allégations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme F n'est pas fondée à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision portant refus de séjour à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision lui interdisant de retourner sur le territoire français pendant deux ans.

17. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

18. Pour prendre la décision contestée, la préfète de la Gironde s'est fondée sur la circonstance que si la présence de Mme F ne constituait pas une menace pour l'ordre public, elle se maintenait toutefois en France en situation irrégulière malgré le rejet de ses deux demandes d'asiles et la notification de deux précédentes mesures d'éloignement qu'elle s'est abstenue de respecter. Il apparaît en outre qu'elle ne peut prétendre à l'existence de liens familiaux en France, alors que son époux, également en situation irrégulière, n'a pas vocation à demeurer sur le territoire français suite au rejet, au mois d'avril 2022, de sa demande tendant au réexamen de sa demande d'asile, et que les enfants du couple pourront retourner dans leur pays d'origine en compagnie de leurs deux parents. En outre, et ainsi qu'il a été dit, il n'est pas établi par les pièces du dossier qu'elle pourrait être persécutée par sa famille et celle de son époux, si elle retournait en Albanie. Ainsi, la préfète de la Gironde n'a pas commis d'erreur dans l'appréciation de la situation de la requérante, en lui interdisant de retourner en France pendant deux ans.

19. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, que Mme F n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 8 décembre 2021.

Sur les autres conclusions :

20. Dès lors que le présent jugement rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme F, ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance ne peuvent qu'être également rejetées.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme K, épouse F et à la préfète de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Zuccarello, présidente,

Mme de Paz, première conseillère,

Mme Denys, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2022.

La présidente-rapporteure,

F. ZUCCARELLO

L'assesseure la plus ancienne,

D. DE PAZ

La greffière,

I. MONTANGON

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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