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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2202216

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2202216

jeudi 21 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2202216
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème chambre
Avocat requérantHUGON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des pièces et un mémoire enregistrés les 17 avril, 7 mai et 14 juin 2022, M. A B, représenté par Me Lucile Hugon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné à défaut de se conformer à ladite obligation ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros hors taxes, soit 1 813 euros toutes taxes et frais de plaidoiries compris, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'ayant produit des éléments relatifs à son état civil, sa demande était recevable ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L.242-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'en lui délivrant un récépissé en mai 2019 renouvelé dernièrement jusqu'en octobre 2021, la préfète de la Gironde a jugé sa requête recevable et a accepté de l'instruire ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que son identité est établie par les documents d'état civil produits, qu'un rapport défavorable de la police aux frontières ne suffit pas à remettre en cause la présomption d'authenticité posée par l'article 47 du code civil ; les deux jugements supplétifs d'acte de naissance ont été annulés par jugements des 17 février et 22 avril 2022 ; il justifie ainsi de son état civil par la production de son extrait d'acte de naissance originel ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize et dix-huit ans, justifie suivre depuis plus de six mois une formation professionnelle, bénéficie d'un avis positif de la structure qui le prend en charge et n'a pas gardé de liens avec sa sœur restée en Guinée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation dès lors qu'il n'est pas fait mention de sa scolarité et de son insertion professionnelle en France ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, eu égard à son ancienneté de séjour en France et à son intégration ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est dépourvue de base légale, étant fondée sur un refus de titre de séjour lui-même illégal ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, eu égard aux motifs précités ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est dépourvue de base légale, étant fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 avril 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable car tardive ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. B a produit une pièce qui a été enregistrée le 27 juin 2022 mais n'a pas été communiquée.

Par une décision du 2 novembre 2021, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et son décret d'application ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- et les observations de Me Hugon, représentant M. B, présent,

- la préfète de la Gironde n'étant ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant guinéen, déclare être né le 1er août 2001 et être entré en France à la fin de l'année 2017. Il a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance du département de la Gironde et a bénéficié d'une ordonnance provisoire de placement le 21 novembre 2017. M. B a ensuite bénéficié d'un contrat jeune majeur avec le département de la Gironde. L'intéressé a sollicité son admission au séjour, le 25 avril 2019, sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-15, alors en vigueur, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile désormais codifiées à l'article L. 435-3 du même code. Par un arrêté du 13 septembre 2021, dont il demande l'annulation, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il serait éloigné à défaut de se conformer à ladite obligation.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Il ressort des pièces du dossier que M. B a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 1er octobre 2021, soit dans le délai de recours contentieux à l'encontre de l'arrêté du 13 septembre 2021. Il a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 novembre 2021. Toutefois, en l'absence de certitude quant à la date de notification de cette décision qui a été effectuée par lettre simple, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requête, enregistrée le 17 avril 2022, soit tardive. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la préfète de la Gironde doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. Aux termes des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. () ". Aux termes de l'article L. 811-2 de ce code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil. ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil () des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. ".

4. La force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.

5. Pour établir sa naissance le 1er août 2001 et, partant, son état de minorité lors de sa prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance, M. B a produit au soutien de sa demande de titre de séjour une copie d'un jugement supplétif n°11479 du 13 octobre 2017, un second jugement supplétif n°178 du 3 janvier 2020 ainsi que sa transcription. Pour contester l'authenticité de ces documents, la préfète de la Gironde s'est fondée sur l'étude des documents par le référent fraude de la préfecture qui conclut que ceux-ci présentent de " nombreuses anomalies de forme et de fond, notamment que la présentation de deux jugements supplétifs rendus à des dates différentes signifient que la naissance de l'intéressé a été déclarée deux fois, ce qui est impossible et contraire à toute loi " et qu'ils doivent donc être considérés comme apocryphes. Par ailleurs, il ressort du courrier de signalement du 8 mars 2021 adressé par la préfète de la Gironde à la procureure de la République que, concernant le jugement supplétif n°11479 du 13 octobre 2017, d'une part, il n'est pas indiqué la filiation de la personne ayant sollicité le jugement supplétif en faveur de l'intéressé en méconnaissance de l'article 209 du code civil guinéen, ni davantage les noms, prénoms, âge, professions et domiciles des parents, en méconnaissance de l'article 175 du même code et d'autre part, la requête a été déposée le 13 octobre 2017, soit le même jour que le jugement, ce qui rend l'enquête préliminaire d'instruction de la demande impossible et le jugement apocryphe. En outre, concernant le jugement supplétif n°178 du 3 janvier 2020, il ressort de ce même courrier que ce jugement est en contradiction avec le premier jugement précité, dès lors que la naissance de l'intéressé aurait été déclarée deux fois à deux dates différentes et que la requête en jugement supplétif a été déposée par un tiers, sans que sa filiation ne soit renseignée et alors que le requérant était à cette date majeur, en méconnaissance de l'article 209 du code civil. Il est également fait état de la méconnaissance de l'article 175 du code civil et du dépôt de la requête le 3 janvier 2020, soit le même jour que le jugement, ce qui rend l'enquête préliminaire d'instruction de la demande impossible. Enfin, il ressort également de ce courrier adressé à la procureur de la République que la comparaison des deux jugements supplétifs de 2017 et 2020 laisse apparaître que les témoins guinées majeurs entendus sont les mêmes personnes âgées de 42 et 35 ans que ce soit en 2017 ou 2020. Ainsi, les jugements supplétifs de 2017 et 2020 ainsi que la transcription de ce dernier jugement ont alors été déclarés apocryphes.

6. Toutefois, pour contester ces conclusions, M. B, d'une part, produit un extrait d'acte de naissance et d'autre part, soutient que ses deux jugements supplétifs ont un caractère purement superfétatoire et contradictoire et qu'il a saisi un avocat à Conakry afin de faire procéder à leur annulation. En effet, par la production d'échanges de mails, M. B justifie avoir saisi un avocat à Conakry dès le mois de janvier 2022 afin que ce dernier entame les démarches pour procéder à l'annulation des jugements supplétifs précités. A ce titre, il produit un jugement du 17 février 2022 du tribunal de première instance de Kaloum qui " rétracte le jugement supplétif n°178 tenant lieu d'acte de naissance à Aly B délivré le 3 janvier 2020 par le tribunal de première instance de Kaloum. Dit et juge que ce jugement est de nul effet ; Annule l'acte de transcription en date du 14 janvier 2020 ". Il produit également un jugement du 21 avril 2022 du tribunal de première instance de Conakry 3 qui " annule le jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance n°11479 du 13 octobre 2017 rendu par le tribunal de première instance de ce siège () ; dit et juge l'extrait d'acte de naissance n°178 feuillet n°15 registre n°08 du 10 août 2001 lui tient lieu d'acte de naissance ". S'il produit enfin un jugement du 21 octobre 2021, par lequel le tribunal de première instance de Conakry 3 avait annulé ce jugement supplétif n°11479, il admet que ce jugement est frauduleux et qu'il est antérieur aux démarches qu'il a engagées avec son avocate dès janvier 2022. Ainsi, il ressort des pièces du dossier que les deux jugements supplétifs des 13 octobre 2017 et 3 janvier 2020 ont été annulés et M. B produit, dans le cadre de la présente instance, un extrait d'acte de naissance, qui n'est quant à lui, pas contesté en défense. Dans ces conditions, la préfète de la Gironde ne pouvait légalement rejeter la demande de titre de séjour de M. B présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au motif qu'il ne justifiait pas de son état civil.

7. En second lieu, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".

8. Lorsqu'il examine une demande de titre de séjour portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", présentée sur le fondement de ces dispositions dans le cadre de l'admission exceptionnelle au séjour, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public, qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et dix-huit ans et qu'il justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle. Disposant d'un large pouvoir d'appréciation, il doit ensuite prendre en compte la situation de l'intéressé appréciée de façon globale au regard notamment du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Il appartient au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'il a portée.

9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B, qui est né le 1er août 2001, est entré en France en fin d'année 2017, a été accueilli préventivement par le service de l'aide sociale à l'enfance (ASE) du Gers le 7 novembre 2017 et a bénéficié d'une ordonnance provisoire de placement le 21 novembre 2017, soit entre ses seize et dix-huit ans. M. B a sollicité, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, il justifie avoir obtenu un BEP " métiers de l'électricité et de ses environnements connectés " le 9 octobre 2020 et un baccalauréat professionnel " spécialité métiers de l'électricité et de ses environnements connectés " le 18 octobre 2021. Il justifie également d'une inscription pour l'année 2021-2022 en BTS " ELEC " au lycée Gustave Eiffel de Bordeaux, dans le cadre de son contrat d'apprentissage signé avec l'entreprise CME SUD-OUEST, contrat qui mentionne une formation du 13 septembre 2021 au 8 juillet 2023. En outre, il donne entière satisfaction dans son travail, aux termes de l'attestation de son employeur du 6 octobre 2021, lequel s'engage à lui proposer un contrat à durée indéterminée à l'issu de sa formation. L'avis de la structure d'accueil " CAMINA " du 4 mai 2022, indique également que M. B, compétent, agréable et respectueux, fait preuve d'abnégation pour poursuivre ses études en voie initiale dans le domaine de l'électricité et a envie de s'intégrer et de s'investir pleinement dans la société française, tout comme l'attestation de Mme C, qui l'accueillait les fins de semaine et vacances scolaires. Enfin, seule sa sœur, avec laquelle il n'a plus de lien, réside dans son pays d'origine. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, la préfète de la Gironde a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. Il résulte de ce qui précède que le refus de séjour en date du 13 septembre 2021, et par voie de conséquence, l'obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et la décision fixant le pays à destination doivent être annulés.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

11. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de la Gironde de délivrer à M. B un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, un récépissé l'autorisant à travailler. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais de justice :

12. M. B s'est vu accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Hugon, avocate de M. B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de renonciation de sa part à percevoir la part contributive de l'Etat.

D E C I D E :

Article 1 : L'arrêté du 13 septembre 2021 de la préfète de la Gironde est annulé.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète de la Gironde de délivrer à M. B un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de lui délivrer dans l'attente un récépissé l'autorisant à travailler.

Article 3 : L'Etat versera à Me Hugon, avocate de M. B, la somme de 1 200 (mille deux cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de renonciation de sa part à percevoir la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Lucile Hugon et à la préfète de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Billet-Ydier, présidente,

Mme Lahitte, conseillère,

M. Bongrain, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 202La rapporteure

A. D

La présidente

F. BILLET-YDIER

La greffière,

C. SCHIANO

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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