mercredi 21 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2202235 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SAINT-MARTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 avril 2022, complétée par un mémoire enregistré le 31 mai 2022, M. B A, représenté par Me Saint-Martin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses conclusions :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de le mettre, dans l'attente, en possession d'une autorisation provisoire de séjour et de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
- l'autorité administrative signataire de l'acte était incompétente ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- la préfète de la Gironde a méconnu son droit d'être entendu, tel que garanti par les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux ;
- la préfète de la Gironde n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation.
En ce qui concerne le refus de séjour :
- cette décision méconnaît les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant, tel que garanti par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prive cette décision de toute base légale ;
- cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 mai 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir, à titre principal que la requête est irrecevable et, à titre subsidiaire qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 mai 2022.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zuccarello, présidente,
- les conclusions de Mme Jaouën, rapporteure publique,
- et les observations de Me Saint-Martin pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né le 26 octobre 1990, est entré sur le territoire français au mois de juin 2015. Un premier titre de séjour, mention " vie privée et familiale ", lui a été remis du 1er février 2017 au 26 février 2019. Le 17 janvier 2019, M. A a demandé un changement de statut, afin d'obtenir un titre de séjour en tant que parent d'un enfant français. Par un arrêté du 14 octobre 2021, la préfète de la Gironde a cependant rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A demande l'annulation de ces décisions.
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Selon l'article L. 614-4 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée du 14 octobre 2021, a été notifiée à M. A le 20 octobre 2021 et mentionnait à tort la possibilité d'exercer, à compter de cette date, un recours contentieux dans un délai de quinze jours, au lieu et place du délai légal de 30 jours résultant des dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, la circonstance que l'administration ait indiqué dans la décision notifiée à M. A le délai de 15 jours en lieu et place du délai de 30 jours dont il pouvait disposer est sans incidence sur la computation dudit délai de recours de 30 jours. M. A ne conteste pas que la décision contestée lui a été notifiée le 20 octobre 2021 et que sa requête introductive d'instance a été enregistrée au greffe du tribunal administratif huit mois plus tard, le 19 avril 2022, soit au-delà du délai de 30 jours qui lui était imparti. En outre, et ainsi que le mentionnait la décision attaquée, la circonstance qu'il a formé un recours gracieux devant la préfète, n'a pas eu pour effet de proroger le délai de recours. Par suite, la requête de M. A est tardive et irrecevable ainsi que le fait valoir la préfète de la Gironde en défense et si le requérant soutient qu'il remplit les conditions pour obtenir le titre de séjour qu'il sollicite, il lui est loisible de déposer une nouvelle demande en ce sens. Par conséquent, il y a lieu de rejeter la requête de M. A, qui est tardive, y compris sa demande au titre des frais liés à l'instance.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Zuccarello, présidente,
Mme de Paz, première conseillère,
Mme Denys, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2022.
La présidente-rapporteure,
F. ZUCCARELLO
L'assesseure la plus ancienne,
D. DE PAZ
La greffière,
I. MONTANGON
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026