mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2202672 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge social |
| Avocat requérant | CABINET MALEVILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 13 mai et 12 septembre 2022 et 23 mars 2023, M.B, représenté par Me Bourdeix, demande au tribunal, dans ses dernières écritures :
1°) d'annuler la décision du 21 décembre 2021 par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées a refusé de lui délivrer une carte mobilité inclusion, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux née le 13 mars 2022 ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au président du conseil départemental de la Dordogne de lui délivrer une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement " sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au président du conseil départemental de la Dordogne de réexaminer sa demande sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge du département de la Dordogne sur le fondement des dispositions de l'article 761-1 du code de justice administrative la somme de 2 160,00 euros ainsi qu'une somme de 13 euros au titre des droits de plaidoirie.
Il soutient que :
- la décision en litige est entachée d'un défaut de motivation et d'un vice de procédure ;
- la décision en litige est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2022, le président du conseil départemental de la Dordogne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le requérant ne remplit pas les critères exigés par la réglementation pour bénéficier de la carte qu'il sollicite.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, par courrier du 23 mars 2023, de ce que le jugement était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 21 décembre 2021 à laquelle s'est substituée la décision née le 13 mars 2022 par l'effet du recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les conclusions de M. Dufour, rapporteur public.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 avril 2021, M. B, né le 12 décembre 1967, a déposé une demande de délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement ". Le 21 décembre 2021, un refus lui a été opposé, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la Dordogne ayant émis un avis défavorable le 17 décembre. Le 10 janvier 2022, le requérant a formulé un recours préalable obligatoire auprès du président du conseil départemental de Dordogne resté sans réponse. Dans la présente instance, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 21 décembre 2021 et la décision implicite de rejet de son recours gracieux née le 13 mars 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 21 décembre 2021 :
2.Aux termes des dispositions de l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le recours préalable obligatoire formé contre une décision relative à la carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est formé, par tout moyen lui conférant date certaine, devant le président du conseil départemental. /Ce recours préalable comprend une lettre de saisine et une copie de la décision contestée ou, lorsqu'elle est implicite, une copie de l'accusé réception de la demande ayant fait naître cette décision. La lettre de saisine peut exposer les motifs de la contestation et les éléments insuffisamment ou incorrectement pris en compte./ Ce recours préalable est examiné selon les mêmes modalités que la demande initiale. Le silence gardé pendant plus de deux mois par l'auteur de la décision, à partir de la date à laquelle le recours préalable obligatoire a été présenté auprès du président du conseil départemental, vaut décision de rejet de la demande ".
3.L'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Par suite, la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale et elle est seule susceptible d'être déférée au juge. En l'espèce, les conclusions dirigées contre la décision initiale du 21 décembre 2021, à laquelle s'est substituée la décision implicite née le 13 mars 2022 du silence gardé par l'administration sur le recours préalable de M. B, sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées contre la décision initiale doivent être regardées comme dirigées contre la décision implicite rejetant la demande de M. B. Par suite, les moyens tirés par M. B du défaut de motivation, du vice de procédure et de l'erreur de droit dirigés à l'encontre de la décision initiale sont, en tout état de cause, inopérants.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision née le 13 mars 2022 :
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une ou l'autre partie à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.
6. En vertu des dispositions combinées de l'article L. 241-6, de l'article L. 146-9 et du 3° du I de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles, le président du conseil départemental, au vu de l'appréciation de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, attribue, à titre définitif ou pour une durée déterminée, la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " à toute personne physique atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. Les critères d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement sont définis, conformément au IV de l'article R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles, par l'arrêté du 3 janvier 2017 visé ci-dessus. Il résulte de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et de l'annexe à l'arrêté du 3 janvier 2017 visé ci-dessus que la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement " est délivrée uniquement aux personnes atteintes d'un handicap qui réduit de manière importante et durable, pour les déplacements extérieurs à pied, leur capacité et leur autonomie ou qui impose qu'elles soient accompagnées par une tierce personne. Ils correspondent, d'une part, aux personnes dont le périmètre de marche est inférieur à 200 mètres ou qui ne peuvent se déplacer sans recours systématique à une aide humaine en raison d'un besoin de surveillance régulier ou d'un risque de danger, d'autre part, à celles qui recourent à une aide technique (canne par exemple) ou une oxygénothérapie pour tous leurs déplacements extérieurs ou encore qui sont appareillées, soit avec une prothèse de membre inférieur, soit avec tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs, et enfin à celles qui se déplacent avec un véhicule pour personnes handicapées (fauteuil roulant par exemple). La perte d'autonomie dans le déplacement peut être également appréciée en cas de difficulté grave lors d'un tel déplacement, au sens ci-dessus exposé, en particulier chez des personnes présentant un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales. Enfin, la réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour attribuer la mention " stationnement pour personnes handicapées " de la carte mobilité inclusion ou la carte de stationnement pour personnes handicapées.
7. Il appartient à la personne qui présente devant le juge administratif des conclusions à fin d'annulation d'une décision lui refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " d'établir, par tous moyens et notamment par la production de justificatifs, qu'elle est atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied.
8. Il résulte de l'instruction que M. B, soudeur mécanicien de poids lourds, a été victime d'un accident du travail le 18 octobre 2019, un poste de soudure semi-automatique ayant chuté sur l'une de ses jambes. Cet incident a provoqué une grave fracture comminutive de la cheville droite par écrasement cutané majeur dans un contexte d'artérite tabagique latente. Il résulte de l'instruction que M. B conserve une limitation de la dorsi flexion de sa cheville qui fait obstacle à des positions accroupies, des douleurs persistantes antérieures et antéro-médiales, une station debout difficile lorsqu'elle se prolonge. Toutefois, le compte rendu de consultation du 24 mars 2022 du centre spécialisé SOS Pied Cheville rédigé par un chirurgien spécialisé dans le cadre d'un bilan post opératoire d'une arthroscopie fait seulement état de difficultés à la marche sans plus de précision et il est relevé une stabilité de la cheville sans laxité, un œdème modéré et la reprise possible de toutes les activités sans restriction. Il en est de même du certificat du 28 avril 2022 de son médecin traitant. Aucune des nombreuses pièces médicales du dossier, pour l'essentiel relatives au suivi post opératoire à un mois, deux mois, quatre mois, douze et dix-huit mois ainsi que divers comptes rendus de consultations ou nouvelles interventions en lien avec les conséquences de sa fracture notamment la survenue d'une infection, ne permet davantage d'établir que le périmètre de marche de M. B est inférieur à 200 mètres ou qu'il devrait être aidé par des moyens techniques ou humains dans tous ses déplacements extérieurs. Si M. B produit un certificat médical de son médecin traitant daté du 17 août 2022 mentionnant qu'il ne peut se déplacer au-delà de 200 mètres, ce certificat a été produit postérieurement à la communication du mémoire en défense duquel il résultait que le requérant ne remplissait pas les critères requis. Ce document médical n'est corroboré par aucune autre pièce du dossier et eu égard à sa teneur, il est dénué de toute valeur probante. Si dans ses toutes dernières écritures du 23 mars 2023, il est produit le compte-rendu d'une consultation médicale du 8 mars 2023, réalisée à la demande du juge judiciaire en vue de fixer un taux d'incapacité permanente, qui mentionne que le périmètre de marche de M. B est limité à 100 mètres avec une canne, en premier lieu, ce rapport est établi en vue de la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " priorité ", en deuxième lieu, il ne s'agit pas de la réalisation d'une expertise médicale, et, en troisième et dernier lieu, il n'est pas établi, eu égard aux termes dans lesquels ce document médical est rédigé que cette constatation ne correspondrait pas en réalité aux doléances du requérant. La circonstance que le médecin traitant de M. B a prolongé son arrêt de travail est sans incidence et au demeurant ses sorties sont autorisées sans restriction. Dès lors il résulte de l'ensemble des éléments précités et alors qu'il n'est pas établi qu'à la date du présent jugement son état qui a évolué positivement tout au long de sa prise en charge, se serait détérioré de façon péjorative, le président du conseil départemental de la Dordogne n'a entaché sa décision d'aucune erreur d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.
10. Il convient de préciser que ce rejet ne fait pas obstacle à ce que M. de Souza, s'il s'y croit fondé, présente une nouvelle demande accompagnée d'éléments médicaux mieux étayés.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au département de la Dordogne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
La magistrate désignée,
P. C La greffière,
C.AHIN
La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026