LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2202675

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2202675

mercredi 28 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2202675
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème Chambre
Avocat requérantREIX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique enregistrés le 16 mai 2022, le 31 mai 2022 et le 29 juillet 2022, Mme B A, représentée par Me Reix, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 décembre 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer une carte de séjour temporaire l'autorisant à travailler ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de la mettre, dans l'attente et dès la notification du jugement, en possession d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne le refus de séjour :

- la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que l'existence d'un avis rendu par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'est pas établie ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- la préfète de la Gironde n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;

- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 423-23, L. 421-3 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la préfète de la Gironde a commis une erreur dans l'appréciation des faits ;

- elle a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- cette décision doit être annulée dès lors qu'elle est fondée sur un refus de séjour illégal ;

- la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- cette décision doit être annulée dès lors qu'elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 juin 2022 la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 13 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 août 2022.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 avril 2022.

Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Pouget, président, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante nigériane, est entrée sur le territoire français au mois d'août 2015. Après l'échec de ses démarches en vue d'obtenir l'asile, elle a obtenu un premier titre de séjour d'un an valable du 6 août 2020 au 5 août 2021 en tant qu'étranger malade. Le 21 juin 2021, elle a demandé le renouvellement de ce titre de séjour. Après avoir saisi, pour avis, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), la préfète de la Gironde a cependant refusé ce renouvellement par un arrêté du 20 décembre 2021, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le refus de séjour :

2. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée et, en particulier, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui sont applicables à la situation de Mme A. En outre, il ressort des termes de cette décision que la préfète de la Gironde a examiné la situation personnelle de la requérante, en particulier son état de santé, et a saisi, à ce titre, le collège de médecins de l'OFII. L'autorité administrative précise également la durée et les conditions de séjour en France de l'intéressée ainsi que la nature des relations personnelles qu'elle entretient en France et au Nigéria. Si la requérante soutient que la préfète était tenue de répondre à ses demandes de titres de séjours présentées sur les fondements des dispositions des articles L.423-23, L. 421-3 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort des pièces du dossier que ces demandes ont été adressées à la préfecture pour la première fois le 5 janvier 2022, soit plusieurs jours après la date à laquelle la décision attaquée a été rendue. Dans ces conditions, les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen complet de la situation de Mme A doivent être écartés.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () "

4. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'avant de se prononcer sur la possibilité de mettre Mme A en possession d'un titre de séjour en tant qu'étranger malade, la préfète de la Gironde a saisi le collège de médecins de l'OFII, qui a rendu un avis le 20 octobre 2021. Cet avis, produit en défense, a été rendu après consultation du rapport établi par un médecin rapporteur, lequel n'a pas siégé au sein du collège, et au terme d'une délibération collégiale. Ainsi, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté en ses différentes branches.

5. D'autre part, la préfète de la Gironde a considéré que si l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale, le défaut de traitement ne devrait pas entrainer de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Afin de contester cette appréciation, la requérante produit un certificat médical établi le 7 avril 2020 aux termes duquel son médecin psychiatre indique avoir diagnostiqué un trouble post-traumatique lié à des agressions sexuelles et précise qu'e Mme A est atteinte d'un trouble schizo-affectif difficile à stabiliser et nécessitant un traitement médical dont le défaut pourrait entraîner une décompensation sévère. Cependant, si ce document a permis à la requérante d'obtenir un premier titre de séjour d'un an, mis en sa possession le 6 août 2020, elle ne produit aucun élément plus récent, et en particulier postérieur à l'avis du collège des médecins de l'OFII du 20 octobre 2021, de nature à démontrer que les troubles dont elle est affectée persistent et nécessitaient, à la date de da décision attaquée, la poursuite d'un traitement médical. Dans ces conditions, la décision attaquée ne méconnait par les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. En troisième lieu, si Mme A entend se prévaloir des dispositions des articles L. 421-3 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait sollicité un titre de séjour sur leur fondement avant son courrier du 5 janvier 2022, postérieur à la décision attaquée, et la préfète n'avait pas à examiner spontanément sa situation au regard de ces dispositions. Les moyens relatifs à leur méconnaissance sont donc inopérants.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

8. Mme A se prévaut de sa présence en France depuis 2015, de la naissance de son enfant le 17 janvier 2022 et de la circonstance qu'elle dispose de ressources financières propres lui permettant de subvenir à ses besoins. Il ressort cependant des pièces du dossier que si, durant la durée de validité de son titre de séjour, la requérante a occupé plusieurs emplois, elle n'a conclu que des contrats temporaires pour des durées inférieures à une semaine lui ayant procurés de faibles revenus. En outre, Mme A ne justifie pas disposer en France de liens personnels, anciens et stables, à l'exception de son enfant, né postérieurement à la décision attaquée, et du père de celui-ci, de même nationalité et dont il n'est pas contesté qu'il se trouve en situation irrégulière en France. Ainsi, rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale se transporte au Nigéria, où résident par ailleurs les parents et les membres de la fratrie de la requérante. Enfin, si Mme A indique, sans que la réalité de ce fait ne soit sérieusement remise en cause, avoir été victime de traite d'êtres humains et contrainte à la prostitution, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que les traumatismes liés à cette situation ne justifient pas actuellement que lui soit remis un titre de séjour en tant qu'étranger malade, et ne peuvent avoir d'incidence sur l'appréciation de sa vie privée et familiale en France. Dans ces conditions, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, la préfète de la Gironde n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est entachée ni d'erreur de fait, ni d'erreur manifeste d'appréciation. Ces moyens doivent donc être écartés.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, les moyens soulevés à l'encontre du refus de séjour ayant été écartés, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français est fondée sur une décision illégale et à demander, par voie de conséquence, son annulation.

10. En second lieu, et pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, l'obligation de quitter le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de Mme A au respect de sa vie privée et familiale, tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

11. Eu égard à ce qui précède, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision par laquelle la préfète de la Gironde a fixé le pays de destination est fondée sur des décisions illégales et à en demander son annulation par voie de conséquence.

Sur les autres conclusions de la requête :

12. Dès lors que le présent jugement rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais de l'instance ne peuvent qu'être également rejetées.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 14 septembre 2022 à laquelle siégeaient :

M. Pouget, président,

M. Josserand, conseiller,

M. Frezet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.

Le président-rapporteur,

L. POUGET

L'assesseur le plus ancien,

L. JOSSERAND

La greffière,

M-A. PRADAL

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions