mardi 5 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2202712 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | THIAM AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mai 2022, M. C A B, représenté par Me Thiam, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 avril 2022 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a implicitement rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 22 décembre 2021 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Ouest a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'une autorisation préalable d'accès à la formation d'agent de sécurité ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer l'autorisation préalable qu'il a sollicitée ;
3°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le CNAPS a fait une inexacte application des articles L. 612-20 et L. 612-22 du code de la sécurité intérieure dès lors qu'il réside en France depuis plus de cinq ans, que la courte période pendant laquelle il a été en situation irrégulière a été sanctionnée par la justice, qu'il disposait d'un certificat de qualification professionnelle depuis 2010, d'une carte professionnelle délivrée en 2018, d'un droit au séjour, et qu'il n'a jamais fait l'objet de condamnation pénale ;
- la décision contestée est entachée d'erreur de droit, dès lors que la loi n° 2021-646 du 25 mai 2021 pour une sécurité globale préservant les libertés, qui a modifié les dispositions de l'article L. 612-22 du code de la sécurité intérieure, ne lui est pas applicable ;
- cette décision le prive de la possibilité de poursuivre son activité professionnelle, de percevoir des revenus et de subvenir aux besoins de sa famille, et méconnait ainsi les dispositions de l'article 23 de la déclaration universelle des droits de l'homme, du point 5 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, de l'article 15 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, de l'article 1er de la charte sociale adoptée par le conseil de l'Europe et de la Constitution du 4 octobre 1958 ;
- elle est constitutive d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2023, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution, notamment son Préambule ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- l'arrêté du 27 février 2017 relatif à la formation continue des agents privés de sécurité ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Gélas,
- et les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant gabonais qui avait été titulaire d'une carte professionnelle d'agent de sécurité valable jusqu'au 14 avril 2018, a présenté le 18 novembre 2021 auprès de la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Ouest une demande d'autorisation préalable pour l'accès à une formation en vue d'exercer une activité privée de sécurité. Par une décision du 22 décembre 2021, cette commission lui a refusé la délivrance de cette autorisation au motif que n'étant pas titulaire d'un titre de séjour depuis au moins cinq ans, il ne satisfaisait pas à la condition prévue à l'alinéa 4° bis de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, auquel renvoie l'article L. 612-22 de ce même code. M. A B a alors saisi la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) d'un recours administratif préalable contre cette décision, qui a été enregistré le 11 février 2022. Du silence gardé par la commission nationale d'agrément et de contrôle est née une décision implicite de rejet, dont M. A B sollicite l'annulation.
2. Aux termes de l'article L. 612-22 du code de la sécurité intérieure : " L'accès à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle est soumis à la délivrance d'une autorisation préalable, fondée sur le respect des conditions fixées aux 1°, 2°, 3°, 4° et 4° bis de l'article L. 612-20. () ". Aux termes de l'article L. 612-20 de ce même code : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () 4° bis Pour un ressortissant étranger ne relevant pas de l'article L. 233-1 du même code, s'il n'est pas titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour ; () ". L'article R. 612-13 de ce même code dispose par ailleurs que : " La carte professionnelle a une durée de validité de cinq ans à compter de sa date de délivrance. ". Aux termes de l'article R. 612-17 : " La demande de renouvellement de la carte professionnelle est présentée, trois mois au moins avant sa date d'expiration, dans les mêmes conditions que celles prévues par la présente sous-section pour une demande de délivrance de la carte à l'exception, pour les ressortissants étrangers, de la production du document prévu au 3° de l'article R. 612-15. Elle comprend également l'attestation du suivi d'un stage de maintien et d'actualisation des compétences dans les conditions fixées à l'article R. 625-8. Lorsque la demande est complète, le Conseil national des activités privées de sécurité en délivre récépissé. / Ce récépissé permet, jusqu'à l'intervention d'une décision expresse, une poursuite régulière de l'activité professionnelle. ". Enfin, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 27 février 2017 relatif à la formation continue des agents privés de sécurité : " L'agent n'ayant pas renouvelé sa carte professionnelle dans les délais requis par l'article R. 612-17 du code de la sécurité intérieure et qui effectue une nouvelle demande de carte professionnelle pour l'exercice de la même activité doit justifier de la réalisation d'un stage, selon les modalités définies par le présent arrêté, dans un délai de douze mois avant la date de sa nouvelle demande de carte professionnelle. ".
3. En premier lieu, s'il ressort des pièces du dossier que M. A B disposait d'une carte professionnelle d'agent de sécurité qui lui a été délivrée le 15 avril 2013 par le CNAPS et qui expirait le 14 avril 2018, et a suivi le stage de " maintien et actualisation des compétences agent de prévention et de sécurité " prévu par les dispositions de l'arrêté du 27 février 2017 du 3 au 5 avril 2018, soit avant l'expiration de sa carte professionnelle, il n'établit pas avoir déposé une demande de renouvellement de sa carte professionnelle dans le délai requis par l'article R. 612-12 du code de la sécurité intérieure, ni une demande de carte professionnelle dans un délai de douze mois suivant la réalisation de ce stage. Il était, dès lors, tenu de déposer une nouvelle demande de carte professionnelle auprès du CNAPS et, préalablement à sa délivrance, de suivre à nouveau la formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle prévue par les dispositions de l'article L. 612-22 du code de la sécurité intérieure. Par suite, M. A B qui n'a déposé sa demande que le 18 novembre 2021, n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse, en ne prenant pas en considération ses qualifications et aptitudes antérieures, aurait méconnu ces dispositions.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le dernier titre de séjour dont M. A B a bénéficié était valable jusqu'au 14 octobre 2015, et que, par arrêté du 27 avril 2016, le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Il n'est pas contesté qu'il n'a sollicité la délivrance d'un nouveau titre de séjour que le 5 octobre 2017. Si, par un arrêt du 25 juin 2021, la cour administrative d'appel de Bordeaux a annulé l'arrêté du préfet de la Gironde du 4 septembre 2019 portant rejet de cette demande de titre de séjour, cette circonstance est sans incidence sur l'irrégularité de son séjour entre le 14 octobre 2015 et le 4 septembre 2019. Dès lors, il ne peut utilement soutenir qu'il réside régulièrement en France depuis son entrée sur le territoire en 2010, ni depuis plus de cinq ans à la date à laquelle il a déposé sa demande d'autorisation pour l'accès à une formation en vue d'exercer une activité privée de sécurité, le 18 novembre 2021. Ainsi, il ne remplissait pas la condition de durée de séjour régulier prévue par le 4° bis de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.
5. En troisième lieu, M. A B a déposé sa demande d'autorisation d'accès à la formation professionnelle le 18 novembre 2021, soit après l'entrée en vigueur, le 27 mai 2021, de la loi du 25 mai 2021 pour une sécurité globale préservant les libertés, qui a modifié les dispositions de l'article L. 612-22 du code de la sécurité intérieure. Le requérant n'est, par suite, pas fondé à soutenir qu'en faisant application de ces dispositions, la commission nationale d'agrément et de contrôle aurait entaché sa décision d'une erreur de droit.
6. En quatrième lieu, d'une part, M. A B ne peut utilement se prévaloir ni des dispositions de l'article 23 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, qui ne figure pas au nombre des traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés dans les conditions fixées par l'article 55 de la Constitution, ni des stipulations de l'article 1er de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, qui sont dépourvues d'effet direct à l'égard des particuliers. D'autre part, ni les articles précités du code de la sécurité intérieure ni la décision attaquée ne mettent en œuvre le droit de l'Union. Le requérant ne peut ainsi utilement invoquer les stipulations de l'article 15 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne relatives, notamment, au droit de toute personne à travailler et à exercer une profession librement.
7. En dernier lieu, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation formulées par M. A B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles formulées à fin d'injonction et sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chauvin, présidente,
Mme de Gélas, première conseillère,
Mme Ballanger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2023.
La rapporteure,
C. DE GÉLASLa présidente,
A. CHAUVIN
La greffière,
C. JANIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026