LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2202828

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2202828

jeudi 22 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2202828
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème chambre
Avocat requérantHUGON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces enregistré les 20 mai et 9 juin 2022, M. A B représenté par Me Lucile Hugon, demande au tribunal :

1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 15 mars 2022 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné à défaut de se conformer à ladite obligation ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte, et de lui délivrer dans l'attente un récépissé l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros hors taxes, soit 1 807 euros toutes taxes et frais de plaidoiries compris, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- la préfète de la Gironde ne pouvait, sans méconnaître les dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui refuser la délivrance d'un titre de séjour sans saisir la commission de titre de séjour ;

- la décision attaquée méconnaît l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 47 du code civil et les dispositions du décret du 24 décembre 2005 relatif aux modalités de vérification d'un acte de l'état civil étranger, dès lors que ses documents d'état civil ne présentent pas un caractère manifestement frauduleux et que l'autorité administrative aurait dû procéder à une vérification des actes auprès des autorités maliennes ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'ayant produit des éléments relatifs à son état civil, sa demande était recevable ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'en lui délivrant un récépissé en juillet 2021 et renouvelé à plusieurs reprises, la préfète de la Gironde a jugé sa requête recevable et a accepté de l'instruire ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L.423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il a été confié à l'aide sociale à l'enfance avant l'âge de 16 ans, ses documents d'état civil étant authentiques, il a suivi réellement et sérieusement une formation, même s'il n'a pas réussi à valider son CAP et sa structure d'accueil émet un avis très positif sur sa situation ;

- elle est entachée d'une défaut d'examen de sa situation dès lors qu'il n'est pas fait mention de sa scolarité et de son insertion professionnelle en France ; de plus, alors qu'il a toujours indiqué que sa mère était décédée, l'arrêté indique la présence de ses parents au Mali ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, eu égard à son ancienneté de séjour en France et à son intégration ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est dépourvue de base légale, étant fondée sur un refus de titre de séjour lui-même illégal ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, eu égard aux motifs précités ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision fixant le pays de destination est dépourvue de base légale, étant fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 juin 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 17 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 29 août 2022.

Par une décision du 18 avril 2022 M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et son décret d'application ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les observations de Me Hugon, représentant M. B, présent, accompagné de son éducatrice et de la juriste de sa structure d'accueil.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant malien, déclare être né le 24 juin 2003 et être entré en France le 7 septembre 2018. Il a bénéficié d'une ordonnance provisoire du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Montpellier, de placement auprès du conseil départemental de la Gironde, le 18 octobre 2018. L'intéressé a sollicité son admission au séjour, le 12 juillet 2021, sur le fondement des dispositions de l'article L.423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 15 mars 2022, dont il demande l'annulation, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il serait éloigné à défaut de se conformer à ladite obligation.

Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle du 18 avril 2022. Par suite, sa demande tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire est devenue sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée qu'en procédant à la vérification de l'état civil du requérant, lequel a d'ailleurs été muni de récépissés de demande de titre, la préfète a nécessairement instruit et examiné la situation du requérant au regard des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les moyens tirés du défaut d'examen de sa demande et de la méconnaissance des dispositions de l'article R.431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors que la préfète aurait déclaré sa demande irrecevable sans l'instruire alors que des récépissés lui avaient pourtant été délivrés doivent, par suite, être écartés.

4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. () ". Aux termes de l'article L. 811-2 de ce code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil. ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil () des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. ".

5. La force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.

6. D'autre part, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur son insertion dans la société française. ". Lorsqu'il examine une demande de titre de séjour de plein droit portant la mention " vie privée et familiale ", présentée sur le fondement de ces dispositions, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entre dans les prévisions de l'article L. 421-35 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il a été confié, depuis qu'il a atteint au plus l'âge de seize ans, au service de l'aide sociale à l'enfance. Si ces conditions sont remplies, il ne peut alors refuser la délivrance du titre qu'en raison de la situation de l'intéressé appréciée de façon globale au regard du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Le juge de l'excès de pouvoir exerce sur cette appréciation un entier contrôle.

7. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée se fonde uniquement sur le fait que M. B ne remplirait pas les conditions de délivrance du titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il ne justifie pas de son état civil ni, par conséquent, de sa minorité lors de sa prise en charge, compte tenu de l'existence d'un doute sur l'authenticité des documents d'état civil produits.

8. Pour établir sa naissance le 24 juin 2003 et, partant, son état de minorité lors de sa prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance, M. B a produit au soutien de sa demande de titre de séjour un jugement supplétif n°2459, un acte de naissance n°197 du 4 juillet 2018 et une carte d'identité consulaire délivrée le 31 juillet 2019 par l'ambassade du Mali à Lyon. Pour contester l'authenticité de ces documents, la préfète de la Gironde s'est fondée sur l'étude des documents par les analystes en fraude documentaire de la direction zonale de la police aux frontières (DZPAF) de Bordeaux du 18 juin 2021. Aux termes de leur rapport, produit en défense, le jugement supplétif est un document non sécurisé imprimé numériquement sur un support en papier ordinaire, l'acte de naissance produit à l'appui de la demande s'est révélé être une contrefaçon dès lors que la numérotation de chaque page en encre rouge dans la partie supérieure, qui sert à l'archivage des données de chaque registre, permettant ainsi de retrouver un acte par rapport à la liste alphabétique des noms enregistrés est ici anormalement absente, et que la signature du premier adjoint n'est pas cohérente avec le nom de l'officier de l'état civil, qui est le maire.

9. Toutefois, il ressort également du rapport de la DZPAF précité que, concernant le jugement supplétif, les timbres fiscaux sont authentiques et validés par tampon humide lequel est correct et présente bien une empreinte réalisée par encre déportée. De plus, la DZPAF précise que l'acte de naissance est issu d'un registre à souches, dont la plus à droite (appelée volet 3) est coupée en suivant des prédécoupes et remise de suite au déclarant et que " nous retrouvons ici les prédécoupes sur la partie gauche du support ". Dans ces conditions, les seules constatations énoncées au point 8 ne sauraient suffire à caractériser une fraude. Par suite, et en l'état des pièces du dossier, la préfète de la Gironde ne pouvait légalement rejeter la demande de titre de séjour de M. B présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au motif qu'il ne justifiait pas de son état civil.

10. Dans son mémoire en défense , la préfète de la Gironde soutient que la décision de refus de délivrance de titre de séjour ne se fonde pas exclusivement sur la fraude documentaire mais également sur les circonstances que M. B n'est pas isolé dans son pays d'origine et ne suit pas sérieusement sa formation. Elle doit ainsi être regardée comme sollicitant une substitution de motifs.

11. L'administration peut faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondée sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

12. Il résulte de l'instruction que M. B a d'abord été scolarisé à compter de septembre 2019 au lycée de Blanquefort, avant d'intégrer le 1er décembre 2019, le CFA pour suivre une formation " monteur en installations thermiques ", en alternance. Aux termes de son carnet de liaison, le début de son stage auprès de son employeur a été " compliqué " et dans le cadre des enseignements suivis au CFA, M. B a de nombreuses lacunes et difficultés, son travail n'est pas toujours rendu, il recopie et ne révise pas assez. L'avis de sa structure d'accueil fait notamment état d'un investissement " quelque peu fluctuant ". Par ailleurs, il ressort des appréciations de ses enseignants et de son employeur ainsi que de l'avis de sa structure d'accueil, que M. B a également des difficultés de comportement, qu'il n'accepte pas les règles et les sanctions, a eu des excès de colère au sein de sa structure d'accueil, jusqu'à détruire du matériel et ne plus adresser la parole à une éducatrice, mais également à l'encontre d'un de ses collègues au sein de son entreprise. En outre, il a obtenu, en juin 2021, la note de 6,23/20 à son CAP qu'il n'a pas validé. S'il produit une attestation de son employeur du 5 août 2021 indiquant qu'il souhaite le recruter, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ait poursuivi une formation à la rentrée 2021 dès lors qu'il ne justifie d'une inscription en classe " 1 CAP 2 " qu'à compter du 16 mai 2022, soit postérieurement à l'arrêté contesté, et qu'il justifie seulement avoir travaillé en intérim du 10 janvier au 29 avril 2022. Il résulte de l'instruction que la préfète de la Gironde aurait pris la même décision en ne se fondant que sur le motif tiré de l'absence de caractère réel et sérieux de sa formation. Par suite, la demande de substitution de motifs sollicitée par la préfète de la Gironde doit être accueillie.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. "

14. En l'espèce, M. B présent sur le territoire depuis quatre années, est célibataire et sans charge de famille et ne produit aucun élément permettant d'établir, en dehors de son environnement scolaire, la réalité et l'intensité des liens affectifs et sociaux qu'il aurait noués en France. Dans ces conditions, au vu ce de ce qui a été énoncé aux points précédents, et alors qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents et ses trois frères et sœurs d'après la fiche " votre situation matrimoniale et familiale " remplie par ses soins lors du dépôt de sa demande de titre de séjour et produite en défense par la préfecture, la préfète de la Gironde n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

15. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L.423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance () ".

16. En l'espèce, M. B ne satisfaisant pas, ainsi qu'il a été exposé aux points précédents, aux conditions posées par les dispositions des articles L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de la Gironde n'était pas tenue de saisir pour avis la commission du titre de séjour. Par suite, le moyen doit être écarté.

17. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée révèlerait un défaut d'examen de sa situation personnelle, la préfète de la Gironde n'étant pas tenue de faire état de l'ensemble des éléments relatifs à sa situation personnelle. De plus, s'il soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur de fait dès lors que sa mère est décédée, il a déclaré dans sa fiche famille, comme énoncé au point 14, que sa mère résidait au Mali. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen de sa situation personnelle et de l'erreur de fait doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision de refus du titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas été prise sur le fondement d'une décision illégale. Dès lors, le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité doit être écarté.

19. En second lieu et pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Les moyens doivent donc être écartés.

En ce qui concerne la décision fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office :

20. Il résulte de ce qui précède que la décision faisant obligation de quitter le territoire français au requérant n'est entachée d'aucune illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision qu'il invoque à l'encontre de la décision fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office doit être écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 15 mars 2022 de la préfète de la Gironde doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. B.

Article 2 : La requête est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Lucile Hugon et à la préfète de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Munoz-Pauziès, présidente,

Mme Lahitte, conseillère,

M. Bongrain, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 202La rapporteure

A. C

La présidente

F. MUNOZ-PAUZIÈS

La greffière,

C. SCHIANO

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions