LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2202939

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2202939

mercredi 19 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2202939
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantDA ROS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 25 mai 2022 et 30 juin 2022, M. A B, représenté par Me Da Ros, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2021 par lequel le préfet de Lot-et-Garonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet de Lot-et-Garonne de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. B soutient que :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

- la décision a été prise par une autorité incompétente dès lors qu'il n'est pas établi que son signataire disposait d'une délégation de signature régulièrement publiée ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la décision est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ;

- la décision méconnaît les articles L. 435-1, L. 435-3 et L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

- la décision est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- la décision n'a pas été précédée d'un examen de sa situation personnelle ;

- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2022, le préfet de Lot-et-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Zuccarello, présidente-rapporteure,

- les conclusions de Mme Jaouën, rapporteure publique,

- et les observations de Me Mylène Da ros, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant malien, né le 23 février 2003 à Diema (Mali), déclare être entré en France le 16 mai 2019. Le 18 juin 2019, il a fait l'objet d'une ordonnance de placement provisoire auprès du service de l'aide sociale à l'enfance prise par le procureur de la République de Rodez. Estimant que M. B était en réalité entré majeur en France, la préfète de Lot-et-Garonne a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours avec interdiction de retour pour une durée d'un an. Cette mesure d'éloignement a été annulée par un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux le 19 novembre 2020, qui a estimé que la préfète n'avait pas renversé la présomption de validité des actes d'état civil de l'intéressé, qui mentionnaient une date de naissance au 23 février 2003 et partant, sa minorité lors de son entrée en France. M. B a sollicité le 12 janvier 2021 la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 1er octobre 2021, le préfet de Lot-et-Garonne a refusé de lui délivrer le titre demandé et l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

2. M. B verse au dossier une ordonnance de placement provisoire prise par le procureur de la République de Rodez le 18 juin 2019. Il n'est pas contesté que le placement a pris fin en raison de l'édiction de la première obligation de quitter le territoire prise par la préfète de Lot-et-Garonne. Malgré l'annulation de celle-ci par la cour administrative d'appel de Bordeaux, le 19 novembre 2020, M. B n'a pas été à nouveau placé auprès du service de l'aide sociale à l'enfance mais a été hébergé par l'association Entr'aiEToit. Toutefois, si le requérant ne remplissait pas les conditions permettant d'obtenir un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en l'absence de justificatif de placement et d'un avis favorable de l'établissement d'accueil, ces circonstances résultent d'un défaut de prise en charge dû à la mesure d'éloignement illégale dont il faisait l'objet et qui a été par la suite annulée par la cour administrative d'appel de Bordeaux. En outre, M. B produit des éléments permettant d'apprécier le caractère réel et sérieux des études qu'il a par la suite entrepris. Le requérant a été scolarisé au lycée professionnel Saint-Joseph à Blanquefort durant les années scolaires 2020-2021 et 2021-2022 dans le cadre du CAP Peintre applicateur de revêtements et verse au dossier une attestation du centre de formation de la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment d'Agen qui a souhaité l'intégrer en apprentissage au sein de la SARL Marchi et Fils, à compter de janvier 2021, pour un CAP en maçonnerie carrelage. Son entourage pédagogique et professionnel produit également des attestations favorables sur sa progression et son intégration. Par suite, le préfet ne pouvait faire supporter à M. B les conséquences d'une décision illégale dès lors que, si celui-ci devait être regardé comme ayant initialement été régulièrement placé auprès de l'aide sociale à l'enfance. Dès lors, en l'absence de décision illégale quant à son éloignement, M. B aurait rempli l'ensemble des conditions permettant l'accès à un titre de séjour sur le fondement de l'article précité. La décision du 1er octobre 2021 est donc entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et doit être annulée.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

3. La décision portant refus de titre de séjour étant illégale, l'obligation de quitter le territoire français, qui trouve son fondement dans cette première décision est également entaché d'illégalité.

4. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 1er octobre 2021 par laquelle le préfet du Lot-et-Garonne a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B et l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a lieu, par application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de Lot-et-Garonne de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés à l'instance :

6. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil, Me Da Ros, de la somme de 1 200 euros.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 1er octobre 2021, par lequel le préfet de Lot-et-Garonne a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de Lot-et-Garonne de délivrer à M. B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3: L'État versera la somme de 1 200 euros à Me Da Ros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Lot-et-Garonne.

Délibéré après l'audience du 5 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Zuccarello, présidente,

Mme De Paz, première conseillère,

Mme Denys, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2022.

La présidente-rapporteure,

F. ZUCCARELLO

L'assesseure la plus ancienne,

D. DE PAZ

La greffière,

I. MONTANGON

La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions