jeudi 4 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2203013 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU-6 semaines |
| Avocat requérant | VERHOEVEN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 24 mai 2022, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Bordeaux la requête présentée pour M. A en application des articles R. 312-8 et R. 351-3 du code de justice administrative.
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 16 mai et 1er et 9 juin 2022, M. B G A, représenté par Me Verhoeven, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 mai 2022 par laquelle le préfet de police de Paris a prononcé, à son encontre, une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée vingt-quatre mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été signée par une autorité dont la compétence n'est pas établie ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle révèle un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est dépourvue de fondement en ce que l'obligation de quitter le territoire français dont il aurait prétendument fait l'objet ne lui a jamais été notifiée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2022, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. F D pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B G A, ressortissant camerounais né le 2 février 1995, déclare être entré en France au mois de décembre 2017. Après le rejet de sa demande d'asile par l'OFPRA le 25 septembre 2019, décision confirmée par la CNDA le 27 février 2020, il a déposé une demande de titre de séjour auprès de la préfecture de la Gironde le 6 juillet 2021. Par un arrêté du 27 octobre 2021 la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a pris à son encontre une mesure d'éloignement. Par un arrêté du 14 mai 2022, dont M. A demande l'annulation, le préfet de police de Paris a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois et l'a informé de ce qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort de la consultation du site internet de la préfecture, librement accessible, que le préfet de police de Paris a, par un arrêté du 18 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 75-2022-210 du même jour, donné délégation à M. C E, attaché d'administration de l'Etat et agent exerçant au service de l'immigration, à l'effet de signer, dans la limite de ses attributions, tous actes, arrêtés et décisions en cas d'absence ou d'empêchement de Mme Karine Rachel, conseillère d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer, cheffe du 8ème bureau. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes mêmes de la décision litigieuse, que le préfet de police de Paris a fondé l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans faite à M. A, prise au visa des articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur les motifs qu'il aurait fait l'objet d'une mesure d'éloignement du 27 octobre 2021 à laquelle il n'aurait pas déféré et qu'il ne pourrait se prévaloir de liens suffisamment anciens, forts et caractérisés avec la France. Dans ces conditions, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui la fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
4. En troisième lieu, le préfet de police de Paris, qui a bien mentionné la relation avec une ressortissante française dont s'est prévalu M. A avant que ne soit prise la décision litigieuse, a toutefois précisé que l'intéressé n'avait pas apporté la preuve du pacte civil de solidarité qu'ils auraient contracté, ce que M. A ne contredit pas. Par ailleurs, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait fait valoir, auprès du préfet de police de Paris son insertion associative et sportive sur le territoire, il ne saurait lui être reproché de ne pas en avoir fait mention. Le requérant ne peut par suite soutenir que le préfet de police de Paris aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. M. A qui soutient que le centre de ses intérêts privés et familiaux se trouve en France, fait valoir sa relation avec une ressortissante française qui daterait du mois d'avril 2018, un pacte de solidarité civile ayant ensuite été contracté le 27 juillet 2020. Il ajoute résider avec sa partenaire depuis près de deux années et s'investir dans l'éducation des deux enfants qu'elle a à charge. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la durée de présence de l'intéressé, entré en France en décembre 2017, ne s'est provisoirement justifiée que par l'instruction de sa demande d'asile, M. A ayant ensuite tardé à solliciter la régularisation de sa situation, et s'étant finalement maintenu sur le territoire en infraction à une mesure d'éloignement du 27 octobre 2021. Malgré ses quatre années de présence sur le territoire il ne justifie d'aucune insertion dans la société française, les allégations selon lesquelles il pourrait être recruté en qualité de footballeur professionnel n'étant appuyées par aucun élément probant. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a fait l'objet d'une récente interpellation pour des faits reprochés de recel de vol. Par ailleurs, s'il se prévaut de sa relation avec une ressortissante française datant de près de quatre années, les éléments versés au dossier par M. A ne permettent de dater le début de cette relation qu'au plus tôt le 27 juillet 2020, date de conclusion entre eux d'un pacte de solidarité. Ce pacte de solidarité civile d'une ancienneté d'un an et neuf mois à la date de la décision attaquée, même accompagné d'une attestation de sa partenaire déclarant l'héberger depuis le mois de janvier 2020, d'un avis de taxe d'habitation et d'un avis d'impôt 2021, de factures d'énergie datant de juin 2020 à janvier 2022 et de trois attestations, l'une de sa partenaire, l'autre d'une voisine et la dernière d'une amie, ne permettent pas d'établir l'ancienneté et la stabilité de la vie commune alléguée. Il ressort en revanche des pièces du dossier que M. A conserve des attaches dans son pays d'origine, le Cameroun, où il a vécu jusqu'à l'âge de 22 ans et où résident toujours sa fille âgée de neuf ans, sa mère et ses deux sœurs. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le préfet de police n'a pas porté, au regard des buts poursuivis par la décision attaquée, une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En cinquième et dernier lieu, M. A, qui ne justifie pas, par la seule production de courriers adressés à son nom et à l'adresse à laquelle il dit résider avec sa compagne depuis le 15 janvier 2020, avoir informé la préfète de la Gironde de son changement d'adresse que ce soit lors de l'instruction de sa demande d'asile ou au cours de l'instruction de la demande de titre de séjour qu'il a déposé le 6 juillet 2021, n'est pas fondé à soutenir, alors que le préfet de police de Paris produit en défense le bordereau attestant de sa présentation à l'adresse indiquée par le requérant le 29 octobre 2021 puis de son retour à la préfecture de la Gironde le 19 novembre 2021 ratifié de la mention " pli avisé et non réclamé ", qu'il n'a jamais reçu notification du pli contenant la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet le 27 octobre 2021.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions, en ce compris les conclusions relatives aux frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B G A et au préfet de police de Paris.
Copie sera adressée à la préfète de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 août 2022.
Le magistrat désigné,
J-C D La greffière,
S. CASTAIN
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026