jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2203361 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | HAAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juin 2022, M. B A, représenté par Me Haas, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution du refus de titre de séjour que la préfète de la Gironde lui a opposé par arrêté du 16 juin 2022 ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler valable jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond, et ce, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- né le 5 juin 2003 à Coyah, en Guinée, il a traversé le Mali, l'Algérie, le Maroc et l'Espagne pour arriver en février 2019 en France, où il a été pris en charge dès le 6 février, à l'âge de 15 ans, par le département des Pyrénées-Atlantiques sur le fondement de l'article L. 223-2 du code de l'action sociale et des familles ;
- par ordonnance du 14 juin 2019 du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Pau, il a été confié au service d'aide sociale à l'enfance du département de la Gironde qui a poursuivi la prise en charge en exécution d'ordonnances du juge des enfants du tribunal de Bordeaux ;
- par la suite, le département de la Gironde lui a accordé des contrats " jeune majeur " ;
- poursuivant la scolarité du certificat d'aptitude professionnelle (CAP) de boulanger, il bénéficie d'un contrat de travail avec un employeur très satisfait de ses services et qui entend l'embaucher sur un contrat à durée indéterminée après l'obtention du diplôme ;
- à la suite de sa demande de titre de séjour, il a été mis en possession de plusieurs récépissés l'autorisant à travailler temporairement ;
- il a déposé un recours au fond contre la décision en litige ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision, qui met en péril sa formation comme son parcours professionnel et le place dans une situation irrégulière, préjudicie à ses intérêts de manière substantielle ;
- la décision est entachée du vice de l'incompétence de son auteur si celui-ci ne peut justifier d'une délégation de signature régulière de la part de la préfète de la Gironde ;
- lacunaire et stéréotypée, la motivation de la décision ne répond pas aux exigences légales ;
- la décision est intervenue à la suite d'une procédure irrégulière faute de consultation de la commission du titre de séjour, en violation de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, laquelle consultation constitue une formalité substantielle ;
- la décision repose sur une erreur de droit dans l'application de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'en application de l'article 47 du code civil, auquel renvoie l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les actes qu'il a produits bénéficient d'une présomption de validité, que l'authenticité de son état civil a été admise lors de la délivrance des récépissés, qui constituent des actes créateurs de droit, lesquels ne peuvent être retirés au-delà d'un délai de quatre mois, que le rapport technique de la cellule fraude documentaire et d'identité est dépourvu de portée juridique, que les autorités guinéennes n'ont pas été saisies en méconnaissance de l'article 1er du décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015, que les actes ont été légalisés par les autorités étrangères, qu'ils ont permis la délivrance d'un passeport et d'une carte consulaire guinéens et que le signalement effectué auprès du procureur de la République n'a pas eu de suite ;
- le refus de titre est entaché d'une défaut d'examen de sa situation et d'une violation de l'article L. 423-22 du code précité, dont il remplit les conditions du fait de sa prise en charge par un service d'aide sociale à l'enfance avec l'âge de 16 ans, du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, comme il en justifie par les témoignages de son employeur, de ses collègues et de son formateur, de son intégration au sein de la structure d'accueil et de la quasi-absence de liens avec son pays d'origine ;
- subsidiairement, la décision repose sur une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-3 dudit code, les conditions posées étant remplies ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et est affectée, au regard des conséquences sur sa vie privée, d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 juin 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne sont pas satisfaites.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 5 juillet 2022 à 14h30, après le rapport, ont été entendues les observations de Me Haas, représentant M. A, qui a développé les moyens soulevés dans les écritures de ce dernier.
La préfète de la Gironde n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. A et analysés ci-dessus n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité du refus de titre de séjour que la préfète de la Gironde lui a opposé par arrêté du 16 juin 2022. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions de M. A aux fins de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées.
Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire et les conclusions relatives aux frais de l'instance :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à la nature de la requête, sur laquelle il doit être statué en urgence, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de M. A à l'aide juridictionnelle.
4. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. A demande le versement au profit de son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : M. B A est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à la préfète de la Gironde et à Me Haas.
Fait à Bordeaux, le 7 juillet 2022.
Le juge des référés,
J-M. BAYLE La greffière,
C. GIOFFRE
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026