mercredi 21 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2203379 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | PERRIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 juin 2022 et 16 février 2023, M. B A, représenté par Me Perrin, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 janvier 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a refusé de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFPRA de procéder au réexamen de sa demande dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de la somme de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat et de l'OFPRA le versement à son conseil d'une somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 582-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation ; la Cour nationale du droit d'asile a admis qu'il n'avait aucun lien de nationalité avec l'Algérie et le Maroc ; il est né et a vécu dans un camp de Tindouf en Algérie ; il ne conteste pas ses origines sahraouies.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2023, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application ;
- le code de justice administrative.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 avril 2022.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ballanger, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, né le 3 mars 1979 en Algérie, est entré en France pour solliciter l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFRPA) le 7 mai 2021 puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 28 octobre 2021. Le 25 octobre 2021, il a formé une demande de statut d'apatride sur le fondement de la convention de New-York du 28 septembre 1954, qui a été rejetée le 17 janvier 2022 par le directeur général de l'OFPRA. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler de cette décision.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article 43 du décret du 28 décembre 2020 : " () lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée ou déposée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter () 3° De la date à laquelle le demandeur à l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 69 et de l'article 70 ou, en cas de recours de ce demandeur, de la date à laquelle la décision relative à ce recours lui a été notifiée () ". Aux termes de l'article 56 dudit décret : " La décision du bureau, de la section du bureau ou de leur président est notifiée à l'intéressé par le secrétaire du bureau ou de la section du bureau par lettre simple en cas d'admission à l'aide juridictionnelle totale () ".
3. Il ressort des pièces que la décision litigieuse a été notifiée à M. A le 28 janvier 2022. Il a déposé le 28 mars suivant une demande d'aide juridictionnelle, soit dans le délai contentieux. En l'absence de certitude quant à la date de notification de cette décision qui a été effectuée par lettre simple, le délai de recours ne peut être regardé comme expiré au 20 juin 2022, date d'enregistrement de la requête. Par suite, cette dernière n'est pas tardive. La fin de non-recevoir opposée par le directeur général de l'OFPRA doit donc être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides : " () Le terme "apatride" désigne une personne qu'aucun Etat ne considère comme son ressortissant par application de sa législation. ()." Les dispositions de l'article L. 582-1 du même code, prévoient que " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New-York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides. Ces personnes sont régies par les dispositions applicables aux apatrides en vertu de cette convention. ". Aux termes de l'article R. 582-1 du même code : " La demande de statut d'apatride est déposée à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Elle est rédigée en français sur un imprimé établi par l'Office. L'imprimé doit être signé et accompagné de deux photographies d'identité récentes et, le cas échéant, du document de voyage, des documents d'état civil et de la copie du document de séjour en cours de validité () ". Il incombe à toute personne se prévalant de la qualité d'apatride d'apporter la preuve qu'en dépit de démarches répétées et assidues, l'Etat de la nationalité duquel elle se prévaut ou duquel elle pourrait prétendre a refusé de donner suite à ses démarches.
5. Pour rejeter la demande de reconnaissance de la qualité d'apatride qui lui a été présentée le 25 octobre 2021, le directeur général de l'OFPRA a estimé que les pièces produites par M. A pour établir son identité ne lui permettaient pas d'apprécier leur caractère authentique. Cependant, en se bornant à relever que l'intéressé avait produit la copie de sa pièce d'identité sahraouie ainsi que l'originale d'un permis de conduire " de facture grossière ", le directeur général de l'OFPRA n'a pas précisé les anomalies présentées par de tels documents. De plus, le directeur général n'a pas sérieusement remis en cause les dires de M. A, alors qu'il ressort des pièces du dossier que le requérant a, au cours de sa demande d'asile, tenu un discours en langue hassanya qualifié de cohérent et concordant par l'OFPRA et la CNDA, qui se sont également fondés sur les pièces d'identité versées pour établir ses origines et sa provenance des camps de réfugiés sahraouis en Algérie. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir qu'en refusant de lui reconnaître la qualité d'apatride au motif que les documents versés ne présentaient aucune garantie d'authenticité et ne sauraient suffire pour établir formellement son identité et sa provenance des camps de réfugiés du sud de l'Algérie, le directeur général de l'OFPRA a méconnu les stipulations précitées de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides et a entaché sa décision d'erreur d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 17 janvier 2022 par laquelle le directeur général de l'OFPRA a refusé de lui reconnaître la qualité d'apatride.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Eu égard au seul motif de nature à justifier l'annulation de la décision contestée, l'exécution du présent arrêt implique seulement le réexamen de la situation de M. A. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au directeur général de l'OFPRA de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Perrin, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'OFPRA le versement à Me Perrin de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 17 janvier 2022 du directeur général de l'OFPRA est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général de l'OFPRA de réexaminer la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'OFPRA versera à Me Perrin la somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Perrin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Perrin et à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, première conseillère faisant fonction de présidente,
Mme de Gélas, première conseillère,
Mme Ballanger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2023.
La rapporteure,
M. BALLANGER
La première conseillère
faisant fonction de présidente,
B. MOLINA-ANDRÉOLa greffière,
C. LALITTE
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026