mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2203397 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | RENELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 20 juin 2022, le 11 août 2022 et le 31 juillet 2023, la société Médoc investissement, représentée par Me Renelier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 avril 2022 par laquelle la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer une autorisation de défricher partiellement les parcelles cadastrées AV 387p, AV 388p, AV 389p, AV 391, AV 393p, AV 394 et AV 395p de la commune d'Arsac, sur une surface totale 0,4085 hectares ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer l'autorisation de défricher sollicitée le 2 mars 2022 ou à défaut de réexaminer sa demande sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que sa requête est recevable et que :
- le signataire ne justifie pas de sa compétence ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 341-5 du code forestier.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 juin 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Médoc investissement ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code forestier ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bilate,
- les conclusions de M. Bourdarie, rapporteur public,
- et les observations de Me Bernadou, représentant la société Médoc investissement.
Considérant ce qui suit :
1. La société Médoc investissement a sollicité une autorisation de défrichement pour une surface totale de 0,4085 hectares sur les parcelles cadastrées AV 387p, AV 388p, AV 389p, AV 391, AV 393p, AV 394 et AV 395p de la commune d'Arsac. Par une décision du 13 avril 2022 dont la société requérante demande l'annulation, la préfète de la Gironde a rejeté cette demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la compétence du signataire :
2. L'arrêté contesté a été signé par M. Christophe Noël du Peyrat, secrétaire général de la préfecture. Celui-ci bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de la Gironde du 11 février 2022, régulièrement publiée le jour même au recueil des actes administratifs spécial n° 33- 2022-02-11-08 aux fins de signer " tous arrêtés, décisions () concernant les attributions de l'Etat dans le département de la Gironde, à l'exception des réquisitions de la force armée, des propositions de nomination dans l'Ordre de la Légion d'honneur et des actes d'aliénation des immeubles à partir d'un montant de 200 000 euros ". Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de compétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
En ce qui concerne l'erreur d'appréciation :
3. Aux termes de l'article L. 341-5 du code forestier : " L'autorisation de défrichement peut être refusée lorsque la conservation des bois et forêts ou des massifs qu'ils complètent, ou le maintien de la destination forestière des sols, est reconnu nécessaire à une ou plusieurs des fonctions suivantes : () 9° A la protection des personnes et des biens et de l'ensemble forestier dans le ressort duquel ils sont situés contre les risques naturels, notamment les incendies et les avalanches. ".
4. Pour refuser à la société requérante l'autorisation de défrichement attaquée, la préfète de la Gironde a estimé que la construction du lotissement envisagé, dans une zone d'habitat diffus et au contact d'un massif boisé augmente le risque incendie pour la forêt environnante et permet difficilement de garantir la sécurité des biens et des personnes face à l'incendie.
5. En premier lieu, la circonstance que les parcelles en litige sont classées en zone constructible UD du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune est sans influence sur la légalité de l'arrêté attaqué, eu égard à l'indépendance entre la législation relative à l'urbanisme et celle relative au défrichement, relevant du code forestier. Par suite, ce moyen inopérant ne peut qu'être écarté.
6. En second lieu, la société Médoc Investissement fait valoir que le schéma de cohérence territorial considère le risque incendie bien maîtrisé sur le territoire, et que le plan local d'urbanisme de la commune d'Arsac intègre des mesures de nature à le prémunir des risques d'incendie. Enfin, elle retient que le plan de prévention des risques d'incendie de forêt de la commune d'Arsac prévoit des mesures préventives telles que le débroussaillement et le maintien en état débroussaillé sur une zone de 50 mètres autour des constructions. Il ressort cependant des pièces du dossier, notamment du plan de masse produit par la société Médoc investissement, que la parcelle est bordée sur ses façades nord, ouest et sud-ouest de surfaces boisées, et que le projet aurait pour effet d'augmenter le linéaire de l'interface urbain/forêt. Le projet n'a pas pour seul effet de combler une " dent creuse " mais empiète largement sur la surface boisée. Le plan interdépartemental de protection des forêts contre les incendies classe Marsac " moyennement sensible " au risque incendie par commune, et la situe dans une zone " très sensible au feu " dans le classement par secteur. L'interface urbain/forêt de la commune est classée dans la zone 1,5-3 km par km2 de forêt, soit au 2ème niveau le plus élévé de risque sur 4, et le nombre de départs de feu se situe entre deux et cinq par an. Enfin, ce même plan indique que la commune de Marsac est sujette à une évolution prévisionnelle défavorable de sa sensibilité aux feux de forêts à l'horizon 2040.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté en litige doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Médoc investissement est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Médoc investissement et au ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Une copie en sera adressée au préfet de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Munoz-Pauziès, présidente,
M. Bilate, premier conseiller,
Mme Champenois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.
Le rapporteur,
X. BILATE
La présidente,
F. MUNOZ-PAUZIÈS La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026