LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2203939

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2203939

vendredi 22 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2203939
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement 72 heures
Avocat requérantCESSO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 et 22 juillet 2022, M. B D, représenté par Me Cesso, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 18 juillet 2022, portant remise aux autorités grecques ;

3°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du même jour prononçant son assignation à résidence ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil en vertu de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. D soutient que :

- les décisions ont été signées par une autorité dépourvue de délégation régulièrement publiée ;

- le principe général du droit de l'union européenne d'être entendu avant l'édiction de toute décision individuelle défavorable implique qu'il ait été mis à même de faire valoir ses observations lors d'un entretien adapté ;

- le délai de demande de réadmission de deux mois prévu par l'article 5 de l'accord de réadmission avec la Grèce, qui court à compter de la décision de la CNDA, n'a pas été respecté ;

- il est demandeur d'asile en France et a donc un droit au séjour sur le territoire à ce titre ;

- il a été mis en possession d'une autorisation provisoire de séjour, d'une part, et il réside en France depuis plus de six mois d'autre part, si bien qu'il ne pouvait faire l'objet d'une réadmission en Grèce, au regard des stipulations de l'article 6 de l'accord de réadmission ;

- la Grèce n'a pas accepté sa réadmission ;

- sa remise aux autorités grecques porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- entrant dans les catégories d'étranger devant se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-9 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne pouvait faire l'objet d'une quelconque mesure d'éloignement ;

- les délais prévus aux articles 5 et 6 de l'accord de réadmission étant dépassés, il n'existe pas de perspective raisonnable d'éloignement ; en outre, M. D dispose de garanties de représentation, si bien que l'assignation à résidence est illégale.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 et 22 juillet 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Par décision du 6 janvier 2022, la présidente du tribunal administratif a désigné M. A pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-7 à L. 614-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- l'accord du 15 décembre 1999 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République hellénique relatif à la réadmission des personnes en situation irrégulière ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir au cours de l'audience publique du 22 juillet 2022 à 10h30, présenté son rapport, ont été entendues :

- les observations orales de Me Esseul, représentant M. D, qui reprend ses écritures sans soulever de nouveau moyen ;

- les observations de M. D.

En l'absence de la préfète de la Gironde et de son représentant, l'instruction a été close après la présentation de ces observations, en vertu de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) : " Par dérogation au refus d'entrée à la frontière prévu à l'article L. 332-1, à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 et à la mise en œuvre des décisions prises par un autre État prévue à l'article L. 615-1, l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre État, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7. / L'étranger est informé de cette remise par décision écrite et motivée prise par une autorité administrative définie par décret en Conseil d'État. Il est mis en mesure de présenter des observations et d'avertir ou de faire avertir son consulat, un conseil ou toute personne de son choix ". Et aux termes de l'article L. 621-2 de ce code : " Peut faire l'objet d'une décision de remise aux autorités compétentes d'un Etat membre de l'Union européenne, () l'étranger qui, admis à entrer ou à séjourner sur le territoire de cet Etat, a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L. 311-1, L. 311-2 et L. 411-1, en application des dispositions des conventions internationales conclues à cet effet avec cet État, en vigueur au 13 janvier 2009 ".

2. M. D, ressortissant de République Démocratique du Congo né le 20 juin 1988 est entré en France, selon ses déclarations, le 1er août 2021, en provenance de Grèce, où il a obtenu le statut de réfugié le 19 février 2019. Il a sollicité l'enregistrement d'une demande d'asile auprès de la préfecture de la Gironde le 20 août 2022. En raison de la protection internationale dont il bénéficie en Grèce, le directeur général de l'Office français des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande comme irrecevable le 24 novembre 2021, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 22 mars 2022. Par un arrêté du 18 juillet 2022 dont M. D demande l'annulation, la préfète de la Gironde a décidé de sa remise d'office aux autorités grecques. M. D demande également au tribunal d'annuler l'arrêté du même jour par lequel la préfète de la Gironde a prononcé son assignation à résidence dans le département de la Gironde pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. Compte tenu de l'urgence, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre à titre provisoire M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. L'article 5 de l'accord du 15 décembre 1999 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République hellénique relatif à la réadmission des personnes en situation irrégulière stipule que : " 1. Chaque Partie contractante réadmet sur son territoire, à la demande de l'autre Partie contractante et sans formalité, le ressortissant d'un Etat tiers qui ne remplit pas ou ne remplit plus les conditions d'entrée et de séjour applicables sur le territoire de la Partie contractante requérante pour autant qu'il est établi que ce ressortissant est entré sur le territoire de cette Partie après avoir séjourné ou transité par le territoire de la Partie contractante requise au cours des dix-huit derniers mois. () ". L'annexe de l'accord dans sa partie relative aux renseignements devant figurer sur la demande de réadmission d'un ressortissant d'une Partie contractante et conditions de transmission précise que : " 1.5. La personne faisant l'objet de la demande de réadmission n'est remise qu'après réception de l'acceptation de la Partie contractante requise ". Il résulte de ces stipulations qu'une décision de réadmission en Grèce ne peut être prise qu'après réception de l'acceptation des autorités de ce pays habilitées à traiter les demandes de réadmission.

5. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, le 18 juillet 2022, les autorités grecques, sollicitées le jour-même, n'avaient pas accepté la réadmission de M. D. La circonstance que cet accord est finalement intervenu le 21 juillet 2022 ne saurait régulariser la procédure.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 18 juillet 2022 décidant la remise d'office aux autorités grecques de M. D doit être annulé. L'arrêté d'assignation à résidence, qui n'aurait pu être pris en l'absence de cette mesure d'éloignement, doit être également annulé par voie de conséquence.

Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :

7. M. D étant admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve de l'admission définitive de M. D à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Cesso de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. E le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à ce dernier.

D E C I D E

Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les arrêtés de la préfète de la Gironde du 18 juillet 2022 sont annulés.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. D à l'aide juridictionnelle, l'Etat versera à Me Cesso, avocate de M. D, une somme de 800 euros en application des dispositions du 2ème alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. E le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à ce dernier.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Me Paul Cesso et à la préfète de la Gironde.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.

Le magistrat désigné,

J. ALa greffière,

M. C

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2203939

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026