mardi 2 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2204162 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement 72 heures |
| Avocat requérant | HAAS |
Vu la procédure suivante :
D une requête et un mémoire, enregistrés le 29 juillet 2022 et le 2 août 2022, M. C B, représenté D Me Emilie Haas, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2022 D lequel la préfète de la Gironde l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui restituer son passeport ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Haas en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de l'arrêté litigieux n'est pas établie ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé dès lors qu'il omet de mentionner que deux précédents arrêtés portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ont été pris successivement les 15 avril et 30 mai 2022 à son encontre et qu'il n'est fait état d'aucun élément relatif à sa situation personnelle et à la demande de titre de séjour qu'il a formée ;
- l'arrêté en litige est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation, sa situation ayant changé depuis l'édiction de l'arrêté du 5 novembre 2021 l'obligeant à quitter le territoire français, qui retenait l'absence de ressources suffisantes de son épouse, dès lors qu'il a déposé une demande de titre de séjour le 13 mai 2022, qu'il a adressé le 15 juin 2022 les pièces manquantes sollicitées D les services de la préfecture et que son épouse justifie de ressources supplémentaires ;
- l'arrêté contesté méconnaît les dispositions des articles L. 731-1 et L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que trois arrêtés portant assignation à résidence pour une période de quarante-cinq jours chacun ont été pris à son encontre alors qu'une mesure d'assignation à résidence ne peut être renouvelée pour le même motif qu'une seule fois pour une durée de quarante-cinq jours ;
- l'arrêté litigieux est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il réside habituellement en France depuis sept ans, qu'il est marié depuis 2019 avec une ressortissante de l'Union européenne qui réside en France depuis 15 ans, que de leur union est née une enfant le 24 mars 2020, qu'il a des liens très étroits avec les trois enfants de son épouse issus d'une précédente union et dont le père est décédé, que son épouse travaille chez plusieurs particuliers, que son placement en rétention administrative a fortement perturbé le fils aîné, handicapé, de sa première épouse et que cette dernière présente de graves problèmes de santé.
D un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés D M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles ;
- le décret n° 2021-810 du 24 juin 2021 portant diverses dispositions en matière d'aide juridictionnelle et d'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jaouën, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme A et les observations orales de Me Haas, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que sa requête D les mêmes moyens, la préfète de la Gironde n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. D un arrêté du 5 novembre 2021, la préfète de la Gironde a obligé M. C B, né le 26 juin 1989, de nationalité algérienne, à quitter le territoire français. D un arrêté du 15 avril 2022, elle a prononcé à l'encontre de M. B une assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, prolongée pour la même durée D un deuxième arrêté du 30 mai 2022. D un arrêté du 27 juillet 2022, la préfète de la Gironde a de nouveau assigné M. B à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Dans le cadre de la présente instance, M. B demande au tribunal d'annuler ce dernier arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée D la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé (). L'étranger qui, ayant été assigné à résidence en application du présent article, ou placé en rétention administrative en application des articles L. 741-1 ou L. 741-2, n'a pas déféré à la décision dont il fait l'objet ou, y ayant déféré, est revenu en France alors que cette décision est toujours exécutoire, peut être assigné à résidence sur le fondement du présent article. ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable une fois dans la même limite de durée. ".
5. Il résulte de ces dispositions que la décision d'assignation à résidence peut être renouvelée tant que l'obligation de quitter le territoire français demeure exécutoire, sous réserve que la durée totale de l'assignation n'excède pas 45 jours. Cette durée est renouvelable une fois.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet d'une première assignation à résidence D un arrêté de la préfète de la Gironde en date du 15 avril 2022 pour une durée de 45 jours. Cette assignation a été prolongée pour la même durée D arrêté du 30 mai 2022. D l'arrêté en litige du 27 juillet 2022, la préfète de la Gironde a une nouvelle fois assigné M. B à résidence pour une durée de 45 jours. Il ressort des termes de ces arrêtés que ces différentes mesures ont été prises sur le même fondement, à savoir les dispositions du 1° de l'article L. 732-1 du même code, au motif que M. B faisait l'objet d'une décision d'obligation de quitter le territoire français en date du 5 novembre 2021 et que son éloignement demeurait une perspective raisonnable. Les décisions du 30 mai 2022 et du 27 juillet 2022 doivent ainsi être regardées comme des renouvellements de la première assignation à résidence prononcée le 15 avril 2022, alors même que la dernière ne fait pas immédiatement suite aux deux précédentes. Il en résulte que la durée totale des assignations à résidence prononcées à l'encontre de M. B sur le fondement de l'obligation du territoire dont il a fait l'objet D arrêté du 5 novembre 2021 excède la durée maximale de 90 jours fixée D les dispositions précitées de l'article L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans que la circonstance, mentionnée dans l'arrêté du 27 juillet 2022, qu'il ait obtenu la délivrance d'un document de voyage alors qu'il n'était pas en possession d'un tel document lors de l'édiction des arrêtés du 15 avril 2022 et 30 mai 2022 puisse, D elle-même, être regardée comme un nouveau motif permettant le prononcé d'une nouvelle assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours au regard des dispositions de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, M. B est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions précitées de l'article L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté en date du 27 juillet 2022 D lequel la préfète de la Gironde l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. L'exécution du présent jugement implique que le passeport de M. B lui soit restitué D les autorités. D suite, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui remettre son passeport dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Ainsi qu'il a été dit au point 3 ci-dessus, M. B a été provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. D suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Haas, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Haas de la somme de 1 200 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B D le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à M. B.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 27 juillet 2022 D lequel la préfète de la Gironde a assigné M. B à résidence pour une durée de 45 jours est annulé.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète de la Gironde de restituer son passeport à M. B dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Haas renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Haas, avocate de M. B, une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B D le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à M. B.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la préfète de la Gironde et à Me Emilie Haas.
Rendu public D mise à disposition au greffe le 2 août 2022.
La magistrate désignée,
S. ALa greffière,
S. CASTAIN
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026