mardi 16 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2204230 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU-5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET REFLEX DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 2 août 2022, 29 novembre 2023 et 8 décembre 2023, Mme C A, représentée par Me Allala, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 juin 2022 par laquelle la commune de Vendays-Montalivet a refusé de lui communiquer divers documents relatifs à la construction d'une librairie et à l'occupation du domaine public sur les parcelles cadastrées AD 47 et 48 de cette commune ;
2°) d'enjoindre à cette commune de lui communiquer les documents litigieux dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Vendays-Montalivet une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a sollicité la commune de Vendays-Montalivet le 28 octobre 2021 pour que lui soient communiqués les autorisations d'urbanisme et marchés publics de construction sur le domaine public de la commune d'une librairie, rue de l'Océan, parcelles cadastrées AD 47 et AD 48, ainsi que l'autorisation ou la convention d'occupation du domaine public par l'exploitant de cette librairie ; aucune réponse ne lui a été apportée ; elle a donc saisi la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) le 10 février 2022, qui a rendu un avis favorable le 31 mars 2022 ;
- par courriel du 27 juin 2022, la commune de Vendays-Montalivet a procédé à une communication parcellaire des documents demandés, de sorte que cette décision doit être regardée comme un refus de communication ; les autorisations d'occupation du domaine public communiquées ne portent pas sur les parcelles demandées ; la construction sur le domaine public a nécessairement donné lieu à émission d'un permis de construire et passation d'un marché public, qui sont, par suite communicables.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 février 2023, le 28 novembre 2023 et le 14 décembre 2023, la commune de Vendays-Montalivet, représentée par Me Baltassat, conclut au non-lieu à statuer et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle ne peut communiquer l'autorisation d'occupation du domaine public demandée, qui n'existe pas ;
- la construction litigieuse a été réalisée par une personne privée, sans qu'elle ne donne lieu à la passation d'un contrat de la commande publique ; elle ne peut donc communiquer ces documents inexistants ;
- le permis de construire litigieux est communiqué dans le cadre de l'instance ; par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A a sollicité, le 28 octobre 2021, la commune de Vendays-Montalivet afin que lui soient communiqués les autorisations d'urbanisme et marchés publics de construction sur le domaine public de la commune d'une librairie, rue de l'Océan, parcelles cadastrées AD 47 et AD 48, ainsi que les autorisations d'occupation du domaine public par l'exploitant de cette librairie. Aucune réponse ne lui ayant été apportée, elle a saisi la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) le 10 février 2022, qui a rendu un avis favorable le 31 mars 2022. Par courriel du 27 juin 2022, la commune de Vendays-Montalivet a répondu à la demande de Mme A. Estimant que cette décision ne répond pas à sa demande, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du 27 juin 2022, et d'enjoindre à la commune de lui communiquer les documents demandés.
Sur le non-lieu à statuer :
2. La commune de Vendays-Montalivet ayant communiqué, d'une part, le 27 juin 2022, l'arrêté portant, pour l'année 2021, autorisation d'occupation temporaire du domaine public délivré à l'exploitant de la librairie construite 7 et 9 avenue de l'océan, et d'autre part dans le cadre de l'instance, cette même autorisation pour l'année 2022, ainsi que le dossier et permis de construire afférent à l'immeuble litigieux, délivré le 12 décembre 2000, les conclusions présentées par Mme A tendant à l'annulation de la décision de la commune rejetant sa demande de communication de tels documents, ainsi que ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte, sont devenues sans objet sur ce point. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'État, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions. / () ". Aux termes de l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ". Aux termes de l'article L. 311-2 du même code : " Le droit à communication ne s'applique qu'à des documents achevés. () / Le droit à communication ne s'exerce plus lorsque les documents font l'objet d'une diffusion publique () ".
4. Si une autorité administrative est tenue de communiquer les documents administratifs qu'elle détient aux personnes qui en font la demande, ce droit à communication ne s'applique toutefois qu'à des documents existants et n'a ni pour objet, ni pour effet de contraindre l'administration à établir un document qui n'existe pas, l'administration n'étant pas davantage tenue d'établir un document en vue de procurer les renseignements ou l'information souhaités. La communication d'un document inexistant est toutefois imposée, dans l'hypothèse où celui-ci peut être obtenu par un traitement automatisé d'usage courant.
5. Mme A a saisi la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) d'un refus implicite opposé par la commune Vendays-Montalivet à sa demande de communication des marchés publics conclus par la commune pour la construction de la librairie litigieuse, ainsi que des autorisations d'occupation du domaine public délivrées à l'exploitant de cette librairie. Si, par un avis du 31 mars 2022, la CADA a émis un avis favorable à cette communication en raison de l'application des règles de la commande publique, la commune de Vendays-Montalivet a précisé à Mme A son impossibilité de lui communiquer ces documents, qui n'existent pas, le bâtiment abritant la librairie litigieuse ayant été érigé par une personne privée et n'ayant pas donné lieu à la passation d'un contrat de la commande publique. En défense, la commune de Vendays-Montalivet réitère son argumentation, qu'aucun élément du dossier ne permet de contredire.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation du refus de la commune de Vendays-Montalivet de faire droit à sa demande de communication des actes de la commande publique relatifs à la construction de la librairie litigieuse. Par voie de conséquence, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint sous astreinte à la commune de Vendays-Montalivet de communiquer ces documents doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Vendays-Montalivet une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par la commune de Vendays-Montalivet au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de Mme A en tant qu'elles tendent à l'annulation de la décision de la commune Vendays-Montalivet de refus de communication des documents d'urbanisme et d'autorisation du domaine public relatifs à l'immeuble sis 7-9 avenue de l'océan.
Article 2 : La commune de Vendays-Montalivet versera à Mme A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la commune de Vendays-Montalivet.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2024.
La magistrate désignée,
C. BLa greffière,
C. JANIN
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026