LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2204341

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2204341

mardi 9 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2204341
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement 72 heures
Avocat requérantAUTEF

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 août 2022 13h46 et 9 août 2022 à 11h17, M. E C demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle,

2°) d'annuler les arrêtés du 21 janvier 2022 par lesquels la préfète de la Gironde l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'exécution d'office de cette mesure, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et l'a assigné à résidence ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de réexaminer sa situation et de lui délivrer, en l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de rectifier la date d'entrée en France sur le récépissé de sa demande de titre de séjour qui lui a été délivré le 8 août 2022 ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions en litige :

- le signataire est incompétent en l'absence de délégation de signature régulièrement publiée au bénéfice de M. B ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation dès lors qu'aucun des considérants ne se rapporte à sa situation personnelle ; il a été confié à l'aide sociale à l'enfant avant ses 18 ans, il suit une formation qualifiante, il est intégré, a déposé une demande d'admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le 6 juillet 2022, il bénéficie de contrats jeunes majeurs régulièrement renouvelés ;

- elle est entachée d'erreurs de fait dès lors qu'il remplit les conditions pour bénéficier du titre de séjour prévu à l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il présente des garanties de représentation suffisantes dès lors qu'il est pris en charge par l'Institut Don Bosco et suit une formation qualifiante dans le cadre d'un contrat d'apprentissage ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que sa vie privée et familiale est ancrée en France où il a réussi son intégration professionnelle ;

En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :

- la décision est illégale, par voie d'exception de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- aucun risque de fuite n'est caractérisé, son identité est établie, il est pris en charge par le département de la Gironde au titre d'un contrat jeune majeur, il suit une formation qualifiante, il a déposé une demande de titre de séjour le 6 juillet 2022 en cours d'instruction ; cette mesure est contradictoire avec l'assignation à résidence prise concomitamment ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision est illégale, par voie d'exception de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour :

- la décision est illégale, par voie d'exception de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie de sa parfaite intégration, n'a jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est entré mineur sur le territoire national et a été confié à l'aide sociale à l'enfance ; il est pris en charge dans le cadre d'un contrat jeune majeur, est hébergé à ce titre et dispose de ressources légales ;

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

- la décision est illégale, par voie d'exception de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle n'est pas suffisamment motivée dès lors que ses considérants sont stéréotypés ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

La préfète de la Gironde a produit le 8 août 2022 à 17h24, un arrêté du même jour abrogeant les arrêtés en litige du 21 janvier 2022 notifiés le 4 août 2022 ainsi qu'un récépissé de demande de titre de séjour également daté du 8 août 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. D pour statuer en application des

dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 9 août 2022 à 14h30 :

- le rapport de M. Bongrain, magistrat désigné ;

- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. E C, ressortissant algérien né le 17 juillet 2003, est entré en France selon ses déclarations en novembre 2020. Par une décision du 18 mars 2021, le juge des enfants près le tribunal judiciaire de Bordeaux l'a confié à l'aide sociale à l'enfance jusqu'à sa majorité. Un contrat jeune majeur lui a été proposé. Par des arrêtés du 21 janvier 2022, notifiés le 4 août 2022 à 14h30, dont il demande l'annulation, la préfète de la Gironde l'a obligé à quitter le territoire français sans délai a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'exécution d'office de cette mesure, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et l'a assigné à résidence. Ces mesures ont été abrogées par un arrêté du 8 août 2022.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

3. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution, que dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.

4. Si dans son mémoire en réplique enregistré le 9 août 2022, M. C, soutient, sans se désister, que ses conclusions à fin d'annulation sont devenues sans objet en raison de l'abrogation, prononcée par arrêté du 8 août 2022 des mesures en litige, tel n'est pas le cas dès lors que la mesure d'assignation à résidence a reçu un commencement d'exécution et que cet arrêté n'est pas devenu définitif.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions en litige :

5. En premier lieu, il ressort de la consultation du site internet de la préfecture, librement accessible, que M. A B, directeur des migrations et de l'intégration, qui a signé les arrêtés en litige, bénéficiait d'une délégation de la préfète du 16 septembre 2021, publiée au recueil des actes administratifs de la Gironde n°2021-177 du lendemain, à l'effet de signer toutes décisions et courriers relevant des missions de la direction des migrations et de l'intégration, au nombre desquelles figurent l'ensemble des décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des actes manque en fait et doit donc être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ".

7. Il ressort des termes de l'arrêté en litige, qui vise les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que M. C est entré irrégulièrement sur le territoire français, qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, est célibataire et sans charge de famille en France. Ce faisant, et alors même que la prise en charge de l'intéressé par l'aide sociale à l'enfance n'est pas mentionnée, la préfète de la Gironde a suffisamment motivé sa décision. Si l'intéressé se prévaut de ce que sa demande de titre de séjour n'a pas été étudiée, il est constant que celle-ci n'a été déposée qu'après l'édiction de la mesure en litige. Dans ces conditions et eu égard à cette motivation, la préfète de la Gironde n'a pas davantage entaché sa décision d'un défaut d'examen particulier de sa situation.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du même code : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ". Aux termes de l'article L. 435-3 du même code : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ". Aux termes de l'article R. 431-5 de ce même code : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : () 3° Au plus tard, deux mois après la date de son dix-huitième anniversaire, s'il ne remplit pas les conditions de délivrance de l'un des titres de séjour mentionnés au 2° () ".

9. Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu'un étranger mineur entré irrégulièrement en France doit, pour se conformer à l'obligation de possession d'un titre de séjour qui pèse sur lui à compter du jour où il devient majeur, solliciter un tel titre dans les deux mois qui suivent son dix-huitième anniversaire. Il ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que s'il s'est abstenu de solliciter un titre pendant cette période.

10. M. C soutient que l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre est entachée d'erreurs de fait dès lors qu'il remplit les conditions pour se voir octroyer un titre de séjour en application de l'article L. 435-3 et présente des garanties de représentation suffisantes. Toutefois, M. C n'avait pas déposé de demande de titre de séjour, ni dans les deux mois à compter de son dix-huitième anniversaire, ni à la date de l'arrêté en litige. De surcroît, les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'instituent qu'un mécanisme d'admission exceptionnelle au séjour et non de plein droit. Dans ces conditions, à supposer même que la préfète de la Gironde ait entaché sa décision d'inexactitude matérielle sur ce point, cet élément n'est pas de nature à entacher d'illégalité l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. S'agissant de l'insuffisance des garanties de représentation de M. C, celles-ci ne fondent pas la mesure en litige qui a été édictée au titre du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce faisant, cette appréciation n'est pas davantage de nature à affecter l'obligation de quitter le territoire français en litige d'illégalité.

11. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

12. Il ressort des pièces du dossier que M. C est célibataire et sans enfant, des membres de sa famille résident toujours en Algérie où il a vécu jusqu'en septembre 2020. Dans ces conditions, et malgré son insertion professionnelle, la préfète de la Gironde n'a pas porté, en l'obligeant à quitter le territoire français, une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 5 à 12 que l'obligation de quitter le territoire français dont a fait l'objet M. C n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de ce que le refus de lui accorder un délai de départ volontaire serait dépourvu de base légale en raison de l'illégalité de cette obligation, ne peut qu'être écarté.

14. En deuxième lieu, il ressort des termes de l'arrêté en litige, qui vise les dispositions de l'article L. 612-2 et des 1°, 4° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il existe un risque que M. C se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. Ce faisant, la préfète de la Gironde, a suffisamment motivé sa décision. Par suite, ce moyen manque en fait et doit être écarté.

15. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

16. M. C soutient que le risque qu'il se soustraie à la mesure d'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre n'est pas caractérisé. Il résulte de ce qui a été dit aux points 9 et 10 que l'intéressé est entré irrégulièrement sur le territoire national et n'a pas sollicité de titre de séjour dans le délai de deux mois suivant son dix-huitième anniversaire. Il ne conteste en outre pas avoir manifesté son intention de ne pas vouloir se conformer à l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. En revanche, dès lors qu'il dispose d'une résidence effective, M. C doit être regardé comme présentant des garanties de représentation suffisantes, de sorte que le motif prévu au 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas au nombre de ceux qui peuvent légalement justifier le refus de lui accorder un délai de départ volontaire. Il résulte néanmoins de l'instruction que la préfète de la Gironde aurait pris la même décision si elle s'était seulement fondée sur les deux motifs précédemment exposés, tenant respectivement aux 1° et 4° de l'article L. 612-3 précité, ou même sur l'un ou l'autre d'entre eux.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

17. Il résulte de ce qui a été dit aux points 5 à 12 que l'obligation de quitter le territoire français dont a fait l'objet M. C n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays à destination duquel il pourrait être éloignée en cas d'exécution d'office de la mesure d'obligation de quitter le territoire français prise à son égard serait dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de cette même obligation, ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de retour :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 5 à 12 que l'obligation de quitter le territoire français dont a fait l'objet M. C n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de ce que l'interdiction de retour serait dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de cette obligation, ne peut qu'être écarté.

19. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour.

Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-7 du même code : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

20. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

21. Il ressort des termes de l'arrêté en litige que M. C a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui n'était assortie d'aucun délai de départ volontaire. Les circonstances dont le requérant fait état ne présentent aucun caractère humanitaire et ne font ainsi pas obstacle au prononcé d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé n'avait jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Il n'est pas davantage justifié qu'il constituerait une menace pour l'ordre public dès lors que s'il a fait l'objet d'une interpellation le 20 janvier 2022 pour tentative de vol en réunion, il n'est pas contesté par la préfète de la Gironde que l'enquête pénale a permis de déterminer qu'il n'était pas l'auteur des faits. Dans ces conditions, en fixant à trois ans, la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. C, la préfète de la Gironde a entaché sa décision d'erreur d'appréciation.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

22. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 5 à 12 que l'obligation de quitter le territoire français dont a fait l'objet M. C n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de ce que l'assignation à résidence serait dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de cette obligation, ne peut qu'être écarté.

23. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".

24. Il ressort des termes de l'arrêté en litige, qui vise notamment les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que M. C réside à Saint-Macaire, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, ne peut quitter immédiatement le territoire français et que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Ce faisant, la préfète de la Gironde, a suffisamment motivé sa décision. Par suite, ce moyen doit être écarté.

25. En dernier lieu, si M. C soutient que la mesure est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation dès lors qu'il est parfaitement intégré, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la mesure en litige. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

26. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté de la préfète de la Gironde en date du 21 janvier 2022 doit seulement être annulé en tant qu'il prononce une interdiction de retour d'une durée de trois ans sur le territoire de M. C.

Sur les conclusions à fins d'injonction :

27. Eu égard au motif d'annulation retenu, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. C ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :

28. L'Etat n'étant pas, dans la présente instance, la partie principalement perdante, les conclusions de M. C présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent être accueillies.

D E C I D E :

Article 1er : Il y a lieu d'admettre M. C, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'arrêté du 21 janvier 2022 est annulé en tant qu'il prononce à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français pendant trois ans.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, à Me Autef et à la préfète de la Gironde.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 août 2022.

Le magistrat désigné,

A. DLa greffière,

S. CASTAIN

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à

tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions