lundi 12 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2204747 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DEBRIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 septembre 2022, M. C A B, représenté par Me Debril, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète de la Gironde sur sa demande de titre de séjour déposée le 15 juin 2021 ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa demande, et ce, en toute hypothèse, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. A B soutient que :
- de nationalité tunisienne, il est entré en France en 2013 et y réside depuis de manière habituelle, comme il en justifie ;
- la demande de titre de séjour qu'il a déposée le 15 février 2022 sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à titre principal, de l'article L. 435-1 de ce code à titre subsidiaire, et de l'article 3 de l'accord franco-tunisien à titre infiniment subsidiaire, ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet le 15 juin 2022, il a sollicité les motifs de ce refus par un courrier du 8 avril 2022 qui est resté sans réponse ;
- le refus de titre de séjour portant une atteinte grave, immédiate et sérieuse à ses intérêts, en l'empêchant de débuter une activité professionnelle faute de droit au travail alors que son épouse attend un enfant, la condition d'urgence est satisfaite :
- la préfète n'ayant pas répondu dans le délai imparti à sa demande du 8 avril 2022 sur les motifs du refus de titre de séjour, la décision contestée est affectée d'un défaut de motivation ;
- ce défaut de motivation révèle une absence d'examen particulier de sa demande de titre ;
- alors qu'il réside de manière habituelle sur le territoire français depuis 2013, qu'il est marié avec une épouse résidant en France, dont il attend un enfant, qu'il justifie d'une bonne intégration sociale et professionnelle dans ce pays et qu'il n'entretient plus de relations avec la Tunisie, la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en violation de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- pour les mêmes motifs, sa demande de titre répond à des considérations humanitaires ou se justifie par des motifs exceptionnels, conformément aux dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- justifiant d'une autorisation de travail, il peut se prévaloir de l'article 3 de l'accord franco-tunisien ;
- la décision repose également sur une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences.
Par décision du 7 juin 2022, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. A B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 522-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ". L'article L. 522-3 dispose cependant que " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code précité : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire () ".
3. Pour l'application des dispositions précitées du code de justice administrative, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte en litige sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Il appartient toutefois également au juge des référés, pour rechercher si la condition d'urgence est remplie, de rapprocher d'une part les motifs invoqués par le requérant pour soutenir qu'il y est satisfait, et, d'autre part, la diligence avec laquelle il a, par ailleurs, introduit des conclusions d'annulation.
4. Pour justifier de la condition d'urgence, M. C A B, ressortissant tunisien né le 12 janvier 1992 à Sfax, en Tunisie, qui se prévaut d'une résidence habituelle en France depuis 2013, fait valoir que l'absence de droit au travail l'empêche de débuter une activité professionnelle alors que son épouse, Mme D, compatriote qu'il a épousée le 20 octobre 2021, attend un enfant. Il ressort des pièces du dossier que M. A B a formulé auprès des services de la préfecture de la Gironde une demande de titre de séjour qui a été reçue le 1er février 2021 selon l'avis de réception produit. Si l'intéressé, qui n'établit pas avoir détenu auparavant un titre de séjour, soutient que le silence gardé par l'autorité préfectorale sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet, qui serait alors intervenue le 1er juin 2021, en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce n'est que par courrier reçu le 8 avril 2022, soit dix mois plus tard, qu'il a demandé communication des motifs de cette décision, en vue de la soumettre à la censure du tribunal. Dans ces conditions, M. A B ne peut être regardé comme justifiant, à la date de sa requête, d'une situation d'urgence caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir une mesure dans un bref délai.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A B, y compris sa demande tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B et à Me Debril.
Copie sera adressée pour information à la préfète de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 12 septembre 2022.
Le juge des référés,
J-M. Bayle
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026