mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2204826 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU-6 semaines |
| Avocat requérant | NZALOUSSOU |
Vu les procédures suivantes :
Par des ordonnances du 6 septembre 2022, le président du tribunal administratif de Paris a transmis les requêtes nos 2217996/12-3 et 2217991/12-3, enregistrées le 25 août 2022, présentées par Mme B F au tribunal administratif de Bordeaux.
I/ Par une requête enregistrée le 25 août 2022 au greffe du tribunal administratif de Paris, un mémoire complémentaire et des pièces, enregistrés les 4 et 7 novembre 2022 au greffe du tribunal administratif de Bordeaux sous le n° 2204826, Mme B A D, désormais représentée par Me Haas, avocate, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 août 2022 par lequel le préfet de police de Paris, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 80 euros par jour de retard et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour.
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été privée de son droit d'être entendu ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 3-1 et 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne la décision lui interdisant le retour sur le territoire :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 novembre 2022, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
II/ Par une requête enregistrée le 25 août 2022 au greffe du tribunal administratif de Paris et un mémoire complémentaire, enregistré le 4 novembre 2022 au greffe du tribunal administratif de Bordeaux, Mme B A D, désormais représentée par Me Haas, avocate, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 août 2022 par lequel le préfet de police de Paris a prononcé une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de vingt-quatre mois.
3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 80 euros par jour de retard et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour.
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est disproportionnée ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L.612-8 et L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est privée de base légale compte tenu de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- elle porte atteinte à son droit à la vie privée et familiale.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. E C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- et les observations de Me Haas, représentant Mme A D, qui reprend et précise les termes de ses écritures.
Le préfet de police de Paris n'étant ni présent ni représenté, la clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été enregistrée le 15 novembre 2022 dans l'instance n° 2204826 présentée pour la requérante.
Une note en délibéré a été enregistrée le 15 novembre 2022 dans l'instance n° 2204832 présentée pour la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A D, ressortissante congolaise, née le 20 juillet 1990, déclare être entrée en France le 7 février 2019. Par une décision du 23 août 2022, le préfet de police de Paris l'a obligée à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination. Par la requête n° 2204826, Mme A D demande au tribunal d'annuler cet arrêté. Par une décision du 23 août 2022, le préfet de police de Paris lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée de vingt-quatre mois. Par la requête n° 2204832, Mme A D demande au tribunal d'annuler ce second arrêté.
Sur la jonction :
2. les requêtes n° 2204826 et 2204832 présentées par Mme A D présentent à juger des questions communes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu d'y statuer par un seul et même jugement.
Sur les conclusions à fin d'aide juridictionnelle à titre provisoire :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ( ) ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les requêtes de Mme A D de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle dans les deux instances.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; ".
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme A D est mère d'une enfant née le 3 septembre 2019 à Bordeaux dont elle s'occupe depuis sa naissance et qui est de nationalité française. Dans ces conditions, le préfet de police a méconnu les dispositions précitées du code en prenant à l'encontre de la requérante une obligation de quitter le territoire français.
6. Il y a lieu, dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens, d'annuler l'arrêté du 23 août 2022 du préfet de police portant obligation de quitter le territoire français, ainsi que, par voie de conséquence, l'arrêté du même jour portant interdiction de retour sur le territoire français.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. Aux termes de l'article L. 614-16 du CESEDA : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".
8. L'annulation de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français implique un réexamen de la situation de Mme A D et l'octroi d'une autorisation provisoire de séjour durant ce réexamen. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de Paris à l'intéressée une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours suivant la notification du présent jugement et de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter cette même date. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais à l'instance :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de l'Etat au titre des frais non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A D est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire dans les instances nos 2204826 et 2204832.
Article 2 : Les arrêtés du 23 août 2022 du préfet de police portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur ce même territoire sont annulés.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de police de Paris de délivrer à Mme A D une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours suivant la notification du présent jugement et de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois suivant cette même notification.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A D, à Me Emilie Haas et au préfet de police de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
Ph. C
La greffière,
S. CASTAIN
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2204826
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026