dimanche 9 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2204837 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DESPRES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 septembre 2022 et un mémoire enregistré le 29 septembre 2022, M. B E et M. D C, représentés par la SCP Cabinet Lexia, demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 20 juin 2019 par lequel le maire de la commune de Saint-Germain-et-Mons a décidé de ne pas s'opposer à la déclaration préalable déposée le 17 mai 2019 par M. A pour la division en quatre lots d'un terrain situé 287, route des Palaines, cadastré section B n° 1464, ainsi que de la décision du 22 mars 2022 rejetant le recours gracieux de M. E.
M. E et M. C soutiennent que :
- ils sont propriétaires, respectivement, des parcelles cadastrées section B n° 1466 et 1467, sur le territoire de la commune de Saint-Germain-et-Mons ;
- la commune de Saint-Germain-et-Mons ne justifiant pas par les pièces produites, qui ne présentent pas une fiabilité suffisante, de l'affichage de la déclaration sur le terrain à une date telle que le délai de recours serait expiré, le moyen tiré de la tardiveté de la requête au fond ne peut qu'être écarté ;
- en outre, d'une part, il n'est pas établi que le panneau affichant la déclaration préalable comportait les mentions imposées par les articles R. 424-15 et les articles A. 424-15 et suivants du code de l'urbanisme, d'autre part, il ressort du témoignage même produit par la commune que le panneau n'a pas été apposé au droit du terrain concerné ;
- la condition d'urgence est satisfaite eu égard au commencement des travaux sur les lots issus de la division ;
-si les parcelles issues de la division autorisée étaient situées en zone U, constructible, à la date de la décision en litige, elles sont dorénavant classées en grande partie en zone A dans le plan local d'urbanisme intercommunal approuvé par délibération du 13 janvier 2020, qui couvre le territoire de la commune de Saint-Germain-et-Mons ;
- trois des parcelles en cause ont fait l'objet d'un permis de construire ;
- le recours administratif que M. E a formulé le 27 janvier 2022, reçu le 31 janvier, contre l'arrêté de non-opposition a fait l'objet d'une notification au bénéficiaire de cette décision, conformément à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- à la suite de la décision du maire de Saint-Germain-et-Mons en date du 22 mars 2022, reçue le 24 mars, ils ont saisi le tribunal d'une requête aux fins d'annulation de l'arrêté du 20 juin 2019 ;
- en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme, la condition d'urgence est présumée satisfaite ;
- en outre le démarrage des travaux crée une situation d'urgence ;
- il n'est pas établi qu'aient été respectées, d'une part, la formalité d'information du pétitionnaire sur la date de transmission de la décision et du dossier à l'autorité préfectorale, prévue par l'article R. 424-12 du code de l'urbanisme, d'autre part, celle de la transmission d'un exemplaire de la demande à cette même autorité, imposée par l'article R. 423-7 de ce code ;
- les conditions posées par l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme étant satisfaites dès lors que le débat sur le projet d'aménagement et de développement durable du plan local d'urbanisme s'est tenu le 14 mai 2018 et que le projet de plan prévoyait le déclassement de l'essentiel des parcelles concernées, de la zone U en zone A dans laquelle la construction de maison individuelle n'est pas autorisée, le maire s'est livré à une erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant d'opposer à la déclaration préalable un sursis à statuer, sans qu'importe la circonstance que la décision affecte moins de 1,6 % de la superficie de l'espace agricole d'un seul tenant dont le terrain divisé est limitrophe ;
- le dossier de déclaration ne mentionne pas la date de naissance du pétitionnaire, en violation de l'article R. 441-9 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 septembre 2022 et un mémoire enregistré le 5 octobre 2022, la commune de Saint-Germain-et-Mons, représentée par Me Després, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. E et de M. C d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Saint-Germain-et-Mons fait valoir que :
- la requête au fond est entachée de tardiveté ;
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite, la division autorisée étant transcrite au cadastre depuis le 16 octobre 2019 et cet achèvement ayant permis la vente de deux lots et la signature d'une promesse de vente pour un troisième lot ;
- les moyens ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.
Vu :
- les pièces desquelles il résulte que la requête a été communiquée à M. A, qui n'a pas produit de mémoire ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 6 octobre 2022 à 14h30, après le rapport, ont été entendues :
- les observations de Me Hardouin, représentant M. E et M. C, qui a développé les moyens soulevés dans les écritures de ces derniers ;
- les observations de Me Després, représentant la commune de Saint-Germain-et-Mons, qui a confirmé les moyens invoqués en défense par cette collectivité.
M. A n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
M. E et M. C ont déposé une note en délibéré le 6 octobre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. E et M. C demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 20 juin 2019 par lequel le maire de la commune de Saint-Germain-et-Mons a décidé de ne pas s'opposer à la déclaration préalable déposée le 17 mai 2019 par M. A pour la division en quatre lots à bâtir d'un terrain situé 287, route des Palaines, cadastré section B n° 1464, ainsi que de la décision du 22 mars 2022 de cette autorité rejetant le recours gracieux de M. E.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne la recevabilité de la requête au fond :
3. Si la requête tendant à l'annulation du ou des actes administratifs dont la suspension est demandée est irrecevable, aucun des moyens présentés au soutien d'une requête formée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est susceptible de créer un doute sérieux quant à la légalité du ou des actes administratifs contestés. Lorsqu'elle ressort des pièces du dossier soumis au juge des référés, l'irrecevabilité de la requête à fin d'annulation doit être relevée, le cas échéant d'office, par le juge des référés, pour constater que la requête aux fins de suspension ne peut qu'être rejetée.
4. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 " et aux termes de ce dernier article : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier.() / Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable ".
5. Si la commune de Saint-Germain-et-Mons fait valoir que l'arrêté du 20 juin 2019 par lequel le maire a décidé de ne pas s'opposer à la déclaration déposée par M. A a fait l'objet d'un affichage sur le terrain en cause pendant la période du 21 juin au 30 octobre 2019, elle ne produit, pour attester du respect de la formalité prévue par les dispositions précitées de l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme, que la photographie d'un panneau d'affichage dépourvue de tout élément de nature à lui conférer date certaine et une attestation établie le 2 mars 2022 par une parente proche du pétitionnaire. La commune ne peut être regardée, dans ces conditions, comme justifiant de l'affichage de la déclaration préalable à une date antérieure d'au moins deux mois à celle de l'enregistrement de la requête au fond.
6. La commune de Saint-Germain-et-Mons invoque certes le principe de sécurité juridique qui, impliquant que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contesté indéfiniment par les tiers un permis de construire, une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou un permis d'aménager. S'agissant d'une décision de non-opposition qui n'aurait pas fait l'objet d'un affichage mentionnant les voies et délai de recours, un délai excédant un an ne peut, en règle générale et sauf circonstance particulière dont se prévaudrait le requérant, être regardé comme raisonnable. Toutefois, compte tenu de la règle posée par l'article R. 600-2 précité, ce délai raisonnable ne peut courir qu'à compter du premier jour de l'affichage de la déclaration sur le terrain pendant une période de deux mois. A défaut de justifier d'une date certaine de l'affichage, ainsi qu'il a été dit, la commune ne peut non plus se prévaloir du principe énoncé ci-dessus.
7. Il suit de ce qui précède que le moyen tiré de l'irrecevabilité de la requête au fond ne peut, en l'état, qu'être écarté.
En ce qui concerne la condition d'urgence :
8. Aux termes de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable ou contre un permis de construire, d'aménager ou de démolir ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. / La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite ". Cependant, lorsqu'il est établi que les travaux sont achevés ou que des circonstances font ressortir qu'un intérêt particulier s'attache à l'achèvement rapide des travaux, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.
9. Pour contester la présomption d'urgence dont se prévalent les requérants sur le fondement de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme, la commune de Saint-Germain-et-Mons soutient que la décision de non-opposition en litige a été entièrement exécutée, en faisant valoir que la division foncière prévue pour la création des quatre lots à bâtir est achevée du fait de sa transcription au cadastre depuis le 16 décembre 2019 ainsi que de la cession de deux des quatre lots, outre la conclusion d'une promesse de vente pour un troisième lot. Toutefois l'établissement du document modificatif du parcellaire cadastral ne suffit pas, par lui-même, à faire considérer que les travaux objet de la déclaration préalable sont achevés, ni davantage, en l'espèce, la mise à jour du cadastre par le service de publicité foncière dès lors que, non seulement tous les lots n'ont pas encore été cédés, mais que les opérations de construction que la déclaration préalable permet ne sont pas terminées.
10. Il suit de ce qui précède que la condition d'urgence doit être regardée comme satisfaite.
En ce qui concerne le doute sérieux :
11. En l'état de l'instruction, le moyen invoqué par M. E et M. C, tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté du 20 juin 2019 par lequel le maire de Saint-Germain-et-Mons a décidé de ne pas s'opposer à la déclaration préalable déposée le 17 mai 2019 par M. A. En revanche, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code précité, aucun autre moyen n'est susceptible, en l'état, de fonder la suspension de cette décision.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. E et M. C sont fondés à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du 20 juin 2019 du maire de Saint-Germain-et-Mons et de la décision de cette autorité du 22 mars 2022 rejetant le recours gracieux de M. E.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. E et de M. C, qui ne sont pas partie perdante dans la présente instance, la somme dont la commune de Saint-Germain-et-Mons demande le paiement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 20 juin 2019 par lequel le maire de la commune de Saint-Germain-et-Mons a décidé de ne pas s'opposer à la déclaration préalable déposée le 17 mai 2019 par M. A et de la décision du 22 mars 2022 de cette autorité rejetant le recours gracieux de M. E est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Germain-et-Mons tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B E, M. D C et à la commune de Saint-Germain-et-Mons.
Fait à Bordeaux, le 9 octobre 2022.
Le juge des référés,
J-M. BAYLE La greffière,
H. MALO
La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026