mardi 21 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2205223 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | PORNON-WEIDKNNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 30 septembre et 2 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Pornon-Weidknnet, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 décembre 2021 par laquelle la préfète de la Gironde a implicitement refusé de faire droit à sa demande de titre de séjour mention " vie privée et familiale ", ensemble le refus implicite opposé le 8 septembre 2022 par cette même autorité à sa demande de réexamen de sa situation ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la circonstance que l'examen de son dossier nécessite une instruction poussée n'a pas fait obstacle à la survenance le 11 décembre 2021 d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant plus de quatre mois sur sa demande, par application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ; le délai de survenance d'une décision implicite de rejet d'un recours administratif étant de deux mois par application des dispositions de droit commun des articles L. 231-1 et L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, une décision implicite de rejet de sa demande de réexamen reçue le 8 juillet 2022 est née le 8 septembre 2022 ;
- les décisions implicites attaquées sont entachées d'un défaut de motivation, dès lors qu'il a sollicité en vain la communication des motifs par courriers reçus en préfecture les 26 janvier et 26 septembre 2022 ;
- la préfète de la Gironde n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle a commis un vice de procédure en l'absence de consultation de la commission du titre de séjour en méconnaissance des dispositions combinées des articles L. 432-13 et L. 423-7 du CESEDA ;
- elle a méconnu les dispositions de l'article L. 423-7 du CESEDA, dès lors qu'il est le père de plusieurs enfants français dont il participe à l'éducation et à l'entretien ;
- elle a méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du CESEDA ;
- elle a méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du CESEDA ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, compte tenu des risques qu'il encourrait pour sa santé en cas de retour dans son pays d'origine ;
- elle a méconnu les stipulations du 1° de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 novembre 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que compte tenu de la menace pour l'ordre public que constitue la présence en France de M. B, les investigations à mener n'ont pas encore permis de prendre de décision expresse ou implicite sur la demande de titre de séjour présentée par le requérant.
Par une ordonnance du 4 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 décembre 2022.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Molina-Andréo, première conseillère ;
- et les observations de Me Pornon-Weidknnet, représentant M. B, présent.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant camerounais né le 19 janvier 1986, a sollicité auprès de la préfecture de la Gironde, par courrier reçu le 11 août 2021, le bénéfice d'un titre de séjour sur le fondement de L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), en qualité de parent d'enfants français. Le silence gardé par la préfète de la Gironde sur cette demande pendant plus de quatre mois a fait naitre, le 11 décembre 2021, une décision implicite de rejet par application de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par lettre du 7 juillet 2022, réceptionnée le 8 juillet suivant, M. B a renouvelé sa demande de titre en faisant valoir le caractère urgent de son dossier. Le silence gardé par l'autorité administrative sur cette demande, qui constitue en réalité un recours gracieux contre le refus opposé le 11 décembre 2021, a fait naître une décision implicite de rejet de ce recours le 8 septembre 2022, conformément au 2° de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ces deux décisions des 11 décembre 2021 et 8 septembre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 432-1 du CESEDA : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
4. La décision refusant la délivrance d'une carte de séjour à un étranger constitue une mesure de police qui est au nombre de celles qui doivent être motivées en application des dispositions précitées de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, en application des dispositions de l'article L. 232-4 du même code, il est loisible à l'étranger auquel est opposé tacitement, après quatre mois, un rejet de sa demande de titre de séjour de demander, dans le délai du recours contentieux, les motifs de cette décision implicite de rejet. En l'absence de communication de ces motifs dans le délai d'un mois, la décision implicite se trouve entachée d'illégalité.
5. Il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 1, que M. B a sollicité son admission au séjour par un courrier reçu en préfecture le 11 août 2021 et que le silence gardé par la préfète de la Gironde pendant quatre mois sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet le 11 décembre 2021. Il ressort également des pièces du dossier que le requérant a sollicité la communication des motifs de cette décision par un courrier reçu par l'administration le 26 janvier 2021. Il n'est pas contesté par le préfet de la Gironde qu'aucune réponse n'a été transmise à M. B dans le délai d'un mois prévu par les dispositions précitées de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que la décision implicite du 11 décembre 2021 attaquée est entachée d'un défaut de motivation.
6. Il résulte de ce qui précède que, pour ce seul motif, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision implicite du 11 décembre 2021, ainsi que, par voie de conséquence, de la décision implicite du 8 septembre 2022 rejetant son recours gracieux formé contre cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et astreinte :
7. Eu égard au motif pouvant seul justifier, en l'état de l'instruction, l'annulation des décisions attaquées, l'exécution du présent jugement implique seulement que le préfet de la Gironde réexamine la situation de M. B. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
8. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil, Me Pornon-Weidknnet, de la somme de 1 200 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite de la préfète de la Gironde du 11 décembre 2021, ainsi que la décision du 8 septembre 2022 rejetant implicitement le recours gracieux formé contre cette décision, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Gironde de procéder au réexamen de la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à Me Pornon-Weidknnet conseil de M. B, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Pornon-Weidknnet et au préfet de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, première conseillère faisant fonction de présidente ;
Mme de Gélas, première conseillère ;
Mme Ballanger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2023.
La première assesseure,
C. DE GÉLASLa première conseillère faisant fonction de présidente,
B. MOLINA-ANDRÉO
La greffière,
C. SCHIANO
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026