jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2205654 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CESSO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées le 29 juillet 2022 et le 1er août 2022, M. A C, représenté par Me Cesso, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2022, par lequel le préfet de la Charente-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation à compter de la notification du jugement dans un délai d'un mois, et de le mettre dans cette attente, en possession d'une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- il méconnait les stipulations de l'article 3§1 de la convention internationale des droits des enfants ;
- le préfet de la Charente-Maritime a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2022, le préfet de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 18 octobre 2022.
Par une ordonnance du 29 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 août 2022.
Vu :
- la décision de renvoi en formation collégiale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits des enfants ;
- l'accord franco-algérien 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ferrari, président-rapporteur ;
- et les observations de Me Esseul, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant algérien né le 6 avril 1976, est régulièrement entré sur le territoire français le 4 juillet 2017 en possession d'un visa C valable jusqu'au 23 juillet 2017. A l'expiration de la durée de validité de son visa, M. C s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire et a eu un fils le 25 février 2022 avec une ressortissante algérienne titulaire d'un certificat de résidence de 10 ans valable jusqu'au 15 octobre 2022. Il a sollicité le 23 mai 2022 un titre de séjour mention " vie privée et familiale " sur le fondement des stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Le 26 juillet 2022, la mère de son enfant a déposé plainte contre lui pour des faits de violence conjugale. Par un arrêté du 27 juillet 2022, le préfet de la Charente-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un jugement du 2 août 2022, la magistrate désignée du tribunal administratif de Bordeaux a renvoyé les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 27 juillet 2022 en tant qu'il refuse la délivrance d'un titre de séjour à M. C en formation collégiale et rejeté le surplus des conclusions de la requête.
Sur la légalité du refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, le préfet de la Charente-Maritime a, par un arrêté du 30 mai 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n°17-2022-078 le 31 mai 2022, donné délégation à M. B D, directeur des migrations et de l'intégration, signataire de la décision litigieuse, à l'effet de signer, notamment, toutes décisions prises en application des dispositions législatives et réglementaires du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que toutes décisions d'éloignement et décisions accessoires s'y rapportant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus " ; qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
4. M. C se prévaut de son concubinage avec une ressortissante algérienne titulaire d'un certificat de résidence de 10 ans valable jusqu'au 15 octobre 2022, avec laquelle il indique avoir eu une vie commune depuis trois ans et un fils né le 25 février 2022. Il ressort toutefois des pièces du dossier que leur communauté de vie a cessé le 26 juillet 2022 et qu'il n'établit pas avoir un lien affectif et participer aux dépenses liées à son enfant âgé de 5 mois à la date de la décision en litige. De même, il ne justifie pas d'une particulière insertion dans la société française dont il ne maîtrise pas la langue, et il n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Algérie, son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 41 ans et où résident notamment ses frères et sœurs. Dans ces conditions, le préfet de la Charente-Maritime n'a pas porté, à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Par suite, il n'a pas méconnu les stipulations conventionnelles précitées et, pour les mêmes motifs, n'a pas commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son refus de titre de séjour sur la situation personnelle et familiale du requérant.
5. En dernier lieu, aux termes, de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Ces stipulations sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
6. Si M. C soutient qu'un retour dans son pays d'origine aurait pour effet de le séparer de sa famille et porterait une atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant, il n'établit pas avoir un lien particulier avec celui-ci. De même, dépourvu de ressource personnelle et d'activité salariale, il ne démontre pas sa participation à l'éducation et l'entretien de son fils. Par conséquent, le préfet de la Charente-Maritime n'a pas méconnu les dispositions précitées, le moyen doit donc être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées par M. C doivent être rejetées, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Charente-Maritime.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :
-M. Ferrari, président,
-Mme Wohlschlegel première conseillère,
-Mme Fazi-leblanc première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
Le président-rapporteur,
D. FERRARIL'assesseure la plus ancienne,
E. WOHLSCHLEGEL
La greffière,
C. POTTIER
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde, en ce qui la concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026