vendredi 2 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2205677 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | COSTE |
Vu la procédure suivante :
A une requête enregistrée le 25 octobre 2022, M. C B, représenté A Me Coste, avocat, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution du refus de titre de séjour que la préfète de la Gironde lui a opposé A arrêté du 13 juillet 2022 ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de procéder à un nouvel examen de sa situation ainsi que de lui délivrer, en attentant une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et ce, dans un délai de quarante-huit heures ;
3°) de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire et de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- ressortissant malien, il est entré en France le 25 janvier 2019 et, évalué mineur le 1er mars suivant, il a été pris en charge A le service d'aide sociale à l'enfance en application, d'abord, d'une ordonnance de placement provisoire du 5 mars 2019 du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Nîmes, puis A ordonnances du juge des enfants du tribunal de grande instance de Bordeaux en date des 7 mars et 29 août 2019 ;
- bénéficiant d'un contrat " jeune majeur ", il a formulé le 11 février 2021 une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a obtenu dans ce cadre un récépissé de demande de titre qui a été renouvelé jusqu'au courrier électronique du 22 août 2022 l'informant que la demande de titre était close, courrier confirmé le 22 août, puis le 28 septembre 2022 ;
- sa demande du 7 juin 2022 sollicitant la communication des motifs de la décision implicite de rejet née du silence gardé A la préfète de la Gironde sur sa demande de titre est restée sans réponse ;
- l'arrêté de la préfète de la Gironde en date du 13 juillet 2022 a été expédié pour notification à une adresse erronée ;
- l'ordonnance rendue A le juge des référés le 20 octobre 2022 sur sa première demande de suspension d'exécution du refus de titre de séjour est dépourvue d'autorité de la chose jugée, au regard de l'office du juge défini à l'article L. 511-1 du code de justice administrative ;
- les nombreuses erreurs dans la motivation de la décision en litige tendent à démontrer qu'elle concerne un homonyme ;
- les erreurs dont la décision est affectée révèlent l'absence d'examen sérieux de sa situation ;
- l'autorité préfectorale s'est abstenue de statuer sur sa demande de titre fondée sur l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est intervenue à la suite d'une procédure irrégulière faute de consultation préalable de la commission du titre de séjour, en violation de l'article L. 432-13 du code précité ;
- il a justifié de son identité A des documents d'état civil qui sont opposables en vertu de l'article 47 du code civil et dont l'autorité préfectorale n'établit pas le caractère frauduleux ;
- faute d'avoir saisi les autorités maliennes, la préfète de la Gironde ne peut pas remettre en cause l'authenticité des documents d'état civil ;
- il a été reconnu mineur A le juge des enfants ainsi qu'à la suite de l'évaluation dont il a fait l'objet le 1er mars 2019 ;
- il satisfait aux conditions posées A l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il démontre le caractère réel et sérieux de sa formation, que la structure d'accueil a émis un avis favorable sur son intégration et qu'il est effectivement intégré en France où se situe dorénavant sa vie privée ;
- les considérations générales énoncées A l'autorité préfectorale ne sont pas pertinentes ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'ayant pour effet de l'empêcher de poursuivre sa formation, la décision porte une atteinte immédiate et suffisamment grave à ses intérêts.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 1er décembre 2022 à 14h30, ont été entendus :
- le rapport de M. Bayle, juge des référés ;
- les observations de Me Coste, représentant M. B, qui a développé les moyens soulevés dans la requête.
La préfète de la Gironde n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. A la présente requête, M. C B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution du refus de titre de séjour que la préfète de la Gironde lui a opposé A arrêté du 13 juillet 2022.
Sur la demande tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () A la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à la nature de la requête, sur laquelle il doit être statué en urgence, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de M. C B à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. Pour l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies A le requérant, si les effets de l'acte en litige sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. La condition d'urgence est en principe remplie dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. C B, qui est né 19 août 2003 à Madiga Sacko, au Mali, selon le jugement supplétif d'acte de naissance produit, et serait entré en France le 25 janvier 2019 d'après ses déclarations, a fait l'objet d'une ordonnance de placement provisoire A ordonnance du 5 mars 2019 du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Nîmes. Puis, A une ordonnance de placement provisoire du juge des enfants du tribunal de Bordeaux en date du 7 mars 2019, M. B a été confié au département de la Gironde. Cette mesure a été confirmée A un jugement de placement du 27 août 2019. Enfin, l'intéressé a bénéficié de la part du département de la Gironde d'un accueil provisoire en tant que jeune majeur du 15 août 2021 au 14 février 2022. Parallèlement, M. B s'est engagé dans une formation, en vue de l'obtention du certificat d'aptitude professionnelle " production et service restaurations ", et a conclu, dans ce cadre, un contrat d'apprentissage pour la période du 27 septembre 2021 au 30 juin 2023, en cours d'exécution. Mettant ainsi un terme à l'intégration professionnelle et sociale de M. B, dont les efforts paraissent assez soutenus au vu des documents joints à la requête, le refus de titre de séjour qui lui est opposé doit être regardé, dans les circonstances particulières de l'espèce, comme portant à ses intérêts une atteinte immédiate et suffisamment grave pour que la condition d'urgence soit satisfaite.
En ce qui concerne les moyens de nature à créer un doute sérieux sur la décision :
6. En l'état de l'instruction, les moyens invoqués A M. B et tirés de multiples erreurs de fait et d'un défaut d'examen sérieux de sa demande de titre de séjour fondée sur l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile paraissent de nature à créer un doute sérieux sur la légalité du refus de titre de séjour contesté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. C B est fondé à demander la suspension de l'exécution du refus de titre de séjour que la préfète de la Gironde lui a opposé A arrêté du 13 juillet 2022.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Si M. B demande au juge des référés d'enjoindre à l'administration de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, l'exécution de la présente ordonnance implique seulement, en l'état de l'instruction et dans les circonstances de l'espèce, que l'autorité préfectorale lui remette un récépissé de demande de titre valant autorisation de travail conformément aux articles R. 431-12 et R. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, jusqu'au jugement de la requête au fond. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre à la préfète de la Gironde de délivrer à M. C B un tel récépissé, valable jusqu'au jugement de la requête au fond, et ce, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
9. M. C B ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire A la présente ordonnance, son conseil, Me Coste, peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. A suite et dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros à Me Coste au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, ce versement entraînant renonciation de Me Coste à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
ORDONNE :
Article 1er : M. C B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'exécution du refus de titre de séjour que la préfète de la Gironde a opposé à M. C B A arrêté du 13 juillet 2022 est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète de la Gironde de délivrer à M. C B un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, et ce, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à Me Coste en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à la préfète de la Gironde et à Me Coste.
Fait à Bordeaux, le 2 décembre 2022.
Le juge des référés,
J-M. BAYLE La greffière,
S. CASTAIN
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026