vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2205786 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JU-6 semaines |
| Avocat requérant | MEAUDE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 novembre et 5 décembre 2022, M. E, représenté par Me Delphine Meaude, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 octobre 2022 par lequel le préfet de Lot-et-Garonne l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, et un signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction ;
2°) d'enjoindre au préfet de Lot-et-Garonne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, à défaut de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'a pas été en mesure lors de l'entretien à l'OFPRA de décrire précisément les motifs de sa demande d'asile en raison des conditions de l'interprétariat, ni devant la CNDA, son recours ayant été rejeté sans son audition ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen et d'une erreur manifeste d'appréciation, le préfet n'ayant pas tenu compte de sa situation professionnelle ;
- il méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il risque une arrestation et la prison en cas de retour dans son pays d'origine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2022, le préfet de Lot-et-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu :
- l'arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C D pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C D,
- les observations de Me Meaude, avocate représentant M. E, présent, qui reprend et précise ses écritures,
- le préfet de Lot-et-Garonne n'étant ni présent ni représenté.
La cloture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A se disant B E, ressortissant bangladais né le 10 mai 1984, déclare être entré en France le 21 novembre 2021. Le 7 décembre 2021, il a sollicité le bénéfice de l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 8 avril 2022, confirmée par une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 12 septembre 2022, notifiée le 26 septembre 2022. Par un arrêté du 11 octobre 2022, le préfet de Lot-et-Garonne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par la présente requête, M. E demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. E aurait été privé au cours de l'instruction de sa demande d'asile, de la possibilité d'exposer de façon détaillée les motifs de sa demande d'asile et de produire les éléments utiles à son examen par l'OFPRA puis par la CNDA.
3. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet de Lot-et-Garonne a mentionné les éléments principaux de la situation de M. E, notamment les conditions et la date de son entrée en France, la décision de rejet de sa demande d'asile par l'OFPRA confirmée par la CNDA, sa situation familiale et ses conditions d'hébergement et de ressources sur le territoire. Il indique également que l'intéressé ne justifie pas d'un contrat de travail ou d'une promesse d'embauche pour prétendre à la délivrance d'une carte de séjour " salarié " au titre de l'admission exceptionnelle au séjour. Il ne ressort pas de la motivation, ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé, au vu des informations dont il disposait, à un examen approfondi de la situation personnelle du requérant. La circonstance qu'il n'ait pas indiqué tous les éléments factuels de la situation professionnelle de M. E depuis son arrivée sur le territoire français, et notamment l'autorisation de travail délivrée le 16 juin 2022 en tant que demandeur d'asile, ainsi que son contrat de travail à durée déterminée achevé depuis le 6 octobre 2022, n'est pas de nature à révéler un défaut d'examen. Le moyen doit, par suite, être écarté.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. E, célibataire et sans enfant à charge, est entré récemment sur le territoire et n'a été autorisé à travailler que durant l'instruction de sa demande d'asile. S'il se prévaut d'un contrat de travail en qualité d'aide cuisinier dans un restaurant, du 28 juin au 6 octobre 2022, et d'une promesse d'embauche à durée indéterminée dans le même établissement, en date du 4 décembre 2022, cette seule circonstance n'est pas de nature à établir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de Lot-et-Garonne, au vu des éléments que le requérant lui avait communiqués, ait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
6. Si M. E, dont la demande d'asile a été rejetée par une décision de l'OFPRA confirmée par la CNDA, fait valoir qu'en raison de son appartenance au parti nationaliste du Bangladesh (BNP), principal parti d'opposition, objet de répressions importantes de la part des membres de la ligue Awami, il craint pour sa vie en cas de retour au Bangladesh, tout comme d'autres membres de sa famille qui y ont subi des exactions, il n'apporte aucun élément probant à l'appui de ses allégations et aucune pièce de nature à établir la réalité des risques encourus personnellement en cas de retour dans son pays d'origine. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. E doivent être rejetées, y compris celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et au préfet de Lot-et-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.
La magistrate désignée,
A. D
La greffière,
H. Malo
La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026