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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2205800

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2205800

jeudi 2 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2205800
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème chambre
Avocat requérantHAAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête et un mémoire enregistrés les 3 novembre et 19 décembre 2022, sous le n°2205800, M. C F, représenté par Me Haas, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 juillet 2022 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 80 euros par jours de retard, et à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle a été signée par une autorité incompétente en l'absence de délégation de signature ;

- alors qu'il est constant qu'il réside en France depuis le 19 juillet 2012, la préfète de la Gironde n'a pas saisi la commission de titre de séjour avant de prendre sa décision, en méconnaissance de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnaît les articles L.423-23 et L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il a dû quitter la Géorgie, avec son épouse, en raison des risques pour sa vie, étant accusé par son état-major de complicité avec les russes ; il s'est installé en France avec son épouse dès 2012, a bénéficié d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, en raison d'une symptomatologie dépressive et son épouse a également bénéficié d'un titre de séjour en qualité d'accompagnant ; leur deux filles sont nées sur le territoire français en 2016 et 2022, à Talence et la plus âgée est scolarisée depuis 2019 ; depuis le 24 juillet 2017, ils bénéficient d'une délégation d'autorité parentale sur sa nièce, née le 19 août 2002 en Géorgie, laquelle réside avec eux en France depuis l'été 2017, a été scolarisée et bénéficie depuis le 7 avril 2022 d'un titre de séjour vie privée et familiale ; ils justifient de liens amicaux et avoir travaillé sur le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, pour les mêmes motifs ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ; il justifie d'une expérience professionnelle de cinq années au sein de plusieurs sociétés, et remplit ainsi les critères posés par la circulaire du 28 novembre 2012 et la note ministérielle du 12 juillet 2021 ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; leurs deux enfants sont nés en France en 2016 et 2022 et leur nièce, pour laquelle ils bénéficient d'une délégation de l'autorité parentale, réside avec eux et bénéficie d'un titre de séjour ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale car fondée sur une décision portant refus de séjour elle-même illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elles est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L.721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il craint d'être exposé à des peines ou traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, la Géorgie, qu'il a dû quitter ayant été accusé, dans l'exercice de ses fonctions de militaire, de complicité avec les russes ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; en raison de circonstances humanitaires la préfète n'aurait pas dû prononcer d'interdiction de retour ; la nature et l'ancienneté de ses liens en France sont établies dès lors qu'ils justifient d'une ancienneté de dix ans sur le territoire français et que leurs filles sont nées et résident en France ; cette décision aura pour conséquence de rompre les liens entre la famille et leur nièce A.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête, et à titre subsidiaire à ce que, en cas d'annulation, la somme globale de 1 500 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative, pour les deux dossiers joints.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.

Par une ordonnance du 12 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 30 décembre 2022.

Par une décision du 27 septembre 2022, le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

II - Par une requête et un mémoire enregistrés les 3 novembre et 19 décembre 2022, sous le n°2205801, Mme B F, représentée par Me Haas, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 juillet 2022 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle sera renvoyée et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 80 euros par jour de retard, et à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle a été signée par une autorité incompétente en l'absence de délégation de signature ;

- alors qu'il est constant qu'elle réside en France depuis le 19 juillet 2012, la préfète de la Gironde n'a pas saisi la commission de titre de séjour avant de prendre sa décision, en méconnaissance de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnaît les articles L.423-23 et L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle a dû quitter la Géorgie, avec son époux, en raison des risques pour la vie de ce dernier, étant accusé par son état-major de complicité avec les russes ; ils se sont installés en France dès 2012, son époux a bénéficié d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, en raison d'une symptomatologie dépressive et elle a également bénéficié d'un titre de séjour en qualité d'accompagnant ; leur deux filles sont nées sur le territoire français en 2016 et 2022, à Talence et la plus âgée est scolarisée depuis 2019 ; depuis le 24 juillet 2017, ils bénéficient d'une délégation d'autorité parentale sur leur nièce, née le 19 août 2002 en Géorgie, laquelle réside avec eux en France depuis l'été 2017, a été scolarisée et bénéficie depuis le 7 avril 2022 d'un titre de séjour vie privée et familiale ; ils justifient de liens amicaux et avoir travaillé sur le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, pour les mêmes motifs ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ; elle justifie d'une expérience professionnelle de douze mois, a signé un CDI et a dû arrêter de travailler en raison de sa grossesse et remplit ainsi les critères posés par la circulaire du 28 novembre 2012 ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; leurs deux enfants sont nés en France en 2016 et 2022 et leur nièce, pour laquelle ils bénéficient d'une délégation de l'autorité parentale, réside avec eux et bénéficie d'un titre de séjour ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale car fondée sur une décision portant refus de séjour elle-même illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L.721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que son époux craint d'être exposé à des peines ou traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, la Géorgie, qu'il a dû quitter, ayant été accusé, dans l'exercice de ses fonctions de militaire, de complicité avec les russes ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; en raison de circonstances humanitaires la préfète n'aurait pas dû prononcer d'interdiction de retour ; la nature et l'ancienneté de ses liens en France sont établies dès lors qu'ils justifient d'une ancienneté de dix ans sur le territoire français et que leurs filles sont nées et résident en France ; cette décision aura pour conséquence de rompre les liens entre la famille et leur nièce A.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête, et à titre subsidiaire à ce que, en cas d'annulation, la somme globale de 1 500 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative, pour les deux dossiers joints.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par la requérante n'est fondé.

Par une ordonnance du 12 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 30 décembre 2022.

Par une décision du 27 septembre 2022, la requérante a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- et les observations de Me Haas représentant les requérants.

Considérant ce qui suit :

1. M. C F et Mme B E épouse F, ressortissants géorgiens, nés le 6 mars 1978 et le 17 novembre 1985, sont entrés en France en 2012. M. F a bénéficié d'un titre de séjour pour raisons de santé, et Mme F d'un titre de séjour en qualité d'accompagnante de son époux. Suite au refus de renouvellement de leur titre de séjour, ils ont sollicité, le 21 mars 2019, leur admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 et du 7°) de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, laquelle a été implicitement rejetée. Par courrier du 10 mai 2021, ils ont sollicité la communication des motifs des décisions implicites de rejet de leur demande de titre de séjour. Par un jugement n° 2104085-2104086 du 1er février 2022, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé les décisions implicites de rejet de délivrance d'un titre de séjour et a enjoint à la préfète de la Gironde de réexaminer leur situation. Par deux arrêtés du 28 juillet 2022, dont ils demandent l'annulation dans les présentes requêtes, la préfète de la Gironde, a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils seraient renvoyés et leur a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n° 2205800 et n° 2205801 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il soit statué par un seul jugement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation présentées dans les requêtes n°2205800 et n°2205801 :

S'agissant des décisions portant refus de titre de séjour :

3. Aux termes de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./ Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ". Et aux termes de l'article L.432-13 du même code : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : () 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1. "

4. M. et Mme F soutiennent résider habituellement sur le territoire français depuis juillet 2012, soit depuis dix ans à la date des arrêtés contestés, ce qui impliquait, pour la préfète de la Gironde la saisine de la commission du titre de séjour. Il ressort des pièces du dossier que les requérants se sont vu délivrer respectivement, dans le cadre du dépôt de leur demande d'asile une autorisation provisoire de séjour, valables à compter du 30 juillet 2012 et lesquelles font état d'une " entrée en France " le 19 juillet 2012. Par ailleurs, les requérants produisent pour chaque année, à compter du mois de juillet 2012, de nombreuses pièces et notamment des attestations de résidence établies par les organismes en charge de les accueillir le temps de l'examen de leur demande d'asile, des documents préfectoraux, notamment de nombreux récépissés, attestations provisoires de séjour ainsi que des titres de séjour, et des documents médicaux ou des relevés de compte en banque. En outre, ils produisent, sur la période concernée, des bulletins de salaire et des attestations de formations, des documents attestant de la prise en charge de leur nièce et de sa scolarisation à compter de l'année 2017, de la naissance de leurs deux enfants en 2016 et 2022 et de la prise en charge, en crèche puis à l'école, de leur enfant ainé. Eu égard à la nature, au nombre et à la diversité de ces documents sur l'ensemble de la période, M. et Mme F sont fondés à soutenir que leur résidence habituelle est établie en France depuis dix ans à la date des décisions attaquées du 28 juillet 2022. Par suite, la préfète de la Gironde ne pouvait rejeter leur demande d'admission exceptionnelle au séjour sans avoir préalablement consulté la commission du titre de séjour. Dès lors, en l'absence de saisine de cette commission, laquelle a privé les requérants d'une garantie, les arrêtés contestés sont entachés d'un vice de procédure.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer expressément sur les autres moyens, que les arrêtés du 28 juillet 2022 par lesquels la préfète de la Gironde a refusé de leur délivrer un titre de séjour sont annulés. Par voie de conséquences, les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français sont également annulées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique seulement que la préfète de la Gironde examine à nouveau la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par M. et Mme F et, si elle envisage de refuser un titre de séjour aux intéressés, saisisse, pour avis, la commission du titre de séjour. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de la Gironde de réexaminer la situation administrative de M. et Mme F dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, si elle envisage de leur refuser un titre de séjour, de saisir, pour avis, la commission du titre de séjour, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

7. M. et Mme F ont obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, leur avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Haas, avocate de M. et Mme F, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Haas de la somme globale de 1 500 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Les arrêtés du 28 juillet 2022 de la préfète de la Gironde sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète de la Gironde de réexaminer la situation administrative de M. et Mme F dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et, si elle envisage de leur refuser un titre de séjour, de saisir pour avis la commission du titre de séjour et de prendre une nouvelle décision.

Article 3 : L'Etat versera la somme globale de 1 500 euros à Me Haas, avocate de M. et Mme F en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C F et Mme B F, à Me Emilie Haas et à la préfète de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Munoz-Pauziès, présidente,

Mme Lahitte, conseillère,

M. Bongrain, conseiller

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.

La rapporteure

A. D

La présidente

F. MUNOZ- PAUZIÈS

La greffière,

C. SCHIANO

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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