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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2205989

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2205989

lundi 30 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2205989
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation6ème Chambre
Avocat requérantFRECHE ET ASSOCIES AARPI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 novembre 2022 et des mémoires complémentaires enregistrés les 21 novembre 2022 et 28 juin 2023, M. C A et Mme E F, représentés par Me Tandonnet, avocat, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 septembre 2022, par lequel le maire de Villeneuve-sur-Lot a délivré à la société NEXITY IR PROGRAMMES ESPRIT VILLAGE AQUITAINE un permis de construire portant sur la démolition des existants, la construction d'une résidence de cinquante-six logements et la création de cinquante-neuf places de stationnement, sur un terrain cadastré section EO parcelles n°183, 184, 185 et 320 sur la commune de Villeneuve-sur-Lot ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Villeneuve-sur-Lot et de la société NEXITY IR PROGRAMMES ESPRIT VILLAGE AQUITAINE la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente pour ce faire dès lors que le maire de la commune de Villeneuve-sur-Lot n'a pas attesté de la publication régulière de la délégation de signature accordée au signataire de l'acte ;

- le projet architectural est insuffisant et méconnait les dispositions des articles L. 431-2 et R. 431-8 et suivants du code de l'urbanisme ; d'une part, la description des abords du projet est insuffisante notamment quant aux constructions environnantes dès lors que leur maison n'est pas mentionnée alors qu'elle figure comme " belle maison " dans le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté d'agglomération du Grand Villeneuvois (CAGV) et doit être protégée au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme et de l'article 4.2.2 de la zone UB du PLUi ; d'autre part, le plan de masse ne comporte aucune indication relative aux modalités de raccordement effective au réseau public ;

- l'arrêté méconnait des dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme dès lors que le dossier de permis de construire ne comportait pas, à la date de son dépôt, d'attestation d'un architecte ou d'un expert certifiant la réalisation des études géotechniques ;

- il méconnait les dispositions de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme au motif que le dossier de permis de construire aurait dû contenir l'accord du gestionnaire de la voirie pour aménager l'accès sur l'avenue Goudounèche ;

- il méconnait les dispositions de l'article 5.2.1 du règlement du PLUi relatif aux hauteurs de construction, dès lors qu'il prévoit une hauteur inférieure aux dispositions du PLUi ;

- il méconnait les dispositions de l'article 9 du PLUi relatif aux conditions de desserte des terrains ;

- il méconnait les dispositions du règlement du plan de prévention des risques naturels (PPRN) retrait-gonflement des argiles ;

- il méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, dès lors que d'une part, il autorise un accès sur une avenue accidentogène et d'autre part, il ne prévoit pas d'aire de retournement des véhicules sur la voie en impasse à l'intérieur de la résidence ce qui empêche l'intervention des services d'incendie et de secours.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 décembre 2022 et 6 février 2023, la société NEXITY IR PROGRAMMES ESPRIT VILLAGE AQUITAINE, représentée par Me Durand, avocat, conclut à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, au rejet de la requête, à titre très subsidiaire, à ce que les articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme soient appliqués et en toute hypothèse, à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les requérants n'ont pas intérêt à agir et qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2023, le maire de la commune de Villeneuve-sur-Lot, représenté par Me Ferrant, avocat, conclut à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, au rejet de la requête, à titre infiniment subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dans un délai permettant au bénéficiaire d'obtenir une dérogation ou une autorisation d'urbanisme modificative, et en tout état de cause, à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les requérants n'ont pas intérêt à agir et qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 11 juillet 2023, la clôture immédiate a été prononcée le même jour aux termes de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mounic, rapporteure,

- les conclusions de Mme Patard, rapporteure publique,

- les observations de Me Guillout, substituant Me Ferrant, représentant la commune de Villeneuve-sur-Lot ;

- et les observations de Me Pignet, substituant Me Durand, représentant la société NEXITY IR PROGRAMMES ESPRIT VILLAGE AQUITAINE.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 15 septembre 2022, le maire de la commune de Villeneuve-sur-Lot (47) a délivré à la société NEXITY IR PROGRAMMES ESPRIT VILLAGE AQUITAINE un permis de construire portant sur la démolition des existants, la construction d'une résidence de cinquante-six logements et la création de cinquante-neuf places de stationnement, sur un terrain cadastré section EO parcelles n°183, 184, 185 et 320 sur la commune de Villeneuve-sur-Lot. Par la présente requête, M. C A et Mme E F, propriétaires d'un terrain bâti sur une parcelle contiguë au projet, cadastrée EO n°182, demandent l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté n°93/2021 du 22 janvier 2021, le maire de Villeneuve-sur-Lot, a donné délégation " de fonctions et de signature " à M. B D pour signer en urbanisme notamment les " permis de construire et toutes pièces afférentes aux procédures liées à l'application du droit de l'urbanisme ". Cet arrêté comporte l'accusé de réception de la préfecture duquel il résulte qu'il a été reçu le 2 février 2021. La commune produit en outre, une attestation d'affichage n°11/2021 du 9 février 2021, signée par le directeur adjoint en charge du secrétariat général de la commune, qui atteste de la publication de la délégation. Cette attestation, établie concomitamment à l'adoption de la délégation et à sa publication, sous l'autorité du maire, fait foi jusqu'à preuve du contraire de la publication de la délégation de signature. Dans ces conditions, l'arrêté de délégation était régulièrement publié à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté doit être écarté.

3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 431-2 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural définit, par des plans et documents écrits, l'implantation des bâtiments, leur composition, leur organisation et l'expression de leur volume ainsi que le choix des matériaux et des couleurs. / Il précise, par des documents graphiques ou photographiques, l'insertion dans l'environnement et l'impact visuel des bâtiments ainsi que le traitement de leurs accès et de leurs abords ". Aux termes des dispositions de l'article R. 438-1 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Enfin aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier côté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les côtes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan. "

4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration (). Enfin, aux termes de l'article 4.2.2 de la zone UB du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUI) : " Lorsque le projet de construction jouxte un élément du patrimoine identifié et protégé par le PLUi () une implantation particulière peut être imposée afin de préserver les caractéristiques architecturales ou paysagères de l'élément concerné ".

6. Si la notice descriptive jointe au dossier du permis en litige ne mentionne pas que l'immeuble des requérants est identifié au PLUi comme une " belle maison " et bénéficie à ce titre d'une protection au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme, une telle circonstance ne fait pas obstacle à ce que l'autorité administrative en charge d'instruire le dossier ait pu apprécier l'implantation de la construction au regard de cette identification qu'elle ne pouvait, en tout état de cause, ignorer. De plus, les pièces fournies par le pétitionnaire, notamment les documents graphiques, le plan de situation, les vues aériennes et les photographies de l'existant permettaient au service instructeur d'apprécier l'environnement des lieux et les caractéristiques des constructions existantes dont fait partie l'habitation des requérants. Ainsi, le service instructeur, qui était en mesure d'apprécier l'implantation de la construction projetée par rapport à l'immeuble des requérants, n'a pas jugé utile de prescrire une implantation différente de la construction dès lors que le projet est situé à 13 mètres de la limite séparative de la " belle maison ".

7. Il ressort des pièces du dossier que, si le plan de masse joint à la demande de permis de construire n'indiquait pas le tracé des équipements publics devant desservir la construction ni les modalités de son raccordement à ces équipements, la notice descriptive établit que le projet litigieux porte sur une assiette déjà desservie par les réseaux d'eau et d'assainissement publics et que " l'alimentation et les évacuations de la parcelle se feront à partir du réseau public sur rue, suivant les plans VRD en annexe". En outre, en complément de la vue en plan du réseau assainissement et du plan de géomètre annexés à la notice descriptive, le dossier de permis de construire comprend également une notice technique de gestion des eaux usées et eaux pluviales accompagnée d'un tableau de définition du volume de rétention. Enfin, il ressort de l'arrêté attaqué que la commune a sollicité l'avis de la société aquitaine de gestion urbaine (AGUR) qui indique que le terrain est desservi en assainissement collectif et eau potable. Il mentionne également que l'extension du réseau d'électricité pour assurer le raccordement sera à la charge du pétitionnaire. Aussi, si le plan de masse joint à la demande de permis de construire n'indiquait pas le tracé des équipements publics devant desservir la construction ni les modalités de son raccordement à ces équipements, cette circonstance n'a pas été de nature à empêcher l'autorité administrative d'apprécier exactement la situation de la construction projetée au regard des équipements publics devant la desservir. Par suite le moyen tiré de l'insuffisance du dossier architectural doit être écarté dans toutes ses branches comme manquant en fait.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ()".

9. Si le dossier de demande de permis de construire ne comprenait initialement pas l'attestation prévue par ces dispositions, une attestation établie par l'agence d'architecture URB1N le 7 juillet 2022 certifie que l'étude a été réalisée par SEMOFI SAS en qualité de bureau d'études géotechnique, le 4 octobre 2021, et approuvée par BHA Ingénierie en qualité de bureau d'études structure, le 15 juin 2022. La circonstance que cette attestation soit postérieure à la date de dépôt du permis de construire du 15 mai 2022 est sans incidence sur la légalité du permis de construire délivré le 15 septembre 2022, dès lors qu'elle a été produite avant sa délivrance. Par suite, le moyen tiré de l'absence de cette attestation doit être écarté comme manquant en fait.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet de construction porte sur une dépendance du domaine public, le dossier joint à la demande de permis de construire comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public ".

11. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le projet empièterait sur le domaine public au-delà des limites de propriété, et en tout état de cause, les requérants n'établissent pas en quoi la réalisation de l'accès sur l'avenue Albert Goudounèche porterait sur une dépendance du domaine public. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.

12. En cinquième lieu, aux termes de l'article 5.2.1 du PLUi, " La hauteur des constructions de premier plan sur voie publique ou sur espace public doit être harmonisée avec celle de constructions voisines, selon les modalités suivantes : / () - en dehors du périmètre du SPR, la hauteur sera : soit égale à la hauteur d'une des constructions mitoyennes existantes, / soit approximativement égale à la moyenne des hauteurs des constructions comprises dans la séquence de voie si celle-ci présente une unité architecturale et ou urbaine/ - En l'absence de constructions mitoyennes existantes et sauf disposition contraire en application du SPR du Grand Villeneuvois, la hauteur des constructions de premier plan sur voie publique ou sur espace public ne peut excéder les hauteurs suivantes, mesurées selon les modalités indiquées dans les dispositions générales : /- 10 mètres au sommet de la façade ou de l'acrotère, /- 12 mètres au faîtage. / () ".

13. D'une part, la construction projetée ne comprend qu'une construction mitoyenne de sorte que la première hypothèse visée par les dispositions précitées, qui concerne les cas où il existe plusieurs constructions mitoyennes, n'est pas applicable. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la construction envisagée comporte des hauteurs de faîtage de 7,73m et 10,20m et une hauteur de façade de 8,17m, lesquelles respectent les hauteurs maximales fixées par la seconde hypothèse des dispositions précitées. Le moyen tiré de leur méconnaissance doit donc être écarté comme manquant en fait.

14. En sixième lieu, aux termes de l'article UAb-9.1.1 du PLUi : " Conditions d'accès : / Nombre et positionnement / Les accès doivent être adaptés à la destination et à l'importance de l'opération qu'ils desservent. Ils doivent être aménagés de façon à apporter la moindre gêne à la circulation publique (largeur, positionnement, pente). / Le nombre et la localisation des accès devront être déterminés en tenant compte : /- des besoins liés au bon fonctionnement de l'opération ; - des contraintes liées au bon fonctionnement des voies de desserte et à la sécurité de leurs usagers. / Dans le cas de plusieurs accès successifs, ceux-ci sont dans la mesure du possible regroupés 2 à 2. Lorsque le terrain est riverain de deux ou plusieurs voies, les accès doivent sauf impossibilité technique s'effectuer à partir de la voie présentant le moindre risque pour la circulation générale. Le positionnement des accès doit respecter les dispositions prévues le cas échéant par les orientations d'aménagement et de programmation pour le site considéré. () ". Aux termes de l'article UAb-9.2 du même texte : " Règles générales : / Les terrains doivent être desservis par des voies publiques ou privées ouvertes à une libre circulation publique. Ces voies doivent être adaptées à l'importance et à la destination des constructions qu'ils accueillent. Les caractéristiques de ces voies doivent : / - permettre la circulation des engins de lutte contre l'incendie et de collecte des déchets ménagers. / - être conçues pour s'intégrer au maillage viaire environnant, existant ou à créer, en compatibilité avec les continuités fixées le cas échéant par les OAP. / - en cas de demande de rétrocession dans le domaine public, respecter la charte technique établie le cas échéant par la collectivité. / Aménagements pour le retournement des véhicules : A moins de constituer une boucle, les voies en impasse à créer, ou bien existante en cas de nouvelle construction principale, doivent comporter dans leur partie terminale : / - une aire de rebroussement, dès lors que la voie desservira de 2 à 4 logements ou des bâtiments susceptibles d'être aménagés en 2 à 4 logements, / - une palette de retournement de 15 mètres de diamètre dans les autres cas. "

15. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit un deuxième accès impasse Diderot et que la voie interne à la résidence n'est donc pas en impasse. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'accès rue Goudounèche comporterait un risque particulier dans la mesure où la voie est en ligne droite et permet une parfaite visibilité, des ralentisseurs étant situés à proximité immédiate du terrain d'assiette et la vitesse y étant limitée à 30 km/h. D'autre part, les dispositions de l'article UAb-9.2 précitées, applicables aux voies de desserte du terrain d'assiette, ne s'appliquent pas aux voies internes qui une fois franchies la limite du terrain, permettent d'accéder à la construction elle-même. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions UAb 1 et 2 du PLui doivent être écartés.

16. En septième lieu, d'une part, les dispositions de l'article 1er du chapitre III du PPRN retrait-gonflement d'argile de la commune de Villeneuve-sur-Lot, relatives à l'environnement immédiat de tout type de projet, prévoient que : "Toute nouvelle plantation d'arbre ou d'arbuste à une distance de tout bâtiment existant, ou du projet, inférieure à sa hauteur à maturité (1,5 fois en cas d'un rideau d'arbres ou d'arbustes) sauf mise en place d'un écran anti-racines d'une profondeur minimale de 2 m à partir du terrain naturel (niveau du sol) interposé entre la plantation et les bâtiments ". D'autre part, les dispositions de l'article 2 du chapitre III du même texte prévoient que " Sont prescrits les mesures suivantes : () - le captage des écoulements de faibles profondeurs, lorsqu'il existent, par un dispositif de drainage périphérique situé à une distance minimale de 2 m de tout bâtiment ; / () - la mise en place sur toute la périphérie du bâtiment projeté, à l'exception des parties mitoyennes avec un terrain déjà construit ou revêtu, d'un dispositif s'opposant à l'évaporation (terrasse ou géomembrane enterrée par exemple) et d'une largeur minimale d'1,5 m ; /- la mise en place d'écrans anti-racines d'une profondeur minimale de 2 m entre le bâtiment projeté et tout arbre ou arbuste existant situé à une distance inférieure à sa propre hauteur à maturité ou, à défaut, l'arrachage des arbres concernés ".

17. D'une part, l'article 11 de l'arrêté attaqué prescrit au bénéficiaire du permis de construire de " respecter les prescriptions du PPRN de retrait et gonflement des sols argileux ". Or, si les requérants soutiennent que les arbres prévus dans la notice descriptive " sont situés très près des bâtiments à édifier ", ils n'apportent aucun élément à l'appui de cette allégation.

18. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'attestation produite au titre de l'article R. 431-16 précité du code de l'urbanisme que l'architecte du projet certifie que l'étude géotechnique sur la base de la norme NFP 94-500 a été réalisée et approuvée par un bureau d'étude structure, conformément au règlement du PPRN et que le projet prend en compte les conditions de réalisation déterminées par cette étude. Aucun élément ne permet de remettre en cause une telle attestation, notamment quant à la présence d'écoulements d'eau dans la zone du projet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 1er et 2 du chapitre III du PPRN de la commune de Villeneuve-sur-Lot doit être écarté dans toutes ses branches.

19. En huitième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

20. Si les requérants soutiennent que le projet aurait dû être refusé car il autorise un accès sur une avenue accidentogène, comme évoqué au point 15, ils n'apportent aucun élément à l'appui de leur allégation. En outre, il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la voie interne desservant la résidence n'est pas en impasse et aucun texte n'impose la création d'une aire de retournement. Par ailleurs, si les requérants se prévalent des préconisations formulées dans une fiche technique établie par le service départemental d'incendie et de secours du Lot-et-Garonne, celles-ci ne présentent aucun caractère réglementaire. Enfin, il ressort du plan de masse que la voirie interne dispose d'une largeur de 5 à 9 mètres permettant ainsi le croisement des véhicules et les manœuvres des véhicules de secours en toute sécurité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté comme manquant en fait.

21. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. A et Mme F ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Villeneuve-sur-Lot du 15 septembre 2022. Les conclusions aux fins d'annulation de cette décision doivent donc être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société NEXITY IR PROGRAMMES ESPRIT VILLAGE AQUITAINE et de la commune, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la société NEXITY IR PROGRAMMES ESPRIT VILLAGE AQUITAINE et de la commune de Villeneuve-sur-Lot présentées sur le fondement des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A et Mme F est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la société NEXITY IR PROGRAMMES ESPRIT VILLAGE AQUITAINE et de la commune de Villeneuve-sur-Lot présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Mme E F, au maire de la commune de Villeneuve-sur-Lot et à la société NEXITY IR PROGRAMMES ESPRIT VILLAGE AQUITAINE.

Délibéré après l'audience du 16 octobre 2023 à laquelle siégeaient :

M. Delvolvé, président,

Mme Mounic, première conseillère,

Mme Passerieux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 30 octobre 2023

La rapporteure,

S. MOUNIC

Le président,

Ph. DELVOLVÉ

Le greffier,

A. PONTACQ

La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

N°2205989

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