vendredi 2 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2206054 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement 72 heures |
| Avocat requérant | LANNE |
Vu la procédure suivante :
E une requête enregistrée le 17 novembre 2022, M. D, représenté E Me Pierre Lanne, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 novembre 2022 E lequel la préfète de la Gironde a ordonné son transfert aux autorités bulgares responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui remettre une attestation de demande d'asile et un formulaire de demande d'asile, ou à défaut de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la signataire de l'arrêté n'est pas compétente en l'absence de délégation de signature régulièrement publiée à son bénéfice ; à supposer qu'une telle délégation existe, celle-ci n'est pas suffisamment précise ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 dès lors qu'il n'est pas justifié qu'il ait reçu, dans une langue qu'il comprend, l'ensemble des informations concernant la procédure ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 3 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 et celles de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne dès lors qu'en cas de retour en Bulgarie, sa demande d'asile ne sera pas examinée et il sera exposé à un risque de traitement inhumain et dégradant ;
- il méconnaît de manière combinée l'article 53-1 de la Constitution et l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 pour les mêmes motifs qu'énoncés précédemment ; son frère est présent en France et a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire ;
- l'arrêté est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation.
E un mémoire en défense et des pièces complémentaires enregistrées le 1er décembre 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue E l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 décembre à 11h :
- le rapport de M. Bongrain, magistrat désigné ;
- les observations de Me Lanne, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins E les mêmes moyens ;
- la préfète de la Gironde n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant afghan, né le 2 mai 1998, a déclaré être entré irrégulièrement sur le territoire français le 8 juillet 2022 en provenance d'un autre Etat membre et s'y est maintenu sans être muni des documents et visa exigés E les textes en vigueur. Il s'est présenté à la préfecture de la Gironde le 8 août 2022 afin d'y déposer une demande d'asile. Le relevé de ses empreintes décadactylaires a révélé qu'il avait déposé une première demande d'asile en Bulgarie le 19 mai 2022 et une deuxième demande d'asile en Roumanie le 16 juin 2022. Les autorités bulgares ont été saisies le 12 septembre 2022 d'une demande de reprise en charge en application de l'article 18-1-b du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013, qu'elles ont acceptée E un accord explicite du 12 septembre 2022 en application de l'article 18-1-c du règlement précité. Les autorités roumaines, ont été saisies le 18 janvier 2022 d'une demande de reprise en charge en application de l'article 18-1-b du règlement précité, qu'elles ont refusé. E un arrêté du 3 novembre 2022, dont M. A demande l'annulation, la préfète de la Gironde a prononcé sa remise aux autorités bulgares, responsables de l'examen de sa demande d'asile.
Sur l'admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données E écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, E exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. /3. La Commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune (). Cette brochure commune comprend également des informations relatives à l'application du règlement n°603/2013 et, en particulier, à la finalité pour laquelle les données relatives à un demandeur peuvent être traitées dans Eurodac () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et en tout état de cause en temps utile, une information complète sur ses droits, E écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature desdites informations, la remise E l'autorité administrative de la brochure prévue E les dispositions précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.
4. M. A soutient que les deux brochures d'information dites " A " (J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - Quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande d'asile ') et " B " (Je suis sous procédure Dublin - Qu'est-ce que cela signifie ') qui constituent la brochure commune visée au paragraphe 3 de l'article 4 du règlement précité ne lui ont pas été remises. Si la préfète de la Gironde fait valoir que ces brochures lui ont remises le 8 août 2022, date à laquelle aurait eu lieu son entretien individuel, elle ne produit aucun élément de nature à en justifier. E suite, M. A, qui a été privé d'une garantie, est fondé à soutenir que la décision de transfert aux autorités bulgares est intervenue au terme d'une procédure irrégulière.
5. Il résulte de ce qui précède, et pour ce seul motif, que l'arrêté du 3 novembre 2022 E lequel la préfète de la Gironde a prononcé son transfert aux autorités bulgares doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique seulement que la préfète de la Gironde procède au réexamen de la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. E suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Lanne, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, et sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Lanne de la somme de 1 200 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A E le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à M. A.
D E C I D E :
Article 1er : Il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 3 novembre 2022 E lequel la préfète de la Gironde a prononcé le transfert de M. A aux autorités bulgares est annulé.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète de la Gironde de procéder au réexamen de la situation de M. A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Lanne renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ce dernier versera à Me Lanne, avocat de M. A, une somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A E le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à M. A.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Lanne et à la préfète de la Gironde.
Rendu public E mise à disposition au greffe le 2 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
A. B La greffière,
C. GIOFFRÉ
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à
tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026