mercredi 23 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2206087 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement 72 heures |
| Avocat requérant | LANNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 novembre 2022 à 10h07 et 22 novembre à 13h01, M. A D, représenté par Me Pierre Lanne, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 17 novembre 2022 par laquelle la préfète de la gironde l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la signataire de l'arrêté n'est pas compétente en l'absence de délégation de signature régulièrement publiée à son bénéfice ; à supposer qu'une telle délégation existe, celle-ci n'est pas suffisamment précise ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation dès lors qu'il a déposé une demande d'autorisation provisoire au séjour ;
- ses enfants doivent rester sur le territoire français avec ses parents pour bénéficier de soins ;
- son éloignement ne constitue pas une perspective raisonnable ;
- les obligations de présentation qui lui ont été fixées ne sont pas compatibles avec les soins de ses enfants ; cette assignation emporte des conséquences excessives sur sa situation ;
Par un mémoire en défense enregistré le 21 novembre 2022 à 14h36, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et son décret d'application ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer en application des
dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 novembre 2022 à 14h :
- le rapport de M. Bongrain, magistrat désigné ;
- les observations de Me Lanne, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- la préfète de la Gironde n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D, ressortissant géorgien né le 15 septembre 1985, est entré en France le 11 juillet 2021, selon ses déclarations. Il a formulé une demande d'asile le 13 juillet 2021 qui a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatride (OFPRA) le 21 décembre 2021. Par arrêté du 20 janvier 2022, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité sur le fondement des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un jugement du 19 avril 2022, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif a rejeté le recours de M. D contre cet arrêté. Par un nouvel arrêté du 17 novembre 2022 notifié le même jour à 16h30, dont M. D demande l'annulation, la préfète de la Gironde l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté du 5 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n°33-2022-196 du même jour, la préfète de la Gironde a donné, en des termes suffisamment précis, délégation de signature à Mme C E, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, de l'ordre public et du contentieux et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer les décisions de la nature de celle en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".
5. Il ressort des termes de l'arrêté en litige, qui vise notamment les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que M. D réside à Mérignac, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, ne peut dans l'immédiat ni regagner son pays d'origine, ni se rendre dans un autre pays et que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Ainsi, la décision est suffisamment motivée. La préfète de la Gironde, qui n'est pas tenue de reprendre l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé dans son arrêté, n'a pas davantage entachée sa décision d'un défaut d'examen particulier de la situation de M. D en s'abstenant de préciser que celui-ci avait de nouveau sollicité son admission au séjour, moins d'un an après le rejet de sa précédente demande.
6. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
7. Si M. D soutient que la préfète de la Gironde a méconnu les dispositions précitées dès lors que l'état de santé de ses enfants nécessite des soins en France, il ne peut utilement se prévaloir d'une telle circonstance à l'appui de ses conclusions dirigées contre une mesure d'assignation à résidence.
8. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. D a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai édictée le 20 janvier 2022 et il n'est pas sérieusement contesté que l'éloignement du requérant demeure une perspective raisonnable, la seule circonstance qu'il ait déposé une nouvelle demande de titre de séjour n'y faisant notamment pas obstacle. Dans ces conditions, en assignant à résidence M. D, la préfète de la Gironde n'a pas fait une inexacte application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. / Il se présente également, lorsque l'autorité administrative le lui demande, aux autorités consulaires, en vue de la délivrance d'un document de voyage ".
10. Aux termes de l'arrêté en litige, la préfète de la Gironde a fait obligation à M. D de se présenter à l'hôtel de police de Bordeaux tous les lundis entre 9h et 12h. Si l'intéressé se prévaut de la nécessité d'accompagner ses enfants à différents rendez-vous médicaux, il ne justifie pas de l'éventuelle impossibilité de fixer ces rendez-vous, à les supposer si fréquents, à tout autre moment de la semaine. Par suite, le moyen tiré de ce que les obligations de présentation qui lui sont imposées seraient disproportionnées doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que cette mesure entraînerait des conséquences excessives sur sa situation doit être écarté.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. D demande au titre des dispositions précitées.
D E C I D E :
Article 1er : Il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Me Lanne et à la préfète de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
A. B Le greffier,
Y. JAMEAU
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à
tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026