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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2206219

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2206219

lundi 19 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2206219
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL HMS ATLANTIQUE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 novembre 2022, la société par actions simplifiée Bordeaux Métropole Promotion (BMP), représentée par la SELARL Kontact Avocats, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 12 septembre 2022 par lequel le maire de la commune de Mérignac a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue de l'édification d'un ensemble de vingt-cinq logements et d'une démolition partielle de la construction existante, sur un terrain cadastré section DP n° 122, 157, 158 et 2, sis 78, avenue de l'Alouette ;

2°) d'enjoindre au maire de Mérignac de lui accorder le permis sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Mérignac la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La SAS BMP soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision, qui aura pour conséquence de menacer la pérennité de l'entreprise, dont le chiffre d'affaires a chuté de 67 % entre les exercices 2020 et 2021, porte une atteinte immédiate et suffisamment grave à ses intérêts, et ce d'autant qu'elle a satisfait aux exigences de l'autorité administrative au cours de l'instruction de sa demande et que la réalisation du projet nécessite un prêt bancaire dont l'obtention est subordonnée à la détention de cette autorisation ;

- en outre, la promesse unilatérale de vente du terrain conclue le 6 octobre 2021, modifiée le 27 avril 2022, est soumise à la condition suspensive de l'obtention d'un permis au plus tard le 2 novembre 2022, d'une absence de tout recours au 2 février 2023 et de la réalisation de la cession au plus tard au 2 mars 2023 ;

- la décision est entachée du vice de l'incompétence de son auteur, en l'absence de toute publicité de la délégation de signature dont il bénéficierait de la part du maire, en violation de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales ;

- le projet, dont la délivrance avait été acceptée verbalement, respecte notamment l'article UM 20 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le motif tiré de l'atteinte à deux peupliers est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article 1.3.5.2 du règlement de la zone UM20, ces arbres étant en état de déficience physiologique établie et irréversible selon expertise et constituant, alors qu'ils ne peuvent être sauvés, un risque pour les riverains ou les résidents ;

- le motif reposant sur le défaut de préservation du chêne situé sur la voie publique repose sur une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 2.4.4.4 du règlement de la zone UM20 du plan dès lors qu'elle a pris en compte cette exigence en déposant un nouveau plan de masse et en réduisant la dimension du projet.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 décembre 2022, la commune de Mérignac, représentée par le cabinet HMS Atlantique Avocats, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la SAS Bordeaux Métropole Promotion de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune de Mérignac fait valoir que :

- la SAS BMP ne justifie pas d'une situation d'urgence ;

- aucun moyen n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 12 décembre 2022 à 14h30, ont été entendus :

- le rapport de M. Bayle, juge des référés ;

- les observations de Me Bitié, représentant la SAS Bordeaux Métropole Promotion, qui a développé les moyens soulevés dans la requête ;

- les observations de Me Cordier-Lamour, représentant la commune de Mérignac, qui a confirmé les moyens invoqués en défense par cette collectivité.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. En l'état de l'instruction, les moyens invoqués par la SAS Bordeaux Métropole Promotion et analysés ci-dessus ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 12 septembre 2022 par lequel le maire de la commune de Mérignac a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue de l'édification d'un ensemble de vingt-cinq logements et d'une démolition partielle de la construction existante, sur le terrain cadastré section DP n° 122, 157, 158 et 2, sis 78, avenue de l'Alouette. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions de la SAS Bordeaux Métropole Promotion aux fins de suspension de l'exécution de l'arrêté précité doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, sa demande d'injonction.

Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :

3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Mérignac, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme dont la SAS Bordeaux Métropole Promotion demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'affaire, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur ce fondement par la commune de Mérignac.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de la SAS Bordeaux Métropole Promotion est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Mérignac tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiée Bordeaux Métropole Promotion et à la commune de Mérignac.

Fait à Bordeaux, le 19 décembre 2022.

Le juge des référés,

J-M. BAYLE La greffière,

C. GIOFFRE

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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