mardi 25 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2206332 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BARDET ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 2 décembre 2022, 1er mars 2023 et 12 février 2024, Mme E, représentée par Me Lavaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 août 2022 par laquelle le directeur du port de plaisance d'Arcachon a refusé de lui accorder à titre prioritaire une autorisation d'occupation du poste d'amarrage d'un bateau à moteur dénommé Sepiole ;
2°) de lui accorder l'autorisation d'occupation d'un poste d'amarrage au port d'Arcachon dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la régie du Port d'Arcachon la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision a été adoptée par une autorité incompétente ;
- le directeur du port d'Arcachon a commis une erreur de droit dans l'application de l'article 17 du règlement du port ;
- sa qualité d'héritière ne peut être contestée ;
- la vente du navire ne s'opposait pas à ce qu'elle conserve l'autorisation d'occupation en application des articles 16.3 et 16.5 du règlement du port.
Par des mémoires en défense enregistrés les 13 février 2023, 19 janvier 2024 et 10 septembre 2024, la régie du port d'Arcachon, représentée par la SELARL Bardet et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 10 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caste,
- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public,
- et les observations de Me Rosenau représentant Mme E et de Me Boux de Casson représentant la régie du port d'Arcachon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G E était copropriétaire à hauteur de 10 % d'un bateau à moteur dénommé " Sépiole ", qui bénéficiait d'une autorisation d'occuper un poste d'amarrage dans le port de plaisance d'Arcachon, jusqu'au décès de sa mère C E, dont elle a hérité des 60 % de parts du navire, par un acte notarié de dévolution successorale de 2021. Par une demande déposée le 1er juillet 2022, Mme E a sollicité auprès du port de plaisance d'Arcachon l'attribution à titre prioritaire d'une autorisation d'occupation de l'emplacement dont bénéficiait Mme C E. Par un courrier 4 octobre 2022, le directeur du port de plaisance d'Arcachon a rejeté sa demande. Par la présente requête, Mme E demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par une décision adoptée par le conseil d'administration de la régie du Port d'Arcachon du 30 septembre 2021, délégation a été donnée à M. B F, directeur général, aux fins notamment, de " décider de la conclusion et de la révision des Autorisations d'Occupation Temporaires ", catégorie dont relève la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet arrêté, qui manque en fait, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, selon l'article 17 du règlement particulier de police et d'exploitation du port de plaisance d'Arcachon, relatif au transfert du droit de propriété ou de jouissance du navire, alors applicable : " Si le navire est présent dans le port lors du décès du titulaire de l'autorisation d'occupation du poste d'amarrage, une attribution à titre prioritaire pourra être demandée au bénéfice de l'héritier dans les mêmes conditions et dans la limite d'une place titulaire par individu. L'héritier officiel du navire en fera la demande avec les pièces justificatives (acte de décès, attestation de dévolution successorale précisant l'héritier et toutes les caractéristiques du bateau, carte de circulation ou acte de francisation modifié, permis mer de l'héritier et attestation d'assurance en cours de validation au nom, prénom et adresse de l'héritier) dans les 12 mois qui suivent le décès. Le Port étudiera la demande et tiendra informé l'ayant-droit de la décision. Sous peine de retrait du titre de l'occupation, à la date d'octroi de son titre d'occupation et pendant une durée de 5 ans minimum, l'usager doit être l'unique propriétaire du navire (). / Copropriété : la copropriété porte sur le navire et non sur la place du port qui reste toujours attribuée au titulaire, seul responsable vis-à-vis des services du port ; étant donné le nombre de demandes en instance et afin d'éviter les abus, le titulaire du poste d'amarrage devra toujours être majoritaire dans la copropriété (minimum accepté 60 %) à l'exception des époux non séparés pour lequel la copropriété à 50/50 % est tolérée ; le propriétaire majoritaire du navire, titulaire du poste d'amarrage, sera seul responsable vis-à-vis des services du port du paiement de la redevance et de la couverture des risques prévus par le règlement de police. Il devra à cet effet avoir souscrit la police nécessaire auprès d'une compagnie d'assurance notoirement solvable et devra fournir l'attestation correspondante aux services portuaires : la place étant incessible, il ne peut y avoir de droit de suite pour le copropriétaire ".
4. Il résulte des dispositions de l'article 17 du règlement de police du port d'Arcachon que l'héritier d'un navire à la suite du décès du titulaire de l'autorisation d'occupation du poste d'amarrage doit nécessairement être l'unique propriétaire du navire à la date d'octroi de son titre d'occupation. Or, en l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de sa demande du 1er juillet 2022, la requérante, héritière de C E, n'était plus propriétaire du bateau qu'elle avait cédé, par acte de vente du 20 avril 2022, à M. D A. Dans ces conditions, et pour ce seul motif, le directeur général du Port d'Arcachon pouvait refuser de faire droit à la demande d'attribution prioritaire de l'emplacement du navire Sépiole sans commettre ni erreur de droit ni erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement particulier de police du Port d'Arcachon.
5. Enfin, si Mme E se prévaut du bénéfice de ce droit de priorité dans le cadre de son projet d'achat d'un nouveau bateau, elle ne peut utilement soutenir que le directeur général du Port d'Arcachon aurait méconnu les dispositions des articles 16.1 du règlement de police du port qui régissent l'instruction des demandes d'un poste d'amarrage et concernent les cas dans lesquels le demandeur d'une autorisation change de navire pendant l'attente de l'attribution d'une place et non les modalités de mise en œuvre du transfert du droit de propriété du navire. N'ayant pas obtenu le transfert sollicité en sa qualité d'héritière, elle ne peut davantage utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article 16.3 de ce règlement relatives aux modalités de gestion des demandes de changement de navire par les titulaires d'un emplacement.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 4 octobre 2022 doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la régie du Port d'Arcachon, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme E, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme E la somme de 1 200 euros à verser à la régie du Port d'Arcachon au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Mme E versera à la régie du Port d'Arcachon une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme G E et à la régie du Port d'Arcachon.
Délibéré après l'audience du 11 février 2025, où siégeaient :
Mme Brouard-Lucas, présidente,
M. Bourdarie, premier conseiller,
Mme Caste, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 février 2025.
La rapporteure,
F. CASTE
La présidente,
C. BROUARD-LUCAS
La greffière,
A. JAMEAU
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026