jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2206437 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU-6 semaines |
| Avocat requérant | CESSO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 décembre 2022, M. C A, représenté par Me Cesso, avocat, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 novembre 2022 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et a fixé le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté, dans son ensemble :
- la signataire de l'acte attaqué n'était pas compétente pour ce faire ;
En ce qui concerne le refus d'admission au séjour :
- cette décision est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'il n'a pas été tenu compte de ce qu'il est père de deux enfants français ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, au regard de sa situation familiale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- elle méconnait l'intérêt supérieur de ses enfants, dès lors qu'elle conduit à leur séparation ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- compte tenu de son droit au séjour, la mesure d'éloignement prise à son encontre est illégale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- elle méconnait l'intérêt supérieur de ses enfants ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 721-4 du CESEDA qui interdit qu'un étranger soit éloigné à destination d'un pays où il serait exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour ;
- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait l'intérêt supérieur de ses enfants ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Molina-Andréo, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme E a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant turc né le 2 janvier 1975, déclare être entré une première fois irrégulièrement en France le 30 janvier 2006. Sa demande d'asile a été rejetée définitivement par la Cour nationale du droit d'asile le 15 février 2007. Par arrêté du 17 avril 2007, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. M. A est reparti en Turquie et serait de nouveau entré irrégulièrement en France le 4 juin 2008. Il a présenté une nouvelle demande d'asile qui a été définitivement rejetée le 31 janvier 2011. Par un arrêté du 9 mars 2011, dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Bordeaux et la cour administrative d'appel de Bordeaux, le préfet de la Gironde a de nouveau pris une décision de refus de séjour, assortie d'une mesure d'éloignement, qui n'a pas été exécutée. Par la suite, M. A a bénéficié d'un titre de séjour en raison de son état de santé à compter du 16 avril 2012, qui a été renouvelé jusqu'au 15 novembre 2014. A la suite de la naissance de deux enfants français les 23 novembre 2013 et 31 décembre 2016 issues de sa relation avec une ressortissante française, M. A a bénéficié, à compter du 13 mars 2015, de la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, qui a été renouvelé jusqu'au 11 juin 2019. Par un arrêté du 23 février 2021, la préfète de la Gironde a toutefois refusé de lui accorder le renouvellement de ce titre de séjour au motif tiré du défaut de participation effective du requérant à l'éducation et à l'entretien de ses enfants de nationalité française, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. La légalité de cet arrêté a été admise par un jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 16 juin 2021, confirmé par un arrêt de la Cour administrative d'appel de Bordeaux du 25 novembre 2021. M. A n'a pas exécuté cet arrêté. Il a sollicité le 19 mai 2022 le réexamen de sa demande d'asile, laquelle demande a été déclarée irrecevable par décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 31 août 2022. Par un arrêté du 21 novembre 2022, pris sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), la préfète de la Gironde a alors refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ( ) ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté, dans son ensemble :
3. Il ressort de la consultation du site internet de la préfecture de la Gironde, librement accessible, que Mme B D, cheffe du bureau de l'asile et du guichet unique, signataire de l'arrêté attaqué, disposait par arrêté du 5 octobre 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs n° 33-2022-196 de la préfecture, d'une délégation de signature de la préfète de la Gironde à l'effet de signer " toutes décisions () relevant de l'autorité préfectorale pris[es] en application des livres IV, V, VI et VII (partie législative et réglementaire) du CESEDA ", au nombre desquelles figurent les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne le refus d'admission au séjour :
4. Il n'est pas contesté et il ressort de l'examen de la décision portant refus de séjour attaqué que celle-ci vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application et comporte les considérations de fait qui en constituent le fondement. Alors que l'obligation de motivation n'imposait pas à la préfète de la Gironde de mentionner l'ensemble des éléments dont elle a tenu compte mais seulement ceux sur lesquels elle a fondé sa décision, la circonstance qu'elle n'ait pas mentionné la présence en France de deux des sept enfants de M. A qui sont de nationalité française et à l'entretien et à l'éducation desquelles elle considère de manière constante depuis l'arrêté précité du 23 février 2021 que le requérant ne participe pas, n'est pas de nature à révéler une erreur de fait. Au demeurant, la préfète a bien précisé que l'intéressé n'entrait dans aucun cas d'attribution d'un titre de séjour de plein droit en application du CESEDA, ce qui implique qu'elle a examiné son droit au séjour en qualité de parent d'enfants françaises.
5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du CESEDA : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
6. Il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a déjà été dit au point 1, que M. A est entré en France pour la dernière fois en 2008 selon ses déclarations et qu'il a bénéficié de titres de séjour en tant qu'étranger malade entre le mois d'avril 2012 et le mois de novembre 2014, puis de titres de séjour en qualité de parent d'enfants françaises du 13 mars 2015 au 11 juin 2019. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire après l'expiration de son dernier titre, en dépit d'un arrêté préfectoral portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours pris à son encontre le 23 février 2021. Alors que M. A est séparé depuis 2017 de la mère de ses deux enfants de nationalité française, nées les 23 novembre 2013 et 31 décembre 2016, il ne produit aucun élément de nature à établir qu'il apporterait une quelconque contribution à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants françaises. Si le requérant se prévaut également de la présence en France de son épouse et de trois de ses enfants de nationalité turque, il est constant que ces derniers ne disposent plus de droit au séjour en France depuis le rejet de leur demande d'asile, de sorte que rien ne fait obstacle à la reconstitution de la cellule familiale en Turquie. Par ailleurs, et alors que M. A, malgré le nombre d'années passées en France, ne se prévaut d'aucune insertion sociale ou professionnelle sur le territoire national, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 31 ans au moins et où résident toujours ses parents, ses six frères et sœurs, ainsi que deux autres de ses enfants de nationalité turque. Dans ces conditions, la décision portant refus de séjour attaquée n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs qui lui ont été opposés. Elle n'a donc méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions de l'article L. 423-23 du CESEDA. Pour les mêmes raisons, cette décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
7. Aux termes du 1. de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
8. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus, d'une part, qu'il n'est pas établi que M. A contribuerait à l'éducation et à l'entretien de ses enfants de nationalité française, d'autre part, que la décision attaquée n'a pas pour objet ni pour effet de séparer les enfants turcs du requérant d'un de leurs parents dès lors que leur mère n'a pas vocation à rester sur le territoire français et que la cellule familiale peut se reconstruire dans leur pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relatives aux droits de l'enfant doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
9. Il résulte de ce qui précède que M. A ne dispose pas d'un droit au séjour en France. Il ne peut dès lors se prévaloir du droit au séjour qu'il détiendrait pour soutenir qu'il ne pouvait légalement faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français.
10. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 6 et 8, les moyens tirés de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français porterait au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle et méconnaitrait l'intérêt supérieur de ses enfants tel que protégé par les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relatives aux droits de l'enfant, doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
11. Aux termes de l'article L. 721-4 du CESEDA : " (). / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
12. M. A, dont les demandes d'asile ont été rejetées à plusieurs reprises par les autorités compétentes, n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il encourrait des risques en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du CESEDA doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
13. Aux termes de l'article L. 612-8 du CESEDA : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
14. La décision par laquelle la préfète de la Gironde a fait interdiction à M. A de revenir sur le territoire français pour une durée de deux ans mentionne les articles L. 612-8 et L. 612-10 du CESEDA. En outre, elle indique qu'il ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement Dans ces conditions, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui la fonde. Par suite, cette décision est suffisamment motivée.
15. La préfète de la Gironde a fondé l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans faite à M. A sur les motifs qu'il ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Or, il ressort effectivement des pièces du dossier que M. A s'est maintenu sur le territoire français au mépris d'une mesure d'éloignement prise par la préfète de la Gironde le 23 février 2021. Par ailleurs, si M. A est père de deux enfants françaises, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus qu'il ne contribue pas à leur éducation et à leur entretien. Par suite, la préfète de la Gironde n'a pas commis d'erreur d'appréciation en édictant, à son encontre, une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
16. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfants doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 6 et 8.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 21 novembre 2022.
Sur les autres conclusions de la requête :
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent également être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Cesso et à la préfète de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 26 janvier 2023.
La magistrate désignée,
B. MOLINA-ANDREO La greffière,
S. CASTAIN
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026