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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2206732

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2206732

mercredi 18 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2206732
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL BOISSY AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 25 septembre 2023, lequel n'a pas été communiqué, la société 31 Chemin de Chatry, représentée par Cornille, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2022 par lequel le maire de la commune de Bègles a refusé de faire droit à sa demande de permis de construire 18 logements et un bureau sur un terrain situé 31 chemin de Chatry :

2°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer le permis de construire sollicité, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cinq-cents euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Bègles la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;

- il n'a pas été régulièrement signé ;

- le projet est conforme aux dispositions de l'article 2.4.4.4. du règlement de la zone UM 14 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole ;

- le projet est conforme aux dispositions de l'article 2.4.1. du règlement de la zone UM 14 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole ;

- le projet est conforme aux dispositions de l'article 2.4.1.2. du règlement de la zone UM 14 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole ;

- le projet est conforme aux dispositions de l'article 3.3.2. du règlement de la zone UM 14 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole ;

- le projet est conforme aux dispositions de l'article 3.4. du règlement de la zone UM 14 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole ;

- le projet est conforme aux articles 1.4.2.1., 1.4.2.2. et 1.4.2.3. du règlement de la zone UM 14 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2023, la commune de Bègles, représentée par Me Boissy, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé et que, le cas échéant, peuvent également être opposés à la demande de permis de construire des motifs tirés de la méconnaissance des articles 2.1.1. et 2.4.4.2. du règlement de la zone UM 14 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Frézet,

- les conclusions de M. Josserand, rapporteur public,

- les observations de Me Gournay, représentant la SCCV 31 chemin de Chatry,

- et les observations de Me Dubois, représentant la commune de Bègles.

Considérant ce qui suit :

1. Le 29 juillet 2022, la SCCV 31 Chemin de Chatry a déposé une demande de permis de construire pour la réalisation de 18 logements et 1 bureau, sur un terrain situé 31 chemin de Chatry, sur les parcelles cadastrées section BC n°s 2, 192, 193, 194 et 195. Par un arrêté du 9 décembre 2022, dont la société pétitionnaire demande l'annulation, le maire de la commune de Bègles a refusé de faire droit à sa demande.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la légalité externe :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. Pour les décisions individuelles, cette transmission intervient dans un délai de quinze jours à compter de leur signature. () ". Une délégation de signature du maire étant une décision de nature réglementaire, elle est soumise à ces dispositions en vertu du 3° de l'article L. 2131-2 du même code. Les mentions apportées, sous la responsabilité du maire, pour certifier le caractère exécutoire des actes des autorités communales font foi jusqu'à preuve du contraire.

3. M. A B, 6ème adjoint au maire délégué à l'urbanisme durable et signataire de l'arrêté litigieux, a reçu délégation de signature, par un arrêté du maire du 30 mars 2021, à l'effet de signer notamment tous les actes ayant trait à l'instruction, la délivrance et le contrôle des autorisations d'occupation ou d'utilisation des sols tels que les permis de construire. Il ressort des mentions de cet arrêté qu'il a été régulièrement transmis en préfecture le 30 mars 2021, affiché en mairie le jour-même et publié le 22 avril suivant. En outre, sur ce même arrêté, le maire certifie sous sa responsabilité le caractère exécutoire de cet acte. Le requérant, qui se borne à soutenir que la publication au recueil des actes administratifs de la commune n'est pas établie, ne fait état d'aucun élément de nature à contredire les mentions figurant sur l'arrêté du 30 mars 2021, lesquelles font foi jusqu'à preuve du contraire. Par suite, M. B doit être regardé comme étant compétent pour signer l'arrêté attaqué.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions de l'administration peuvent faire l'objet d'une signature électronique. Celle-ci n'est valablement apposée que par l'usage d'un procédé, conforme aux règles du référentiel général de sécurité mentionné au I de l'article 9 de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives, qui permette l'identification du signataire, garantisse le lien de la signature avec la décision à laquelle elle s'attache et assure l'intégrité de cette décision. ".

5. Alors que la société requérante n'apporte aucun élément précis de nature à faire naître un doute quant à la mise en œuvre du procédé de signature électronique conforme à ces dispositions, la commune de Bègles produit un bordereau de signature dont il ressort que l'arrêté attaqué a été signé de manière électronique par M. A B au moyen d'un certificat électronique valide du 9 décembre 2021 au 7 décembre 2024. Le moyen tiré de l'absence de signature de l'arrêté portant permis de construire du 9 décembre 2022 doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne les motifs initiaux d'opposition :

6. En premier lieu, aux termes de l'article 2.4.4.4. du règlement de la zone UM 14 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole : " () Le projet paysager doit s'appuyer sur les caractéristiques du projet de construction (proportions) et les composantes du site préexistant, en tenant compte notamment de l'implantation des constructions avoisinantes, de la forme de la parcelle, de la topographie, des arbres qui participent à la qualité du paysage. Pour les constructions neuves, les EPT requis réglementairement doivent, à minima, comporter un arbre de petit développement pour 40 m² d'espace en pleine terre et/ou un arbre de moyen développement pour 80 m². () - Espaces boisés classés existants ou à créer et arbres isolés / Les espaces boisés classés existants ou à créer et les arbres isolés sont repérés au plan de zonage. Avant, pendant et après la réalisation du projet, l'état sanitaire du ou des arbres ne doit pas être compromis de quelque façon que ce soit. La surface minimale de protection à prendre en compte correspond à la projection au sol du houppier. L'enherbement de cette surface doit être maintenu. / - Plantations à réaliser / Les espaces repérés au plan de zonage devant faire l'objet de Plantations à Réaliser (PAR) doivent être plantés d'arbres ou d'arbustes adaptés au site, au projet et à la nature du sol. Les plantations doivent permettre de constituer une masse arborée et / ou arbustive conséquente à l'âge adulte. Les distances entre les plantations doivent être compatibles avec les voies ou cheminements d'accès, les espaces nécessaires à l'entretien des ouvrages et la sécurité des riverains. Dans les PAR situés en bord de cours d'eau et le long des limites séparatives d'un terrain, les plantations en baliveaux et/ou en cépées sont admises. / Dans tous les cas, les plantations doivent être réalisées avec des essences variées privilégiant les espèces endogènes, dépolluantes et non-allergènes. ".

7. Il est constant que le projet prévoit le nombre requis d'arbres de petit ou de moyen développement en proportion de son emprise en pleine terre. Si le maire de la commune de Bègles reproche au projet paysager de ne pas garantir le bon développement des arbres plantés et leur pérennité, à défaut d'un espace correspondant à la taille du houppier des arbres plantés, il ne ressort pas des pièces du dossier que les plantations projetées soient situées dans un espace boisé classé, seraient constitutives d'arbres isolés ou qu'il s'agirait d'un espace repéré au plan de zonage devant faire l'objet de plantations à réaliser, de sorte que les dispositions précitées et l'exigence qu'elles posent selon laquelle la surface minimale de protection à prendre en compte correspond à la projection au sol du houppier ne leur sont pas applicables. Au demeurant, si le projet paysager doit s'appuyer sur les caractéristiques du projet de construction, il n'est pas établi que le dispositif de stockage, d'une profondeur de 25 centimètres seulement et situé à proximité d'arbres, et l'imperméabilisation du terrain, fassent obstacle à l'épanouissement racinaire et au développement sain des arbres. La société requérante est donc fondée à soutenir que le maire de Bègles ne pouvait se fonder sur le motif tiré de la méconnaissance de l'article 2.4.4.4. du règlement de la zone UM 14 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole pour refuser le permis de construire sollicité.

8. En deuxième lieu, aux termes, d'une part, de l'article 2.4.1. du règlement de la zone UM 14 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole : " La situation des constructions, leur architecture, leurs dimensions et leur aspect extérieur doivent être adaptés au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. () ". Aux termes, d'autre part, de l'article 2.4.1.2. du même règlement : " Dans les secteurs présentant une unité architecturale, la volumétrie et la modénature des nouvelles constructions doivent établir la continuité des éléments ou ménager d'éventuelles transitions, sans remettre en cause le gabarit fixé. / Ainsi, les constructions nouvelles doivent s'intégrer à la séquence de voie dans laquelle elles s'insèrent en tenant compte des caractéristiques des constructions avoisinantes, sur les deux rives de la voie, et notamment : / - de la composition des façades limitrophes, / - des rythmes horizontaux (corniches, bandeaux soulignant les niveaux etc.), / - de la volumétrie des toitures. / Par ailleurs, dans le respect des dispositions du présent règlement, tout projet d'expression contemporaine est autorisé dès lors qu'il participe à la qualité du paysage urbain dans lequel il s'insère. ".

9. Il ressort des photographies du dossier de demande de permis de construire, que le terrain d'assiette du projet se situe dans un secteur ne présentant pas de caractéristiques particulières et se trouve à proximité immédiate d'une zone commerciale située de l'autre côté du chemin de Chatry, ainsi que d'une grande pharmacie et une résidence en R+4. Le règlement du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole décrit d'ailleurs la zone UM 14 comme à tissus à dominante de grands ensembles et tissus mixtes qui n'est pas, contrairement à ce que prétend la commune en défense, composée essentiellement d'échoppes. Le projet, bien qu'en R+3, est constitué de trois corps interrompus par des failles, diminuant ainsi l'impression de volume. Il prévoit en outre que les volumes soient traités en ciment décarbonés ton "blanc cassé" et les éléments en serrurerie traités en profils métalliques rectangulaires, de couleur blanc cassé assorti à la façade, afin d'avoir une esthétique s'intégrant au mieux dans l'environnement de la zone. Par suite, la société requérante est fondée à soutenir que le maire ne pouvait pas se fonder sur les articles 2.4.1. et 2.4.1.2. du règlement de la zone UM 14 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole pour refuser de faire droit à sa demande de permis de construire.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article 3.3.2. du règlement de la zone UM 14 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole : " Tout terrain doit être aménagé avec des dispositifs permettant l'évacuation qualitative et quantitative des eaux pluviales. Ils doivent être adaptés à la topographie, à la nature du sous-sol et aux caractéristiques des constructions. / Sous réserve des autorisations réglementaires éventuellement nécessaires, les eaux pluviales doivent préférentiellement rejoindre directement le milieu naturel (par infiltration dans le sol ou rejet direct dans les eaux superficielles). / A défaut, les eaux pluviales peuvent être rejetées gravitairement, suivant le cas, et par ordre de préférence, au caniveau, au fossé, dans un collecteur d'eaux pluviales ou un collecteur unitaire si la voie en est pourvue. () ".

11. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit un déversement des eaux collectées par un tuyau en PVC vers un caniveau à grille qui longe la route de Toulouse. Si la partie Nord-Est du projet, qui abrite une partie du parking, est situé à 16,45 Ngf et suit une pente d'environ 0,7 % jusqu'à un raccordement au tuyaux PVC, situé à 16,30 NGF, les habitations vont nécessairement faire obstacle à la descente gravitaire des eaux dès lors qu'elles sont d'une hauteur de 16,50 NGF. Dans ces conditions, et alors au demeurant que Bordeaux Métropole a émis un avis négatif, il n'est pas justifié de ce que le projet permettrait un écoulement des eaux pluviales vers le réseau de collecte, et le moyen tiré de ce que le projet est conforme aux dispositions citées au point précédent doit être écarté.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3.4. du règlement de la zone UM 14 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole : " Les lieux destinés au stockage des déchets sont situés et dimensionnés pour assurer la bonne gestion des conteneurs. / Ils doivent être facilement accessibles depuis la voie ou l'emprise publique. () ".

13. Il ressort de la notice architecturale issue du dossier de demande de permis de construire que le projet prévoit un local de stockage de 15 m² proche d'un des accès de la résidence ainsi qu'une aire de présentation des ordures ménagères d'au moins 4 m² le long de la route de Toulouse, dimensionnés d'après la fiche de calculs transmise par Bordeaux Métropole. Ces indications sont corroborées par les plans du dossier, et en particulier le plan de rez-de-chaussée figurant sur la pièce " PC A1 ", qui démontre par ailleurs l'accessibilité du local depuis la route de Toulouse et le chemin de Chatry, qu'il jouxte quasiment. Est également jointe au dossier la fiche de calcul des volumes de stockages nécessaires en bas par flux de déchets ménagers, dont il ressort qu'elle a été produite par les services de Bordeaux Métropole, et dont la pertinence des calculs n'est pas sérieusement remise en cause par la commune de Bègles. Ainsi, le motif de refus tiré de la méconnaissance de l'article 3.4. du règlement de la zone UM 14 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole est erroné.

14. En cinquième lieu, aux termes de l'article 1.4.2.1. du règlement de la zone UM 14 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole : " () / Les espaces dédiés au stationnement des vélos doivent être sécurisés, protégés des intempéries (a minima couverts) et facilement accessibles depuis le domaine public. Ils doivent également être aménagés de manière à ce que chaque vélo dispose d'un système d'attache adapté et de sécurisation individuel (dispositif fixe permettant de stabiliser et d'attacher le vélo par le cadre). () ". Aux termes de l'article 1.4.2.2. du même règlement : " Les normes de stationnement vélos sont applicables à toute construction. / Pour les constructions à destination d'habitation, les normes de stationnement vélos s'appliquent à toute construction ou opération de deux logements ou plus, y compris par changement de destination. / Le calcul du nombre de places de stationnement est réalisé au regard des destinations et des normes indiquées au "1.4.2.3. Normes de stationnement". () ". Le point 1.4.2.3 prévoit que les constructions à destination d'habitation comprenant deux logements et plus consacrent soit un minimum de 5 % de la surface de plancher au stationnement des vélos, soit un minimum de 3 % de cette surface si le local est équipé de systèmes d'accrochage à étages et présente une hauteur sous plafond minimale de 3 mètres. Il prévoit par ailleurs, s'agissant des constructions à destination de bureaux en secteur 4, que celles-ci consacrent soit 1,5 % de la surface de plancher au stationnement des vélos avec un minimum de 5 m2, soit 1 % de cette surface si le local est équipé de systèmes d'accrochage à étages et présente une hauteur sous plafond minimale de 3 mètres, sans minimum de surface requis.

15. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la notice architecturale du dossier de demande de permis de construire, corroborée par les plans côtés, que le projet prévoit un local vélo d'une hauteur sous plafond de 3 mètres avec racks à double étage accessible de plein pied. En vertu des dispositions précitées, le projet devait donc, s'agissant de sa partie habitation, consacrer au moins 3 % de la surface de plancher au stationnement des vélos et, s'agissant de sa partie destinée aux bureaux, consacrer au moins 1 % de cette surface au stationnement des vélos, sans que la surface minimum de 5 m2 ne soit opposable dans un cas comme dans l'autre. Il est constant que le projet prévoit une surface de plancher de 1 587 m2 destinée aux habitations, nécessitant 47,61 m2 de surface dédiée aux vélos, ainsi qu'une surface de bureaux de 117 m2, imposant une surface dédiée aux vélos de 1,17 m2, soit un espace total d'au moins 48,78 m2. Or il ressort des pièces du dossier que le local vélo projeté sera d'une superficie de 51 m2, supérieure à celle imposée par les dispositions précitées. Par suite, la société pétitionnaire est fondée à soutenir que le motif tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent est erroné.

16. Toutefois, et malgré l'illégalité des motifs énoncés ci-dessus, il résulte de l'instruction que le maire de la commune de Bordeaux aurait pris la même décision s'il s'était fondé uniquement sur le motif tiré de ce que le projet méconnait les dispositions de l'article 3.3.2. du règlement de la zone UM 14 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole, qui est de nature à fonder légalement la décision attaquée.

17. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il y ait lieu de se prononcer sur la substitution de motifs sollicitée par la commune de Bègles, que les conclusions présentées par la société requérante tendant à l'annulation de la décision de la commune de Bègles en date du 9 décembre 2022 doivent être rejetées. Il convient également de rejeter, ensemble et par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.

Sur les frais liés au litige :

18. La commune de Bègles n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à sa charge la somme que demande la pétitionnaire au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Bègles sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société 31 chemin de Chatry est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société 31 chemin de Chatry et à la commune de Bègles.

Délibéré après l'audience du 4 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Cabanne, présidente,

M. Pinturault, premier conseiller,

M. Frézet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2023.

Le rapporteur,

C. FREZET

La présidente,

C. CABANNELa greffière,

M.-A. PRADAL

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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