mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2300126 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MEAUDE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 9 janvier et 20 avril 2023, M. B A, représenté par Me Meaude, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la préfète de la Gironde a implicitement rejeté son recours gracieux du 9 mai 2022 dirigé contre la décision du 29 avril 2022 refusant de faire droit à sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 2 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle révèle un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- la préfète de la Gironde a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
Par un mémoire enregistré le 27 février 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable pour cause de tardiveté ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Molina-Andréo, première conseillère ;
- et les observations de Me Meaude, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant mauricien né le 24 avril 1992, est entré en France le 22 juillet 2016 sous couvert d'un visa long séjour valant titre de séjour du 22 janvier 2016 au 22 janvier 2017. Ce titre lui a été régulièrement renouvelé. Ayant sollicité, le 7 octobre 2021, le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), la préfète de la Gironde a, par une décision du 29 avril 2022, rejeté sa demande de titre de séjour mention " entrepreneur " et lui a délivré un nouveau titre de séjour mention " visiteur ", valable du 29 avril 2022 au 28 avril 2023. M. A a alors formé un recours gracieux contre cette décision, reçu en préfecture le 10 mai 2022. Le silence gardé par la préfète de la Gironde pendant plus de deux mois a fait naitre le 10 juillet 2022 une décision implicite de rejet, dont M. A demande l'annulation.
Sur l'étendue du litige :
2. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
3. Ainsi qu'il a été dit au point 1, M. A a formé un recours gracieux à l'encontre de la décision préfectorale du 29 avril 2022 de refus de délivrance d'un titre de séjour mention " entrepreneur " et demande l'annulation de la décision implicite rejetant ce recours. Bien qu'il ait dirigé les conclusions de sa requête uniquement contre la décision prise sur recours gracieux, il doit être regardé comme demandant également l'annulation de la décision initiale du 29 avril 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. La décision du 29 avril 2022 vise les articles L. 421-5 et L. 426-20 du CESEDA dont elle fait application. Cette décision fait état des circonstances de fait à raison desquelles la préfète de la Gironde a estimé ne pas devoir faire droit à la demande de M. A de délivrance d'un titre de séjour mention " entrepreneur ", considérant que l'intéressé ne justifie pas d'une activité économiquement viable dont il tirerait des moyens d'existence suffisants. Cette décision, qui comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constitue le fondement, est suffisamment motivée au regard des exigences des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par ailleurs, dès lors qu'est demandée l'annulation d'une décision initiale et de la décision rejetant le recours gracieux formé contre cette décision, les moyens critiquant les vices propres dont serait entachée la décision rejetant le recours gracieux ne peuvent être utilement invoqués au soutien des conclusions dirigées contre cette décision. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision implicite de rejet du recours gracieux ne peut qu'être écarté comme inopérant.
5. Il ressort de la motivation de la décision du 29 avril 2022 que la préfète de la Gironde a procédé à un examen particulier de la situation du requérant.
6. Aux termes de l'article L. 421-5 du CESEDA : " L'étranger qui exerce une activité non salariée, économiquement viable et dont il tire des moyens d'existence suffisants, dans le respect de la législation en vigueur, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " entrepreneur/ profession libérale " d'une durée maximale d'un an. ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A a fondé une société en 2018, spécialisée dans l'" entretien corporel ". Pour refuser de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 421-5, la préfète de la Gironde s'est fondée sur la circonstance que l'intéressé ne justifierait pas d'une activité économiquement viable dont il tirerait des moyens d'existence suffisants. M. A se prévaut d'attestations d'une expert-comptable faisant état de ce qu'il aurait réalisé un bénéfice comptable de 12 945 euros en 2020 et 19 736 euros en 2021. Toutefois, ces documents sont en contradiction avec les déclarations trimestrielles de chiffre d'affaires et les comptes de résultat simplifié pour les mêmes périodes qui font seulement respectivement état de 500 euros et 7 500 euros de chiffres d'affaires, ne permettant pas au requérant, après déduction des charges, de bénéficier de revenus au moins égal au SMIC. Si la déclaration trimestrielle de chiffre d'affaires pour le premier trimestre 2022 fait état d'un chiffre d'affaires de 9 000 euros, cette hausse exponentielle constatée sur seulement trois mois, ne suffit pas à regarder l'activité en cause comme économiquement viable à la date de la décision préfectorale du 29 avril 2022, ni, en l'absence de production de la déclaration trimestrielle de chiffre d'affaires du deuxième trimestre 2022, à la date de la décision implicite du 10 juillet 2022 de rejet du recours gracieux. Par suite, la préfète de la Gironde n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, ni commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle du requérant.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre des frais de justice sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Meaude et au préfet de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, première conseillère faisant fonction de présidente ;
Mme de Gélas, première conseillère ;
Mme Ballanger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
La première assesseure,
C. DE GÉLASLa première conseillère faisant fonction de présidente,
B. MOLINA-ANDRÉO
La greffière,
A. JAMEAU
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026