mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2300168 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL GALINAT BARANDAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 janvier 2023 et un mémoire enregistré le 26 janvier 2023, la société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) par actions simplifiée Emmaüs Gironde, représentée par la SELARL TGB Avocats, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'arrêté du 23 décembre 2022 par lequel la préfète de la Gironde a prononcé la fermeture définitive, à compter du 1er février 2023, du centre d'hébergement et de réinsertion sociale de Bacalan-Bouliac, sis cours Dupré de Saint-Maur ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SCIC Emmaüs Gironde soutient que :
- Par arrêté du 6 novembre 2007, le préfet de la Gironde a accordé à l'association Emmaüs 33 - Urgence sociale, qui précédait la SCIC, l'autorisation, pour une durée de 15 ans, de créer 13 places de centre d'hébergement et de réinsertion sociale sur le site de Bacalan, par transformation de 13 places d'urgence, autorisation qui était tacitement renouvelable sauf injonction de présenter une demande de renouvellement au moins un an avant l'échéance ;
- l'autorisation, qui a été modifiée par arrêté préfectoral du 10 juillet 2017 pour créer 35 places de stabilisation, a été tacitement renouvelée le 1er novembre 2022 ;
- elle a déposé une requête aux fins d'annulation de l'arrêté contesté ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision, qui va lui imposer de licencier l'ensemble de son personnel, aura des conséquences financières lourdes ;
- en outre, la décision porte une atteinte immédiate et certaine à l'intérêt public qui s'attache aux missions de réinsertion dont elle a la charge ;
- la décision, qui n'a pas été précédée de la procédure contradictoire prévue par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, en l'absence d'information préalable sur la nature de la mesure de fermeture envisagée, mesure que ni la lettre de la préfète datée du 28 octobre 2022, ni le rapport d'inspection du 27 octobre 2022 qui y était joint et sur lequel il lui était demandé de faire connaître ses observations n'évoquaient, est affectée d'une irrégularité substantielle ;
- la décision, qui repose sur de prétendus manquements anciens de plus de trois ans et qui est fondée sur des motifs étrangers à la nécessité d'assurer la sécurité et le bien-être des résidents, est entachée de détournement de pouvoir ;
- comme elle y a été invitée au mois d'octobre 2019 et ainsi que l'établit le tableau de suivi des injonctions mis à jour par les services de l'Etat jusqu'au mois d'avril 2020, elle a remédié aux manquements qui avaient été relevés dans le rapport d'inspection du mois d'août 2019 ;
- les services de l'Etat n'ont pu relever entre 2019 et 2022 aucun événement concret en lien avec les manquements dénoncés en août 2019, de nature à faire courir un risque aux résidents, lesquels attestent, comme les professionnels avec qui ils sont en contact, des bonnes conditions de leur accueil et de leur prise en charge ;
- le grief tiré du non-respect de l'injonction n° 1 relative à la transmission du document unique de délégation, tiré de la méconnaissance de l'article D. 312-176-5 du code de l'action sociale et des familles, manque en fait, outre qu'il n'est pas juridiquement fondé, peut important que le document transmis n'ait pas été signé ;
- s'agissant de l'injonction n° 2, le grief n'est pas justifié dès lors que non seulement le fondement juridique invoqué, à savoir l'article R. 314-19 du code précité, est étranger aux missions et compétences de la direction administrative et financière et aux missions des chefs de service, mais il y a été satisfait par la transmission de l'ensemble des fiches de poste des différentes fonctions exercées ;
- en ce qui concerne l'injonction n° 3 relative à la détermination des quotités de travail de chaque personnel, d'une part, aucune disposition ne prévoit une telle obligation, d'autre part, elle avait transmis un organigramme du personnel ;
- au sujet de l'injonction n° 4, relative au vote par le conseil d'administration de conventions réglementées, elle a justifié de son respect ;
- s'agissant de l'injonction n° 6 concernant la délégation à chaque structure d'un budget propre, cette obligation n'est pas fondée en droit, d'une part, chaque chef de service est informé de son budget, d'autre part ;
- le grief tiré de la méconnaissance des prescriptions de l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles, en rapport avec l'injonction n° 7, manque en fait, les différentes conventions étant identifiées ;
- s'agissant de l'injonction n° 10, relative à la production d'un plan d'action permettant l'amélioration des conditions de vie, la confidentialité des entretiens avec les résident et les conditions de travail du personnel, et de l'injonction n° 11, portant sur la production d'une fiche de travaux, aucun manquement ne peut être relevé ;
- en ce qui concerne l'injonction n° 13 relative à l'élaboration d'un projet d'établissement, il y a été satisfait par la transmission de ce document aux services de l'Etat le 17 avril 2020 et de son actualisation le 30 octobre 2022 ;
- s'agissant de l'injonction n° 15, concernant le lancement de la procédure d'évaluation interne prévue par l'article L. 312-8 du code l'action sociale et des familles, cette évaluation était en cours en avril 2020 et a été menée à son terme au début de l'année 2022, les résultats ayant été communiqués aux services de l'Etat le 20 octobre 2022 ;
- le grief reposant sur le non-respect de l'injonction n° 16 relative à la réorganisation du temps de présence des salariés au sein de centre d'hébergement et de réinsertion sociale manque en fait, l'organisation ayant été modifiée pour augmenter la présence notamment en fin de semaine ;
- manque également en fait la méconnaissance de l'injonction n° 17 relative à la mise en œuvre de mesures permettant au personnel du site de Bacalan de consacrer la totalité de son temps de travail aux missions confiées au centre d'hébergement et de réinsertion sociale ;
- la recommandation d'instaurer un plan de formation du personnel est insusceptible de fonder la décision en litige ;
- la décision de fermeture définitive, qui constitue une mesure de police administrative, est disproportionnée au regard des faits reprochés, qui ne concernent pour l'essentiel que l'organisation administrative du centre d'hébergement et de réinsertion sociale.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 janvier 2023, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
La préfète de la Gironde fait valoir que :
- la présente instance est irrecevable ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 26 janvier 2023 à 14h30, ont été entendus :
- le rapport de M. Bayle, juge des référés ;
- les observations de Me Galinat, représentant la SCIC Emmaüs Gironde, qui a développé les moyens soulevés dans les écritures de cette société ;
- les observations de Mme A et de M. B, représentants la préfète de la Gironde, qui ont confirmé les moyens invoqués en défense par cette autorité.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Par lettre déposée le 28 janvier 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, M. C est intervenu volontairement à l'instance, au soutien des conclusions de la requête.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par la SCIC Emmaüs Gironde et analysés ci-dessus n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 23 décembre 2022 par lequel la préfète de la Gironde a prononcé la fermeture définitive, à compter du 1er février 2023, du centre d'hébergement et de réinsertion sociale de Bacalan-Bouliac, sis cours Dupré de Saint-Maur. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête ni de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions de la SCIC Emmaüs Gironde aux fins de suspension de l'exécution de cet arrêté doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, sa demande tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la SCIC Emmaüs Gironde est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société coopérative d'intérêt collectif par actions simplifiée Emmaüs Gironde, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Copie sera adressée pour information à la préfète de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 31 janvier 2023.
Le juge des référés,
J-M. BAYLE La greffière,
C. GIOFFRE
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui les concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026