lundi 27 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2300509 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JU-6 semaines |
| Avocat requérant | HUGON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 janvier 2023, Mme C B, représentée par Me Hugon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 janvier 2023 par lequel la préfète de la Gironde lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite à l'expiration de ce délai et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans cette attente un récépissé de demande de titre de séjour, et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros HT (1813 euros TTC) sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme B soutient que :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
- la décision est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les articles 3-1 et 16-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- la décision méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la préfète s'est crue à tort en compétence liée et a entaché sa décision d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît les articles 3-1 et 16-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
- la décision est privée de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme B n'est fondé.
Par décision du 14 février 2023, Mme B a obtenu l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D ;
- et les observations de Mme B assistée de son compagnon M. A ;
- le préfet de la Gironde n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante malienne, née le 17 novembre 1995 à Missira (Mali), déclare être entré en France le 10 septembre 2021. Elle a sollicité, le 19 octobre 2021, le bénéficie de l'asile, lequel lui a été refusé par décision du 27 mai 2022 de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), confirmée par une décision du 1er décembre 2022 de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par arrêté du 9 janvier 2023, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle serait reconduite à défaut de se conformer à ladite obligation et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Mme B demande l'annulation de cette décision du 9 janvier 2023.
Sur le refus de titre de séjour :
2. Il ressort des termes de la décision attaquée que celle-ci mentionne les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application desquels la préfète de la Gironde a pris la décision de refus de séjour. En outre, la décision mentionne la situation familiale et personnelle de la requérante, notamment que son conjoint fait l'objet d'une mesure d'éloignement, qu'elle ne démontre pas être dépourvu de liens avec son pays d'origine et qu'elle ne fait valoir aucun élément justifiant son intégration dans la société française. La décision est dès lors suffisamment motivée en droit et en fait et ne présente pas de caractère stéréotypé. Il ne ressort également pas de cette décision que la préfète de la Gironde se serait abstenue de procéder à un examen particulier de la situation de Mme B au vu des informations dont il disposait. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen particulier doivent être rejetés.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision de refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, Mme B ne saurait se prévaloir par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
4. En second lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Aux termes de l'article 16 de cette convention : " " 1. Nul enfant ne fera l'objet d'immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes illégales à son honneur et à sa réputation. 2. L'enfant a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes ".
5. Si Mme B fait valoir que l'intérêt de l'enfant qu'elle a eu avec son conjoint actuel, né le 31 juillet 2022, fait obstacle à ce qu'elle retourne au Mali, où elle est menacée d'être ostracisée de fait de la naissance de l'enfant considérée comme adultérine, elle ne produit aucun élément permettant d'apprécier ces risques en cas d'éloignement. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que si Mme B a été en mesure de faire valoir ces éléments lorsqu'elle a sollicité le bénéfice de l'asile au nom de son enfant, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande comme irrecevable par décision du 14 février 2023. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 3-1 et 16 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
Sur le pays de destination :
6. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
7. Si Mme B fait valoir qu'elle serait exposée à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, elle se borne à verser au dossier un certificat de mariage au Mali avec M. B, alors qu'elle avait 15 ans, et ne démontre ni qu'elle aurait subi des violences ou menaces dans son pays d'origine ni qu'elle y serait soumise du fait de la constitution d'une cellule familiale en France. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que la préfète de la Gironde, en fixant le pays de destination, se serait senti en compétence liée du fait du rejet de la demande d'asile de Mme B, ni qu'il aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'erreur de droit tiré de la compétence liée et du défaut d'examen doivent être écartés.
8. Pour les mêmes motifs que ceux cités au point 5, le moyen tiré de la méconnaissance des article 3-1 et 16 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être rejeté.
Sur l'interdiction de retour :
9. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision d'obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, Mme B ne saurait se prévaloir par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation de la décision prononçant une interdiction de retour.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté du 9 janvier 2023, doivent être rejetées et, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles liées aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Hugon et au préfet de la Gironde
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2023.
La magistrate désignée,
F. D
La greffière,
S. CASTAIN La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026