jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2300638 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LANNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 février 2023, M. B A, représenté par Me Lanne, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) suspendre l'exécution de la décision du 20 décembre 2022 par laquelle la préfète de la Gironde a opposé un refus d'instruire à sa demande de titre de séjour déposée le 5 janvier 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de le convoquer pour procéder à l'enregistrement de sa demande de carte de séjour et de lui délivrer un récépissé à ce titre, ce, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
M. A soutient que :
- ressortissant malien, il est entré sur le territoire français en janvier 2019, alors âgé de 16 ans, et a été confié au département de la Gironde ;
- il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour le 5 janvier 2021, sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que, détenteur d'un certificat d'aptitude professionnelle de cuisine, obtenu en 2021, la décision attaquée, qui le prive du droit au travail, l'empêche de poursuivre sa formation en art de la cuisine, débutée en septembre 2021 et prévue jusqu'au 31 août 2023, outre qu'elle le prive de la possibilité d'obtenir un titre en application de l'article L. 435-1 du code précité, dans sa 18ème année ;
- la décision est entachée du vice de l'incompétence de son auteur ;
- la décision est insuffisamment motivée au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, l'ensemble des pièces nécessaires à l'examen de sa demande ayant été transmises, conformément aux articles R. 431-9, R. 431-10 et R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi qu'à l'annexe 10 à ce code ;
- en outre, la décision en litige ne constitue qu'un copier-coller de celle qui a été opposée à un tiers ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa demande, ainsi qu'il résulte des nombreuses erreurs de fait, les actes d'état civil cités étant ceux d'un tiers ;
- la décision contrevient aux dispositions des articles R. 431-10 à R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il avait déposé un dossier complet, outre que les documents d'état civil qu'il a produits sont authentiques.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 28 février 2023 à 14h30, ont été entendus :
- le rapport de M. Bayle, juge des référés ;
- les observations de Me Lanne, représentant M. A, qui a développé les moyens soulevés dans les écritures de ce dernier.
Le préfet de la Gironde n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. B A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 20 décembre 2022 par laquelle la préfète de la Gironde lui a opposé un refus d'instruire sa demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. Pour l'application des dispositions précitées du code de justice administrative, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte en litige sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Selon les pièces du dossier, M. B A, ressortissant malien qui serait né le 23 avril 2003 à Kaladougou au Mali, serait entré en France au cours du mois de janvier 2019. Après une évaluation socio-éducative par les services du département de Charente-Maritime le 23 janvier 2019, il a fait l'objet d'une ordonnance de placement provisoire de la part du procureur de la République près le tribunal de grande instance de La Rochelle, le 25 janvier 2019. Puis, par ordonnance du 5 février 2019 du juge des enfants du tribunal de Bordeaux, M. A, dont le placement a été confirmé, a été confié au département de la Gironde. Ce placement a été maintenu par jugement du même juge en date du 27 août 2019, pour la période du 25 août au 20 juillet 2020. Par la suite, M. B A a continué à bénéficier d'une prise en charge de la part du département de la Gironde, en qualité de jeune majeur, en dernier lieu pour la période du 20 octobre 2022 au 19 avril 2023. A la suite d'une première formation, M. A a obtenu le certificat d'aptitude professionnelle de cuisinier, à la session de juin 2021. En vue d'obtenir le brevet professionnel " Arts de la cuisine ", M. A poursuit ses études au sein d'un établissement privé spécialisé. Dans ces circonstances, le refus d'instruire la demande de M. A, qui le place en situation irrégulière au plan du séjour et est susceptible de mettre un terme à la formation qu'il a engagée, porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à ses intérêts pour que la condition d'urgence soit regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux :
5. Il ressort des pièces du dossier que la décision de refus d'instruire en litige, qui intervient après la délivrance d'un récépissé de demande de titre le 3 octobre 2022, oppose à M. B A la production de documents d'état civil dépourvus de caractère authentique, en se référant à des actes se rapportant à un tiers. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction, le moyen invoqué par M. A et tiré de l'absence d'examen sérieux de sa situation est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B A est fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision du 20 décembre 2022.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. La présente ordonnance implique la reprise de l'instruction de la demande de titre présentée par M. B A et, en attendant l'intervention d'une décision, la délivrance à ce dernier d'un nouveau récépissé de demande de titre de séjour, en application de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet de la Gironde de reprendre l'instruction de la demande de l'intéressé ainsi que de lui remettre un tel récépissé, l'autorisant à travailler dans la mesure nécessaire à la poursuite de sa formation, ce, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire et les conclusions relatives aux frais de l'instance :
8. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à la nature de la requête, sur laquelle il doit être statué en urgence, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de M. B A à l'aide juridictionnelle.
9. M. B A étant admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par la présente ordonnance, son conseil, Me Lanne, peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991. Par suite et dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 800 euros à Me Lanne au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, ce versement entraînant renonciation de Me Lanne à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
ORDONNE :
Article 1er : M. B A est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision du 20 décembre 2022 de la préfète de la Gironde est suspendue, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le recours au fond.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Gironde de reprendre l'instruction de la demande de M. B A et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans la mesure nécessaire à la poursuite de sa formation, ce, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 800 euros à Me Lanne, conseil de M. A, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au préfet de la Gironde et à Me Lanne.
Fait à Bordeaux, le 2 mars 2023.
Le juge des référés,
J-M. BAYLE La greffière,
C. GIOFFRE
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026