mercredi 24 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2300776 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BASIC ROUSSEAU AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une protestation et un mémoire, enregistrés les 15 février 2023 et 6 janvier 2024, le syndicat CGT du personnel du centre hospitalier Agen-Nérac, représenté par Me Rousseau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 décembre 2022 du directeur du centre hospitalier Agen-Nérac rejetant son recours administratif par lequel il demandait l'annulation des opérations électorales qui se sont tenues entre les 1er et 8 décembre 2022 relatives à l'élection des instances représentatives du personnel dans la fonction publique hospitalière et demandait l'organisation de nouvelles élections ;
2°) d'annuler les opérations électorales ;
3°) d'enjoindre au centre hospitalier Agen-Nérac d'organiser de nouvelles élections des instances représentatives du personnel, sans recourir au vote électronique ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier Agen-Nérac la somme de 3 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le syndicat CGT du personnel du centre hospitalier Agen-Nérac soutient que :
- son recours est recevable ;
- la décision du directeur du centre hospitalier Agen-Nérac est insuffisamment motivée ;
- la sincérité du scrutin a été altérée par l'impossibilité pour plusieurs électeurs de voter, dès lors que plusieurs agents qui remplissaient les critères pour être électeurs ne figuraient pas sur les listes électorales, que 32 agents du GCS HOSPILAB 47 n'ont pas pu prendre part au scrutin de la commission administrative paritaire locale numéro 2 (CAPL2), et que des agents du GCS SIH 47 n'ont pas pu prendre part au scrutin de la commission administrative paritaire locale numéro 7 (CAPL7) ;
- la sincérité du scrutin a été altérée par plusieurs dysfonctionnements, notamment la mauvaise communication des identifiants de connexion pour accéder à la plateforme de vote, l'absence de réactivité du prestataire et de l'autorité organisatrice, l'absence de fourniture de tablettes numériques et des " plantages " du site de vote pendant le scrutin, dès lors que ces dysfonctionnements ont dissuadé de nombreux agents de voter ;
- le directeur du centre hospitalier Agen-Nérac n'a pas adressé aux membres du comité technique d'établissement le cahier des charges et une analyse des coûts estimés pour la prestation de service par prestataire en charge de la mise en place du vote électronique pour les opérations électorales ;
- il n'a pas reçu les conclusions de l'expertise indépendante du système de vote électronique avant la tenue des opérations électorales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2023, le centre hospitalier Agen-Nérac, représenté par Me Contis, conclut au rejet de la protestation et à ce qu'il soit mis à la charge du protestataire la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'aucun grief de la protestation n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2003-655 du 18 juillet 2003 ;
- le décret n° 2017-1560 du 14 novembre 2017 ;
- le décret n° 2021-1570 du 3 décembre 2021 ;
- l'arrêté du 8 janvier 2018 relatif aux commissions consultatives paritaires compétentes à l'égard des agents contractuels de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zuccarello, présidente-rapporteure,
- les conclusions de Mme Denys, rapporteure publique,
- les observations de Me Vigreux pour le syndicat CGT du personnel du centre hospitalier Agen-Nérac et de Me Marion pour le centre hospitalier Agen-Nérac
Considérant ce qui suit :
1. Du 1er au 8 décembre 2022, se sont tenues, pour les établissements relevant du centre hospitalier Agen-Nérac (CHAN), les élections des représentants du personnel au comité social d'établissement (CSE), aux commissions administratives paritaires départementales (CAPD) et locales (CAPL) et à la commission consultative paritaire (CCP). Le directeur du centre hospitalier a décidé de recourir au vote électronique par internet, en confiant à la société prestataire VOXALY la conception, la gestion et la maintenance du système de vote électronique. Le syndicat CGT du personnel du centre hospitalier Agen-Nérac a formé, le 9 décembre 2022, un recours administratif préalable auprès du directeur du CHAN contestant la validité de ces opérations électorales en raison de nombreuses irrégularités qui auraient gravement affecté la sincérité du scrutin. Par une décision du 14 décembre 2022, le directeur du CHAN a rejeté ce recours. Le syndicat CGT du personnel du centre hospitalier Agen-Nérac doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler les opérations électorales.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'élection de la commission administrative paritaire locale numéro 2 (CAPL2) :
2. Aux termes de l'article 2 du décret n° 2017-1560 du 14 novembre 2017 : " Le recours au vote électronique par internet est organisé dans le respect des principes fondamentaux qui commandent les opérations électorales, notamment la sincérité des opérations électorales, l'accès au vote de tous les électeurs, le secret du scrutin, le caractère personnel, libre et anonyme du vote, l'intégrité des suffrages exprimés, la surveillance effective du scrutin et le contrôle a posteriori par le juge de l'élection () ".
3. Il résulte de l'instruction qu'une opération de " dédoublonnage " réalisée par la société prestataire VOXALY a abouti à supprimer par erreur l'accès de 32 agents du GCS HOSPILAB 47 à l'élection de la commission administrative paritaire locale numéro 2 (CAPL2) sur la plateforme de vote électronique. Le nombre de suffrages exprimés pour cette élection est de 155. Ainsi, si l'on procède à un calcul hypothétique, en ajoutant le nombre d'électeurs irrégulièrement retirés au nombre de suffrages valablement exprimés, les calculs pour attribuer les sièges à pourvoir en prenant en compte le quotient électoral révisé et la règle de la plus forte moyenne, entraînent dans certaines configurations une modification de la répartition des sièges par liste par rapport aux résultats initialement proclamés. Par suite, l'opération réalisée par la société prestataire VOXALY a pu influer sur le résultat du scrutin pour l'élection de la CAPL2 et a donc porté atteinte à la sincérité de ce scrutin. La circonstance que l'ensemble des organisations syndicales, dont le syndicat protestataire, aient émis un avis défavorable à l'intervention de la société prestataire VOXALY au cours du scrutin pour corriger l'erreur constatée n'est pas de nature à neutraliser cette irrégularité, dès lors que ces organisations pouvaient légitimement considérer que l'intervention envisagée, qui nécessitait l'ouverture des scellés, pourrait être à l'origine de nouveaux dysfonctionnements. Le syndicat CGT du personnel du centre hospitalier Agen-Nérac est dès lors fondé à soutenir que la sincérité du scrutin de la CAPL2 a été altérée par l'impossibilité pour plusieurs électeurs de cette commission de voter.
En ce qui concerne les autres opérations électorales :
4. En premier lieu, à supposer que la décision du 14 décembre 2022 du directeur du centre hospitalier Agen-Nérac ne contienne pas de motivation suffisante, en tout état de cause les vices propres dont serait entachée une telle décision, postérieure à la proclamation des résultats, sont sans incidence sur la régularité des opérations contestées. Dès lors, ce grief doit être écarté comme étant inopérant.
5. En deuxième lieu, d'une part, le syndicat requérant se borne à soutenir que certains agents n'auraient pas pu prendre part au vote alors qu'ils remplissaient les critères, sans apporter suffisamment de précisions pour permettre au juge d'apprécier le bien-fondé de ce grief, alors en outre que les listes électorales n'ont pas fait l'objet de réclamations. D'autre part, si le protestataire soutient que certains agents auraient été privés de la possibilité de voter, il résulte de l'instruction qu'il s'agit d'agents du centre hospitalier de la Candélie, qui étaient concernés par un vote au sein de leur établissement d'origine et non par le vote en litige au centre hospitalier d'Agen-Nérac. Dans ces conditions, ce grief doit être écarté.
6. En troisième lieu, il est constant que des dysfonctionnements ont été constatés lors des élections dans la fonction publique hospitalière. Cependant, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise du dispositif de vote électronique réalisé par la société Expertise Lab qui n'est pas sérieusement contesté, que le dispositif de vote électronique mis en place par le centre hospitalier d'Agen-Nérac a été déclaré conforme. En outre, il n'est pas démontré par le protestataire, que ces irrégularités auraient altéré la sincérité du scrutin, dès lors que le syndicat requérant se borne à comparer le procès-verbal des élections des membres du comité social d'établissement du 6 décembre 2018 et celui du 8 décembre 2022 sans aucune démonstration quant aux conséquences de cette différence. Par suite, ce grief doit être écarté.
7. En dernier lieu, le syndicat protestataire fait valoir qu'il n'a pas reçu communication des conclusions de l'expertise indépendante avant que les opérations électorales aient lieu, ni davantage du cahier des charges et d'une analyse des coûts estimés pour la prestation de service accordée à VOXALY. Toutefois, ces circonstances, à les supposer établies, sont sans incidence sur la régularité des opérations électorales en cause ainsi que sur la sincérité du scrutin. Dès lors, ce grief doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède, que les seules opérations électorales relatives à la CAPL 2 doivent être regardées comme étant entachées d'irrégularité de nature à entraîner leur annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Eu égard à ce qui précède, il est enjoint au centre hospitalier Agen-Nérac de procéder, dans un délai de 4 mois à compter de la notification du présent jugement, à l'organisation de nouvelles élections pour la désignation des représentants du personnel à la CAPL2. Il n'y a pas lieu de limiter les effets de cette annulation dans le temps dès lors que l'annulation des opérations électorales n'a pas d'effet rétroactif sur les actes administratifs pris avant la présente décision et qui restent valables. En revanche, il n'appartient pas au juge administratif d'imposer à l'administration les modalités à l'urne ou au vote électronique de ces élections.
Sur les frais d'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du protestataire, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée en défense au titre des frais d'instance. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du centre hospitalier Agen-Nérac la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par le syndicat CGT du personnel du centre hospitalier Agen-Nérac.
D E C I D E :
Article 1er : Les opérations électorales organisées du 1er au 8 décembre 2022 en vue de l'élection de la CAPL2 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au centre hospitalier Agen-Nérac de procéder à l'organisation de nouvelles élections pour la désignation des représentants du personnel à la CAPL2 dans un délai de 4 mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier Agen-Nérac versera la somme de 1 500 euros au syndicat CGT du personnel du centre hospitalier Agen-Nérac au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié au syndicat CGT du personnel du centre hospitalier Agen-Nérac et au centre hospitalier Agen-Nérac.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Zuccarello, présidente,
- Mme Jaouën, première conseillère,
- Mme Caste, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2024.
La présidente-rapporteure,
F. ZUCCARELLO
L'assesseure la plus ancienne,
S. JAOUËN
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026